Fer­ra­ri Por­to­fi­no

De­puis dix ans, Fer­ra­ri pro­pose dans sa gamme un cou­pé-ca­brio­let à toit ré­trac­table. Ca­li­for­nia, puis Ca­li­for­nia T et dé­sor­mais Por­to­fi­no, le nou­veau CC de Ma­ra­nel­lo, c’est le ti­cket d’en­trée dans le monde Fer­ra­ri. Et aus­si un mo­dèle es­sen­tiel pour le con

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Par­ler d’ar­gent chez Fer­ra­ri, ce n’est plus vul­gaire. D’ailleurs, il existe de­puis des dé­cen­nies un mo­dèle d’ac­cès à la gamme. Ce rôle est au­jourd’hui dé­vo­lu à la nou­velle Por­to­fi­no, qui rem­place la Ca­li­for­nia T, Fer­ra­ri la plus ven­due. Plu­tôt que de pro­po­ser un pe­tit cou­pé, Fer­ra­ri met les pe­tits plats dans les grands en of­frant – fa­çon de par­ler – une su­per spor­tive très po­ly­va­lente à quatre places, à la fois cou­pé et ca­brio­let. Éva­cuons tout de suite le point qui fâche, la plus abor­dable des Fer­ra­ri coûte 194 000 eu­ros. À peu de choses près le ta­rif d’une Mer­cedes SL 63 AMG (585 che­vaux) ou d’une Porsche 911 Tur­bo Ca­brio­let (540 che­vaux) moins ex­clu­sives. La Por­to­fi­no, elle aus­si, voit rouge cô­té puis­sance, avec un V8 tur­bo­com­pres­sé dé­ve­lop­pant pas moins de 600 che­vaux! De quoi ato­mi­ser le 0 à 100km/h en 3,5se­condes et anéan­tir n’im­porte quel bru­shing à 320 km/h maxi, ce qui en fait une des dé­cou­vrables les plus per­for­mantes du monde. Après le poids des per­for­mances, le choc vi­suel : la nou­velle di­va ita­lienne est une sé­duc­trice. Mê­lant ha­bi­le­ment sur­face convexes et concaves, n’hé­si­tant pas à ar­bo­rer des élé­ments ins­pi­rés des voi­tures de com­pé­ti­tion, comme le dif­fu­seur ar­rière pro­émi­nent avec ses grosses tuyères ou les ex­trac­teurs d’ailes avant jo­li­ment in­té­grées sur les flancs, la Por­to­fi­no sai­sit la ré­tine. Elle fait le show aus­si, lors­qu’elle dé­barque de nulle part tout en se dé­cou­vrant – le toit se ré­tracte en 14se­condes – avant de s’ar­rê­ter de­vant une as­sis­tance éba­hie.

BEAU­TÉ IN­TÉ­RIEURE

L’ha­bi­tacle, pour sa part, est plu­tôt une évo­lu­tion. Par rap­port à ce­lui de la Ca­li­for­nia T, il re­çoit de nou­veaux sièges avant plus lé­gers, des places ar­rière plus gé­né­reuses de quelques cen­ti­mètres, un nou­veau com­bi­né d’ins­tru­ments, mê­lant ana­lo­gique et di­gi­tal, et sur­tout un écran cen­tral tac­tile net­te­ment plus mo­derne et plus im­po­sant. À tra­vers lui, on peut ac­cé­der à la plu­part des ré­glages, au sys­tème de na­vi­ga­tion et au sys­tème hi-fi. En op­tion, le pas­sa­ger peut pro­fi­ter d’un pe­tit écran tac­tile sup­plé­men­taire (4 200 eu­ros tout de même !) connec­té à l’écran prin­ci­pal. Vi­tesse, ré­gime mo­teur, barre de pro­gres­sion de la na­vi­ga­tion et modes de conduite, avec toutes ces in­for­ma­tions, il y a de quoi se prendre pour un co­pi­lote! Pour­tant, c’est bien der­rière le vo­lant que les fris­sons sont les plus grands. D’ailleurs, ce vo­lant fa­çon For­mule 1, c’est l’un des plus dingues de la ca­té­go­rie. Cuir et car­bone pour les ma­té­riaux, che­val ca­bré au centre et une foule de com­mandes in­ha­bi­tuelles : cli­gno­tants sur le haut des branches, com­mandes de l’éclai­rage à gauche, celle des es­suie-glaces à droite, gros bou­ton rouge de dé­mar­rage en bas, ré­glage de la sus­pen­sion pi­lo­tée vers le moyeu et, last but not least, le fa­meux «ma­net­ti­no» en bas à droite, un bas­cu­leur rouge per­met­tant de choi­sir trois modes de conduite, confort, sport ou ESC off, c’est-à-dire aides à la conduite dé­con­nec­tées.

ROUGE VIF

Es­sayer une Fer­ra­ri est tou­jours un pri­vi­lège et un mo­ment fort, même si l’es­prit cri­tique n’est ja­mais tout à fait en veille ! Alors oui, cette Fer­ra­ri im­pres­sionne. Tout d’abord par sa puis­sance de feu. Ac­cé­lé­ra­tions ul­tra­ca­non, so­no­ri­té du V8 to­ni­truante, en­vo­lées lyriques jus­qu’à 7 500 tours, pas­sages des rap­ports via les pa­lettes au vo­lant su­per ra­pides, on est loin de la dolce vi­ta le coude à la por­tière sur la Ri­vie­ra ! Et cô­té châs­sis, c’est du sé­rieux. Sus­pen­sion pi­lo­tée, ré­sis­tance à la tor­sion aug­men­tée, al­lè­ge­ment de 80 ki­los par rap­port à sa de­van­cière, les in­gé­nieurs Fer­ra­ri n’ont pas chô­mé. Ver­dict, elle pro­gresse en ef­fi­ca­ci­té, en agré­ment et en sé­duc­tion, no­tam­ment parce qu’elle pré­serve une vé­ri­table spor­ti­vi­té. Pour­tant, la Por­to­fi­no sait aus­si se la cou­ler douce sur un fi­let de gaz en mode au­to­ma­tique. Pos­sible éga­le­ment, par­tir en va­cances avec sa – pe­tite – fa­mille, si l’on a des en­fants en bas âge et pas trop de ba­gages. Ca­po­ter et dé­ca­po­ter tout en rou­lant à basse vi­tesse, elle sait faire aus­si. Bref, cette Por­to­fi­no est un vrai cou­teau Suisse, elle en a les qua­li­tés et la cou­leur. Seul bé­mol, la nou­velle di­rec­tion à as­sis­tance élec­trique, qui per­met un pe­tit al­lè­ge­ment et un lé­ger abais­se­ment de la consom­ma­tion, n’est pas aus­si agréable et n’offre pas un aus­si bon fee­ling qu’une di­rec­tion hy­drau­lique « à l’an­cienne ». Un pe­tit dé­faut bien in­si­gni­fiant face à tant de qua­li­tés…

Le fan­tas­tique V8

3,9 litres sur­ali­men­té de 600 che­vaux est un vé­ri­table or­chestre qui joue for­tis­si­mo jus­qu’à 7 500 tours ! Pour mieux le me­ner à la ba­guette, un bloc d’ins­tru­ments mê­lant ana­lo­gique et nu­mé­rique.

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