Food @Home : Mis­sion bonne bouffe en 48 heures maxi

LA GOUR­MAN­DISE EST UN MO­TEUR EX­TRÊ­ME­MENT PUIS­SANT. L’IDÉE D’UNE BELLE GRILLADE, D’UN BOUILLON ODO­RANT OU D’UNE AS­SO­CIA­TION GUS­TA­TIVE AU­DA­CIEUSE SONT CA­PABLES DE FAIRE DES MIRACLES À UN HOMME. NÉAN­MOINS, MÊME LES MEILLEURS D’ENTRE NOUS NE PEUVENT CONTR

Apollo Magazine - - Sommaire - Par Ya­zid Amer

Le temps, on court tous après lui. Je re­grette l’époque où, avec mes pa­rents, je dé­am­bu­lais dans les étals du mar­ché. On dis­cu­tait des prix bien sûr, mais sur­tout on goû­tait chaque ali­ment. À ce mo­ment-là, ça m’en­nuyait à mou­rir, mais main­te­nant, je re­grette cette «cor­vée»... Car comme beau­coup d’en­fants, nés dans les an­nées 1970-1980, j’ai som­bré dans la mal­bouffe. Vingt ans après, le monde a ra­di­ca­le­ment chan­gé. L’in­dus­trie agroa­li­men­taire n’est plus toute puis­sante et la re­cherche d’au­then­ti­ci­té, de goût et de qua­li­té est de­ve­nue es­sen­tielle dans les choix ali­men­taires des Fran­çais. «Ces com­por­te­ments exis­taient dé­jà il y a vingt ans. Mais si la re­cherche du pro­duit fa­bri­qué en France, des cir­cuits courts, du bio et, de ma­nière plus large, de ce qui pa­raît le plus na­tu­rel pos­sible, est tant dans les men­ta­li­tés d’au­jourd’hui, c’est que les crises sa­ni­taires ont joué leur rôle d’ac­cé­lé­ra­teur, à com­men­cer par celle de la vache folle », re­con­naît Ga­briel Ta­vou­la­ris, di­rec­teur d’études et de re­cherche au Cré­doc (Centre de re­cherche pour l’étude et l’ob­ser­va­tion des condi­tions de vie). Se­lon une étude de l’ins­ti­tut Har­ris In­ter­ac­tive de 2017, 28% des Fran­çais consomment plus de pro­duits frais qu’il y a deux ans et 54% se sont im­pli­qués dans le home made. La nour­ri­ture est sou­vent consi­dé­rée comme le pre­mier des mé­di­ca­ments, d’où l’ex­plo­sion du bio. « Avec le bio, on es­time se faire du bien ou, tout du moins, ne pas se faire du mal, ajoute Ga­briel Ta­vou­la­ris. Et en plus, ce­la nour­rit la quête de

Se­lon le Cré­doc, le chiffre d’af­faires du bio pour­rait dou­bler d’ici à 2025 et pas­ser de 7,1 à 14,7 mil­liards d’eu­ros. Chose in­croyable, pour la pre­mière fois de son his­toire, le vo­lume d’achat en grande sur­face à bais­sé ! Car oui, il est dif­fi­cile éthi­que­ment de fus­ti­ger les dé­gâts de la grande dis­tri­bu­tion et de conti­nuer à tout ache­ter chez elle. D’où l’ex­plo­sion des Amap (As­so­cia­tions pour le main­tien d’une agri­cul­ture pay­sanne) qui fa­vo­risent la pro­duc­tion lo­cale et qui ont gé­né­ra­li­sé le prin­cipe des pa­niers bio à ré­cu­pé­rer chaque se­maine chez un com­mer­çant. Tou­te­fois, les Amap ne peuvent ré­pondre à toutes les de­mandes et la re­cherche du bon ne se li­mite pas au bio... Les Fran­çais ont re­dé­cou­vert la gas­tro­no­mie, le plai­sir de cui­si­ner chez soi pour ses amis et sa fa­mille. Le plai­sir, comme les as­pects lu­diques de la cuisine, la créa­tion po­ten­tielle en pa­ral­lèle des plats tra­di­tion­nels, ont fait ex­plo­ser les de­mandes en pro­duits frais et de qua­li­té. Le rythme des ur­bains n’est plus tou­jours com­pa­tible avec les ho­raires d’ou­ver­ture clas­siques. Il faut donc s’adap­ter à ce­la et la li­vrai­son s’est ré­vé­lée être la ré­ponse fa­vo­ri­sée par les consom­ma­teurs.

