Pion­nier contre Ro­bust

Deux em­blèmes et deux vi­sions ar­mu­rières

Armes de Chasse - - Sommaire - Jean-Claude Mour­ne­tas, pho­tos Ver­ney-Car­ron et Syl­vain Ma­de­lon

Deux em­blèmes et deux vi­sions ar­mu­rières

Le Pion­nier de Ver­ney-Car­ron et le Ro­bust de Ma­nu­france sont des sym­boles de l’ar­que­bu­se­rie sté­pha­noise, deux fu­sils in­con­tour­nables. S’ils ne sont pas nés à la même époque, leur ex­ploi­ta­tion com­mer­ciale fut néan­moins conco­mi­tante. Voi­là pour­quoi nous avons dé­ci­dé de les réunir dans un com­bat des chefs.

Sa in t-E tienne est la ca­pi­tale fran­çaise des armes de chasse de­puis des temps très an­ciens, mais c’est au cours du XIXe siècle que la ville fo­ré­zienne voit fleu­rir un in­com­pa­rable tis­su ar­mu­rier. A cette époque char­nière où de nou­velles poudres voient le jour va ap­pa­raître une foule de nou­veaux sys­tèmes de fu­sils de chasse is­sus des mains d’une non moins nom­breuse pléiade d’ar­que­bu­siers. Dans leur grande ma­jo­ri­té ces hommes de l’art oeuvrent dans des ate­liers mo­destes. Tou­te­fois, cer­tains vont fon­der des grandes en­tre­prises et ac­qué­rir un re­nom jus­ti­fié, à l’image de Darne. Moins connue ini­tia­le­ment est la so­cié­té Mar­ti­nier- Col­lin, fon­dée en 1873 et qui de­vien­dra cé­lèbre, après son ra­chat en 1885 par Etienne Mi­mard et Pierre Bla­chon, sous sa nou­velle ap­pel­la­tion de Ma­nu­fac­ture d’armes de chasse et de tir de Saint-Etienne, puis sim­ple­ment Ma­nu­france. Il y a bien sûr aus­si la so­cié­té Ver­ney- Car­ron, dont le nom est is­su de deux grandes li­gnées d’ar­que­bu­siers : Claude Ver­ney et An­toi­nette Car­ron, ma­riés en 1830 (on trouve dé­jà un Guy Ver­ney « fai­seur de fu­sils » à Saint-Etienne en 1660). Dès leurs dé­buts, ces deux so­cié­tés fa­briquent des fu­sils de chasse très sem­blables dans la gamme des fu­sils à pis­ton, puis des fu­sils à broche type Le­fau­cheux. Cette si­mi­li­tude va se pour­suivre avec la fa­bri­ca­tion des pre­miers fu­sils à per­cus­sion cen­trale à chiens ex­té­rieurs. Avec tou­te­fois une fi­ni­tion plus soi­gnée et des bois plus choi­sis pour les armes Ver­neyCar­ron. Après la « lutte » Rus­tique contre Rus­tic (cf. en­ca­dré p. 27), les deux firmes sus­pendent un temps

leur af­fron­te­ment, jus­qu’à l’ar­ri­vée du Ro­bust qui ne va pas tar­der à trou­ver un concur­rent au­quel se me­su­rer : le Pion­nier.

Deux stra­té­gies de pro­duc­tion

Les éta­blis­se­ments Ver­ney-Car­ron ont tou­jours eu comme po­li­tique de pro­duire une grande va­rié­té de fu­sils de chasse ham­mer­less et un large éven­tail de mo­dèles – dont les cé­lèbres Hé­lice de tous types dé­ri­vés de l’Hé­lice-Grip. A l’op­po­sé, la fu­ture Ma­nu­fac­ture d’armes de

chasse et de tir ne pro­pose du­rant des an­nées en ham­mer­less que son cé­lèbre Idéal, dé­cli­né en de nom­breuses ver­sions. Ce n’est qu’en 1913 qu’un se­cond ham­mer­less est lan­cé, le my­thique Ro­bust. Le bre­vet date du 4 mars 1913, mais les dé­buts de fa­bri­ca­tion sont an­té­rieurs puisque dès 1911 les pre­miers mo­dèles sont ex­pé­diés pour es­sais à quelques chas­seurs émé­rites char­gés de les tes­ter. Ce fu­sil est do­té d’un mé­ca­nisme dont la ré­pu­ta­tion ne failli­ra ja­mais, mais il est alors d’une rus­ti­ci­té dé­con­cer­tante, n’en­ga­geant guère à l’achat. Ce sont ces pre­miers mo­dèles qui au­raient mé­ri­té l’ap­pel­la­tion de « Rus­tique » , avec leur de­vant à simple vis de blo­cage quart de tour, leur bois ternes et noirs fai­sant pen­ser à du peu­plier tein­té, le bron­zage mé­diocre de leurs ca­nons. Heu­reu­se­ment, les choses s’amé­liorent au fil des an­nées. D’abord, avec une mo­di­fi­ca­tion du de­vant, dont la vis de main­tien est rem­pla­cée par le même sys­tème d’an­crage que sur l’Idéal – c’est-à-dire avec

la lan­guette tour­nante en à- plat sous le de­vant. Plus tard, le de­vant de vient « à ar­ra­che­ment » , ce qui si­gni­fie qu’il est pres­sé contre le ca­non par un té­ton à cran, comme sur le Sim­plex. Et dans les an­nées 1930 ar­rivent, dans la gamme su­pé­rieure, les pre­miers mo­dèles à de­vant à pous­soir.

