Vivre de­hors avec le confort de de­dans

Architecture Durable - - Sommaire -

Cette mai­son de 150 m2, pos­sède une ar­chi­tec­ture ty­pique du Sud-Est des Etats-Unis, dite dog-trot et non pas fox-trot, da­tant du mi­lieu du XIXème siècle. Ces mai­sons co­lo­niales sur­éle­vées sont pour­vues d'une vé­ran­da sur une à quatre fa­çades, pro­té­gée par une avan­cée de toit. Cette vé­ran­da, ici pré­sente sur deux fa­çades, agit comme un sas contre la cha­leur. En outre, ces mai­sons sont consti­tuées de deux par­ties dis­tinctes, une pour la nuit, l'autre pour la jour­née, sé­pa­rées par un cou­loir cen­tral per­met­tant la cir­cu­la­tion de l'air donc une ven­ti­la­tion sup­plé­men­taire, utile sous ce cli­mat de Flo­ride.

Dans un pays où le bé­ton est le ma­té­riau de construc­tion n°1, l’ar­chi­tecte a op­té pour une struc­ture en acier et en verre ha­billée de bois.

Cette mai­son sur­éle­vée d'1 m 50 est, de ma­nière in­in­ter­rom­pue, ha­billée de verre sur une lon­gueur de 30 mètres dont 15 mètres pour les fa­çades avant et ar­rière, avec quatre portes-fe­nêtres cou­lis­santes en verre qui per­mettent à la mai­son d'être en­tiè­re­ment ou­verte. La mai­son pos­sède 75 m2 d'es­pace de vie ex­té­rieur et elle est pla­cée au centre d'un ter­rain de 100 mètres de lon­gueur, ce qui l'in­tègre to­ta­le­ment à la na­ture luxu­riante. Dans un pays où le bé­ton est le ma­té­riau de construc­tion n°1, l'ar­chi­tecte Brill­hard Ar­chi­tec­ture, Mia­mi, a op­té pour une struc­ture en acier et en verre ha­billée de bois.

Mo­dèles an­ciens pour ar­chi­tec­ture de de­main :

Le bâ­ti­ment est pe­tit, simple et pra­tique, à la fois mo­deste et riche en si­gni­fi­ca­tion cultu­relle. Il tente de maxi­mi­ser l'ef­fi­ca­ci­té, l'es­pace et l'éner­gie, s'ap­puie sur des ma­té­riaux de construc­tion et une ar­chi­tec­ture ver­na­cu­laires.

Le pa­villon de verre : Ty­po­lo­gie et mo­der­nisme tro­pi­cal

La ty­po­lo­gie de ce pa­villon de verre et les prin­cipes de mo­der­nisme tro­pi­cal ont gui­dé les ar­chi­tectes. L'in­dus­trie du bé­ton en plein es­sor dans la ré­gion de Mia­mi, a dé­ve­lop­pé une adhé­sion presque to­tale à la construc­tion en bé­ton, de telle sorte que l'idée de construire en tout autre ma­té­riau semble ab­surde du fait de la croyance en l'idée que les coûts as­so­ciés à la construc­tion d'un pro­jet ré­si­den­tiel en acier et verre se­rait exor­bi­tant, qu'il n'y a pas as­sez de main-d'oeuvre qua­li­fiée sur place pour construire de tels pro­jets... « Pa­ra­doxa­le­ment, nous avions ces an­ciens mo­dèles de style tro­pi­cal mo­der­niste de la Flo­ride du Sud, da­tant des an­nées 1950 et 60, des struc­tures faites de sys­tèmes bé­ton, bois, acier et hy­brides. Ces bâ­ti­ments simples, ra­tion­nels, ef­fi­caces et ren­tables consti­tuent des al­ter­na­tives réa­li­sables et in­no­vantes. Les ar­chi­tectes d'après-guerre de Flo­ride du Sud, comme Al­fred Brow­ning Par­ker, Ru­fis Nims, Ro­bert Brad­ford Browne, Mark Hamp­ton, Paul Ru­dolf et Ralph Twit­chell, William Mor­gan, Do­nald Sin­ger, Gene Lee­dy ont don­né nais­sance à une école mo­derne tro­pi­cale de la pen­sée et dé­ve­lop­pé leurs propres in­ter­pré­ta­tions ré­gio­nales du style in­ter­na­tio­nal en se tour­nant vers le pay­sage lo­cal, le cli­mat et les ma­té­riaux. A une époque d'op­ti­misme et d'ex­pé­ri­men­ta­tion, ces ar­chi­tectes ma­riaient tra­di­tions de construc­tion et sys­tèmes pas­sifs, les nou­velles tech­no­lo­gies et les tech­niques de construc­tion in­no­vantes. L'ac­cent sur la mé­tho­do­lo­gie de la construc­tion était au centre de leur tra­vail et est de­ve­nu un mo­dèle pour la concep­tion du­rable dans les tro­piques. Dans le cadre de notre re­cherche, nous avons ana­ly­sé les do­cu­ments ori­gi­naux de construc­tion de quatre ré­si­dences construite­s pen­dant la pé­riode d'après-guerre en Flo­ride du Sud ».

