ED­DY DE PRET­TO

Apollo Magazine - - L’ouïe Fine -

CURE

On prend les pa­ris: 2018 se­ra l’an­née Ed­dy de Pret­to. Après s’être fait re­mar­quer au Trans­mu­si­cales de Rennes fin 2016 et rem­por­té le Prix du Prin­temps de Bourges en 2017, ain­si qu’une no­mi­na­tion aux der­nières Vic­toires de la Mu­sique en fé­vrier, le jeune homme sort un pre­mier al­bum épous­tou­flant que ses des deux pre­miers EP lais­saient dé­jà lar­ge­ment pré­sa­ger. Ed­dy de Pret­to y ex­plore un uni­vers qui n’existe nulle part ailleurs que chez lui, trou­vant ses in­fluences dans la chan­son fran­çaise de Claude Nou­ga­ro comme dans le rap de Ka­nye West ou de Frank Ocean. Sous ses mots âpres et ru­gueux, mais tou­jours hy­per sen­sibles, de Pret­to chante sa vie et l’époque avec une rare élo­quence, une sa­crée acui­té : les ci­tés – il est ori­gi­naire de Cré­teil –, la nuit, les fêtes, les ex­cès, et l’amour bien sûr. Un amour sou­vent mis à mal, ou qui tourne court. Ho­mo­sexuel as­su­mé sans pour au­tant qu’il en fasse ja­mais un éten­dard, Ed­dy de Pret­to chante aus­si le mythe de la vi­ri­li­té, les cli­chés ma­chistes, le sexe fur­tif qu’on trouve sur les ap­plis de ren­contres. Le mé­lange des genres – ou plu­tôt le « non genre » comme il aime à dé­fi­nir le sien – fonc­tionne ici à mer­veille. Outre les ar­tistes dé­jà ci­tés, on pense tan­tôt à Brel, tan­tôt à Stro­mae où même à Diams. Mais au fi­nal Ed­dy de Pret­to (on l’a dé­jà dit !) ne res­semble bel et bien qu’à lui ! Cure est la pre­mière grande gifle mu­si­cale de 2018. Et de Pret­to un ar­tiste comme on n’en voit pas ap­pa­raître si sou­vent ! À dé­cou­vrir ab­so­lu­ment, et no­tam­ment sur scène. (Ini­tial Ar­tist Ser­vices)

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