Sous la pres­sion des Ama­zon et autres géants du web, la li­vrai­son en 24 heures ou 48 heures est de­ve­nue une norme et l’ou­ver­ture d’ama­zon Prime – li­vrai­son le jour même, dans l’heure, ou en 24 heures maxi­mum pour les den­rées ali­men­taires – en France a consi­dé­ra­ble­ment bou­le­ver­sé le pay­sage com­mer­cial.

Le spectre des géants dé­trui­sant notre éco­sys­tème de pe­tits com­mer­çants a de quoi gla­cer le sang et pour­tant dif­fi­cile de ré­sis­ter aux si­rènes de la li­vrai­son qui sim­pli­fie tel­le­ment la vie… Pour re­ce­voir chez soi de la bonne bouffe, des mets d’ex­cep­tion, il existe de très nom­breuses so­lu­tions (lire notre en­ca­dré). Mais com­men­çons avant tout par ex­plo­rer les dif­fé­rentes pistes du « bon li­vré » à la mai­son et pour ce­la pre­nons l’ordre d’un me­nu.

EN­TRÉE ET PLAT

Avec l’ex­plo­sion du com­merce en ligne, les so­lu­tions de li­vrai­sons sont de­ve­nues beau­coup plus ef­fi­caces et ra­pides. Sur­tout, elles per­mettent de faire par­ve­nir en zone ur­baine, des pro­duits ul­tra­frais. Dans ce do­maine, les pro­duits de la mer sont les plus de­man­dés, mais aus­si les plus dif­fi­ciles à se pro­cu­rer. Pour­tant, c’est ce que pro­pose le site pois­caille.fr. Vous choi­sis­sez un abon­ne­ment – plu­sieurs ca­siers par se­maine ou par mois –, vous pou­vez ajou­ter des ex­tra en fonc­tion de la pêche du jour (ho­mards, co­quillages ou autres). Son fon­da­teur, Charles Guir­riec, ex­plique: « nous ga­ran­tis­sons 48heures maxi­mum entre le mo­ment de la pêche sur le ba­teau et l’ar­ri­vée dans un ca­sier à ré­cu­pé­rer chez un par­te­naire près de chez vous ou li­vré di­rec­te­ment à do­mi­cile dans une bour­riche ». Avec des pê­cheurs sur toutes les côtes fran­çaises – dont trois en eaux douces –, il peut ga­ran­tir un ap­pro­vi­sion­ne­ment constant avec, en bo­nus, une éco­res­pon­sa­bi­li­té. « Nous payons nos pê­cheurs plus cher que le mar­ché, nous sé­lec­tion­nons de pe­tits ba­teaux, avec des équi­pages de trois maxi­mum, et que des mé­thodes de pêche douce. Nous payons plus cher des pois­sons peu de­man­dés afin d’ai­der à une pêche res­pon­sable. En les va­lo­ri­sant, nous per­met­tons aux autres es­pèces de se re­nou­ve­ler. Nous prê­chons le pê­cher moins, mieux, et mieux payé. »

Et si la fraî­cheur est im­por­tante, comme le sour­çage et l’ex­pé­rience dans la sé­lec­tion, la conser­va­tion est toute au­tant es­sen­tielle. La bou­che­rie en est un par­fait exemple, un uni­vers où l’ori­gine des races et la ma­tu­ra­tion font toute la dif­fé­rence. Nous l’avons dé­cou­vert dans la fa­meuse bou­che­rie pa­ri­sienne Metz­ger, en com­pa­gnie de Franck Metz­ger: «Nous avons deux bou­tiques et avec la li­vrai­son nous ar­ri­vons à tou­cher tout Pa­ris et la pe­tite cou­ronne. Notre force est de pro­po­ser les mêmes pro­duits qu’en ma­ga­sin, ce qui si­gni­fie des pièces de viande ex­cep­tion­nelles. Nous avons des boeufs ma­tu­rés qui sont très de­man­dés dans les res­tau­rants étoi­lés, main­te­nant cha­cun peut se les ap­pro­prier pour les cui­si­ner à la mai­son. » Mais cui­si­ner n’est pas à la por­tée de tous, sur­tout quand son agenda est plus que sur­char­gé. Ici en­core, la li­vrai­son peut vous don­ner un fort coup de pouce. Foo­do­ra, par exemple, livre des res­tau­rants haut de gamme comme Truffe Fo­lies et ses col­lec­tions de plats à base de truffes. De même, les épi­ce­ries fines comme Fau­chon, ou même celle de votre quar­tier, sont de plus en plus sen­sibles à la li­vrai­son ex­press.

Et vous voi­là à Pa­ris, avec une folle en­vie de ro­sette de Lyon ou de que­nelles fraîches! Pi­gnol, le cé­lèbre trai­teur lyon­nais, peut vous les faire par­ve­nir, faits mai­son et frais, di­rec­te­ment chez vous en 24heures (li­vré avant 13h00 par­tout en France si la com­mande est pas­sée avant mi­di).