Construc­tion et dé­tails :

• acier et verre : Re­nouant avec l'ex­pé­ri­men­ta­tion de l'ar­chi­tec­ture d'après-guerre en Flo­ride du Sud, nous avons cher­ché une al­ter­na­tive à l'uti­li­sa­tion du tout-bé­ton.

• verre et l'iso­la­tion: Avec les pro­grès d'au­jourd'hui dans les qua­li­tés ther­miques et iso­lantes du verre, nous avons pu uti­li­ser les concepts mo­dernes tro­pi­caux pa­ral­lè­le­ment aux exi­gences ac­tuelles du Code du bâ­ti­ment de la Flo­ride. Pour ré­pondre et / ou dé­pas­ser les va­leurs R obli­ga­toires, nous avons iso­lé les 4 fa­çades, le plan­cher et le toit et nous avons uti­li­sé du verre ther­mique. La va­leur de R est la me­sure de la ré­sis­tance ther­mique uti­li­sée dans l'in­dus­trie du bâ­ti­ment et de la construc­tion. Il est ex­pri­mé par l'épais­seur de la ma­tière di­vi­sée par la conduc­ti­vi­té ther­mique. La concep­tion de l'iso­la­tion de la toi­ture a en­traî­né une va­leur R qui a dé­pas­sé ce qui était né­ces­saire. Nous avons cher­ché à uti­li­ser au­tant que faire se peut des ma­té­riaux qui en­trainent des coûts faibles.

• La pro­fon­deur de la mai­son est de 15 mètres, ce qui est ba­sé sur la plus grande lon­gueur d'une poutre d'acier qui ne né­ces­site pas un per­mis de trans­port pour ma­té­riau sur­di­men­sion­né.

• La lar­geur de la mai­son a été ajus­tée pour des portes stan­dard.

Le bois comme ma­té­riau : Re­vê­te­ment ex­té­rieur : ipé.

L'ex­té­rieur (bar­dage, fas­cia et co­lonnes) est re­vê­tu d'Ipé. Ce bois dur est le mieux adap­té dans les cli­mats tro­pi­caux où les ter­mites et les fortes pluies dis­suadent la plu­part des construc­teurs d'uti­li­ser le bois.

Vo­lets : Red Ce­dar

Nous avons ins­tal­lé seize portes le long du bord ex­té­rieur de la vé­ran­da pour plus d'in­ti­mi­té et pour se pro­té­ger des élé­ments. Les vo­lets per­mettent de ra­frai­chir l'in­té­rieur. Nous avons uti­li­sé le cèdre rouge de l'Ouest, une es­pèce ré­sis­tant aux in­tem­pé­ries mais beau­coup plus lé­gère et plus fa­cile à tra­vailler que l'ipé. L'Ipe et le Red Ce­dar pren­dront une teinte gris ar­gen­tée avec le temps.

Par­quet et ter­rasse : chêne et cy­près.

Pour fu­sion­ner de fa­çon trans­pa­rente l'in­té­rieur avec l'ex­té­rieur, nous avons ali­gné le plan­cher in­té­rieur et la ter­rasse ex­té­rieure au­tant que pos­sible. Les plan­chers in­té­rieurs sont ache­tés di­rec­te­ment à par­tir d'une scie­rie en Ca­ro­line du Sud. Par sou­ci de co­hé­rence, il nous fal­lait un ma­té­riau de pla­te­lage lu­mi­neux, et op­té pour du cy­près, ache­té en Flo­ride. Les bois in­té­rieurs et ex­té­rieurs ont eu la même teinte. Les cui­sines et les salles de bains : me­ri­sier Le me­ri­sier a été four­ni par la fa­mille, qui avait amas­sé un stock in­croyable de planches de me­ri­sier au fil des ans, qui ont ache­té aux en­chères et sto­cké dans leur grange dans le New Hamp­shire. La fa­mille a char­gé le bois et l'a conduit à Mia­mi au dé­but du pro­jet. Le bois de me­ri­sier a été uti­li­sé pour tous les cadres de portes, les portes per­siennes in­té­rieures, la salle de bains et les ar­moires de cui­sine, après l'avoir lé­gè­re­ment hui­lé.

Vivre dans le pay­sage :

« Après avoir étu­dié les mo­dèles tro­pi­caux mo­dernes et la ty­po­lo­gie du pa­villon de verre, puis en in­té­grant ces idées dans le cadre des nou­velles tech­no­lo­gies, nous étions en me­sure de réa­li­ser un de­si­gn qui n'était pas seule­ment ha­bi­table mais qui avait une re­la­tion im­mé­diate avec le pay­sage en­vi­ron­nant. De ce fait, la sé­lec­tion de la flore est de­ve­nue aus­si im­por­tante pour l'ar­chi­tec­ture que la struc­ture elle-même ».

Ja­cob Brill­hart : La concep­tion de notre mai­son a été or­ga­ni­sée au­tour de quatre ques­tions cen­trales qui re­mettent en ques­tion le fait de construire des grandes mai­sons : Ce qui est né­ces­saire ? Com­ment pou­vons-nous ré­duire notre im­pact sur...

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