Les dif­fé­rences de puis­sance entre les ca­libres

Ce qui change vrai­ment d’une car­touche à l’autre

Armes de Chasse - - Sommaire -

Ce qui change vrai­ment d’une car­touche à l’autre

Comment clas­ser un ca­libre par rap­port à un autre en termes de puis­sance et de per­for­mances ? Fa­cile, on com­pare l’éner­gie, la vi­tesse… Oui, mais si votre ca­non est plus court que ce­lui du fa­bri­cant, si votre balle ne convient pas, si son poids n’est pas adap­té, ces com­pa­rai­sons ne si­gni­fient pas grand-chose. Comment faire ?

La puis­sance réelle d’une car­touche est un su­jet dé­li­cat à trai­ter. Aux me­sures scien­ti­fiques se mêlent le sub­jec­tif, des phé­no­mènes non quan­ti­fiables et maintes va­riables in­fluen­çant l’ana­lyse. Au fi­nal, de nom­breux fac­teurs sont à prendre en compte pour dé­ter- mi­ner l’ef­fi­ca­ci­té d’une mu­ni­tion, comme l’ont ex­pli­qué Tay­lor, Hat­cher, Lott, Al­phin et d’autres ex­perts de l’uni­vers de la ba­lis­tique de chasse. L’éner­gie ci­né­tique n’est qu’un de ces élé­ments, qui ne sert qu’à com­pa­rer ce qui est com­pa­rable, pommes et pommes, car­touches et car­touches, balles et balles… Nous al­lons néan­moins es­sayer de dé­mê­ler le vrai du faux et, comme des spé­cia­listes l’ont fait et le font ré­gu­liè­re­ment outre-At­lan­tique, ten­ter de dé­mon­trer que su­per­la­tifs et course à l’ar­me­ment gé­né­rés par la mode et le mar­ke­ting ap­portent ra­re­ment des ré­sul­tats tan­gibles dans le monde réel et sur le ter­rain.

La dé­fer­lante de 2013

En France, jus­qu’en 2013, la si­tua­tion était claire, re­la­ti­ve­ment saine et hon­nête : si vous vou­liez une ca­ra­bine de ca­libre stan­dard pour le grand gi­bier, le choix de mu­ni­tions se li­mi­tait peu ou prou aux .270 Win­ches­ter, .280 Re­ming­ton et 7x64 Bren­neke. Si vous en­vi­sa­giez la bat­tue, on vous orien­tait vers le 9,3 x 62 ou le .35 Whe­len. Vous sou­hai­tiez plus ? Qu’à ce­la ne tienne : 7 mm Re­ming­ton Mag, .300 Win­ches­ter et Wea­ther­by Mag, 8x68S étaient là pour vous sa­tis­faire. La puis­sance sem­blait être pas­sée au se­cond plan du mar­ke­ting et des ar­gu­ments de vente, tout comme la po­ly­va­lence d’ailleurs. Le chas­seur sa­vait que cer­taines mu­ni­tions étaient plus puis­santes que d’autres, il avait ses idées ou la connais­sance et ache­tait en con­sé­quence.

Der­nier tri­mestre 2013, l’ad­mi­nis­tra­tion li­bère les ca­libres mi­li­taires. C’est la dé­fer­lante, le tsu­na­mi, tout est cham­bou­lé. Le mar­ke­ting des dis­tri­bu­teurs, le dis­cours de cer­tains ar­mu­riers ou jour­na­listes nous vantent la der­nière mer­veille du siècle, sa puis­sance, son ef­fi­ca­ci­té. De tous les ca­libres li­bé­rés, le vain­queur n’est pas le .308 Win­ches­ter, ni le 8 x 57 IS, ni le 6,5 x 55, non, le ga­gnant est le .30-06 ! Se­rait-il plus puis­sant, plus ten­du, plus ef­fi­cace, plus po­ly­va­lent ? Rares sont les vraies ex­pli­ca­tions et com­pa­rai­sons à être avan­cées. On évoque son pas­sé de mu­ni­tion mi­li­taire amé­ri­caine en la­bel, voire en AOC, le clou est dé­fi­ni­ti­ve­ment en­fon­cé quand vient l’ar­gu­ment éco­no­mique : c’est la moins chère des car­touches. Ce qui est ni vrai ni faux : tout dé­pend des balles et du fa­bri­cant. Je n’ai au­cun a prio­ri né­ga­tif contre le .30-06, que j’uti­lise et ai uti­li­sé sous d’autres cieux avant sa lé­ga­li­sa­tion. Je n’ai rien fait d’autre que de me pen­cher sur les me­sures simples qui quan­ti­fient une mu­ni­tion et ré­vé­le­raient la su­pé­rio­ri­té du­dit ca­libre. Sans rien trou­ver. Pour au­tant, de nom­breux chas­seurs conti­nuent de sol­der leurs fi­dèles 7 x 64 et .280 pour ache­ter un .30-06. Voi­là pour­quoi il va nous ser­vir de ré­fé­rent tout au long de notre dé­mons­tra­tion. Tout d’abord, ayons en tête quelques don­nées à même de nous four­nir des re­pères pour mieux cer­ner ce que re­pré­sente la dif­fé­rence de puis­sance réelle entre des mu­ni­tions types, si on se base uni­que­ment sur l’éner­gie ci­né­tique pour dé­ter­mi­ner l’ef­fi­ca­ci­té d’une car­touche : • Puis­sance en joules d’une .22 LR haute vi­tesse : de 160 à 250. • Puis­sance d’une .22 Mag­num : de 350 à 460 J. • Puis­sance d’une .22 Hor­net : de 820 à 990 J.

Ins­tal­lons le dé­cor

Je ne vous ap­prends rien, les car­touches ci­tées ci- des­sus sont soit in­ter­dites à la chasse ( per­cus­sion an­nu­laire), soit, dans le cas du .22 Hor­net, li­mi­tées au tir des re­nards et autres blai­reaux ou ra­gon­dins. Pour­quoi les évo­quer alors ? Parce que leurs puis­sances ri­di­cules – en ver­tu des­quelles per­sonne, à part quelques « bra­cos », n’en­vi­sa­ge­rait de les uti­li­ser à la chasse – re­pré­sentent la dif­fé­rence réelle moyenne entre la plu­part des car­touches de grande chasse uti­li­sées au­jourd’hui entre 0 et 300 m. Le dé­cor est plan­té… Ajou­tons que si on com­pare cer­taines car­touches de ca­libres égaux ou proches dans des ca­nons plus courts que ceux des tables ba­lis­tiques ou des don­nées des en­car­tou­cheurs (de 60 à 65 cm en gé­né­ral), il ar­rive que la mu­ni­tion la moins puis­sante sur le ca­ta­logue fasse jeu égal avec la plus puis­sante, voire lui passe de­vant. Nous par­lons ici à balle de forme, struc­ture et poids égal ou dont le rap­port dia­mètre-poids (la den­si­té de sec­tion) reste très proche.

Sur le plan de l’éner­gie, le .30-06 Su­per­for­mance l’em­porte, mais il est dif­fi­cile de dé­par­ta­ger .270 Win., .280 Rem. et 7 x 64.

Sur le ter­rain, face à des ani­maux dan­ge­reux, mieux vaut connaître la vé­ri­table puis­sance de son ca­libre.

Les vi­tesses de nos trois chal­len­gers sont vrai­ment très proches. Quant au .30-06, tout dé­pend du char­ge­ment, mais les dif­fé­rences ap­pa­raissent après 100 m.

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