Les exemples sont nom­breux, pour des in­gré­dients d’ex­cep­tions, comme très haut de gamme, vos com­mer­çants du coin sont peut-être dé­jà nu­mé­ri­sés, de même que les grands noms ré­gio­naux ou na­tio­naux. L’oc­ca­sion de cher­cher, dé­ni­cher en sur­fant sur in­ter­net, en échan­geant avec des amis en quête de pro­duc­teurs ou de pro­duits ex­cep­tion­nels. Tous ces tra­jets qui brûlent notre temps peuvent en­fin être réel­le­ment pro­duc­tifs. Pas­sons main­te­nant à la suite du fes­tin.

FRO­MAGE ET DES­SERT

Comment fi­nir son re­pas ? Pas­ser par le fro­ma­ger est bien sûr une évi­dence, sur­tout dans l’hexa­gone. Votre fro­ma­ger de quar­tier pro­pose peut-être dé­jà la li­vrai­son, tout dé­pend de si vous y trou­vez votre bon­heur. Mais dans notre re­cherche de l’ex­cep­tion, il faut par­fois s’orien­ter vers de grandes mai­sons qui ont su prendre le vi­rage du nu­mé­rique, à l’image de La Crè­me­rie Royale. Cette fro­ma­ge­rie de luxe four­nit de très nom­breuses tables étoi­lées. Ses fro­mages sont main­te­nant ac­ces­sibles à tous et sous plu­sieurs for­mules, à la

com­mande, mais éga­le­ment sous forme de «box». Tous les mois, re­ce­vez une sé­lec­tion de quatre fro­mages par­fai­te­ment af­fi­nés, trois fro­mages clas­siques ou spé­cia­li­tés ré­gio­nales, ac­com­pa­gnés d’une pièce mys­tère. La li­vrai­son se fait sous boîtes iso­thermes, avec un pain ré­fri­gé­ré à l’in­té­rieur, le tout sous 48 heures maxi­mum. Chaque fro­mage est sous vide, ce qui per­met de pro­lon­ger sa conser­va­tion (jus­qu’à trois se­maines pour cer­tains). À vous les bries, chèvres et autres spé­cia­li­tés ré­gio­nales d’ex­cep­tion !

Les dou­ceurs su­crées sont celles qui ont le plus ra­pi­de­ment suc­com­bé aux délices de la li­vrai­son… Bi­zarre non? Suc­com­ber, oui, à une en­vie de ma­ca­rons La­du­rée ou Pierre Her­mé sous 24heures ou 48heures par la poste est as­sez clas­sique ?! Les grandes mai­sons se sont beau­coup di­ver­si­fiées. Ain­si, la pâ­tis­se­rie Hu­go & Vic­tor, par exemple, offre de se faire li­vrer sa su­perbe tarte Webs­ter par cour­sier di­rec­te­ment chez vous. Un em­bal­lage spé­ci­fique, une sé­rie pré­mium, qui coûte la ba­ga­telle de 28 eu­ros pa­ris in­tra­mu­ros et 38 eu­ros en proche ban­lieue. Idem chez Pierre Her­mé pour la tarte Tro­pé­zienne, la pâ­tis­se­rie Mi­cha­lak chez Fau­chon, ou en­core les cho­co­la­tiers comme Clui­zel, La Mai­son du Cho­co­lat ou À la Mère de Fa­mille. À no­ter que dans le cas de ces pro­duits fra­giles, un ser­vice spé­ci­fique est mis en place, afin d’évi­ter que la moindre miette, ou nuage de crème abî­mée, ne viennent gâ­cher votre plai­sir !

Plus le temps avance, plus les so­lu­tions se mul­ti­plient et se di­ver­si­fient en pous­sant le mar­ché vers le haut. Cet en­goue­ment pour la qua­li­té, comme pour la li­vrai­son, est une bouf­fée d’air frais pour tous les com­mer­çants et pour beau­coup de Fran­çais. L’hexa­gone redevient ain­si un ter­rain d’ex­plo­ra­tion grâce au nu­mé­rique. Et d’ailleurs n’hé­si­tez pas à re­lu­quer du cô­té des pays fron­ta­liers où cer­taines mer­veilles peuvent vous être li­vrées aus­si en 48heures! La qua­li­té des pro­duits comme des ser­vices met en avant l’hu­main et le sa­voir-faire avec une tech­no­lo­gie qui a ici le bon goût d’être un fa­ci­li­ta­teur de nos dé­si­rs gas­tro­no­miques.

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