L’heure du duel

C’est dans l’im­mé­diat après-guerre, avec la re­prise des ac­ti­vi­tés ci­viles de la Ma­nu­fac­ture, que le Ro­bust prend un nou­vel es­sor en ac­qué­rant ses ca­rac­té­ris­tiques dé­fi­ni­tives, avec no­tam­ment son mo­dèle type, le 222. Dans le même temps, Ver­ney-Car­ron re­prend éga­le­ment ses ac­ti­vi­tés. Quelques-uns de ses fu­sils sont re­ti­rés de la fa­bri­ca­tion, mais ap­pa­raît un nou­veau ve­nu : le Pion­nier, qui s’im­pose comme le grand concur­rent du Ro­bust. Dans leur as­pect, ces deux fu­sils ham­mer­less se res­semblent, avec leur bas­cule car­rée à trempe jas­pée et leur clé d’ou­ver­ture sur le haut de la poi­gnée. Mais le fais­ceau des ca­nons est propre à cha­cun : ce­lui du Pion­nier pré­sente des tubes lisses à galbe pro­gres­sif alors qu’avec le Ro­bust un res­saut bien évident sou­ligne le ton­nerre. C’est même là une ca­rac­té­ris­tique gé­né­tique de l’arme conçue par Pierre Bla­chon, qui a op­té pour un mon­tage à frette se­lon le prin­cipe mis au point par Ar­thur Nou­velle (et tel que ce der­nier le dé­crit dans son Trai­té

d’ar­que­bu­se­rie gé­né­rale, en 1896). Ici, la frette n’est pas ara­sée au pro­fil des tubes mais lais­sée dans toute son épais­seur ; l’arme perd en es­thé­tique mais gagne en ro­bus­tesse. Sur le Pion­nier, l’as­sem­blage est plus clas­sique avec cro­chets et bandes rap­por­tées sou­dées. L’as­pect est très flat­teur à l’oeil. Les ca­nons du Pion­nier sont éprou­vés à la poudre T à 850 kg. Ils sont dé­cli­nés dans les ca­libres 12, 16 et 20, avec une lon­gueur de 70 cm et un fo­rage des chambres de 65 mm en 12, de 68 en 16 et 20. Un mo­dèle Ma­gnum est pro­po­sé avec des ca­nons de 75 cm et un cham­brage de 70 mm. Tous les mo­dèles peuvent être four­nis avec ca­nons de 80 cm sur com­mande spé­ciale. Cô­té Ro­bust, l’épreuve à la poudre T est éta­blie à 1200 kg. Le fu­sil n’est pro­duit qu’en ca­libres 12 et 16, avec un cham­brage de 65 mm et une lon­gueur de 70 cm. Un mo­dèle par­ti­cu­lier à ca­nons de 80 cm et chambres de 70 mm est pro­po­sé en ca­libre 12 uni­que­ment. Seul un Ro­bust pro­to­type a été éta­bli en ca­libre 20.

Du bel acier pour tous

Les ca­nons du Ro­bust sont sys­té­ma­ti­que­ment pa­ra­chro­més alors que ceux du Pion­nier ne le sont que sur com­mande spé­ciale. Dans les deux cas, l’acier des ca­nons – « très fin » pour le Pion­nier et « spé­cial » pour le Ro­bust – est d’ex­cel­lente qua­li­té dès les mo­dèles de base. Deux mo­dèles su­pé­rieurs de Pion­nier sont éta­blis avec le fa­meux acier Dia­mant mis au point par Ver­neyCar­ron, tout comme deux mo­dèles Ro­bust re­çoivent un acier Her­cule à une, puis deux palmes. Les cinq types de Ro­bust pro­po­sés en 1955 peuvent ac­cueillir un ca­non droit rayé, le ré­pu­té ca­non Su­pra de la Ma­nu­fac­ture, alors qu’à la même époque le « boyau­dage Ver­car » n’est pas pro­po­sé sur les tables tech­niques du Pion­nier. Pour les deux fu­sils, le pa­na­chage est choke à gauche et de­mi-choke à droite. Les deux armes ont des ren­de­ments ba­lis­tiques ex­cel­lents, les dé­boires que l’un ou l’autre ont pu ren­con­trer étant im­pu­tables à la qua­li­té des mu­ni­tions de l’époque. On peine à ima­gi­ner ce que les ca­rences de l’im­mé­diat après-guerre ont ame­né

à uti­li­ser comme com­po­sants de car­touches de chasse ! La bas­cule est à en­taillage droit tant pour le Ro­bust que pour le Pion­nier et aus­si bien cô­té crosse que cô­té rem­part de cu­lasse. Un mo­dèle Luxe du Pion­nier se­ra éta­bli avec de fausses pla­tines par­ti­cu­liè­re­ment ou­vra­gées. Les dé­cors sont re­pris sur les co­quilles, la clé de ver­rouillage et le pontet. C’est là une très belle arme, bien plus belle que le Ro­bust trai­té fa­çon luxe. La bas­cule du Ro­bust se pro­lon ge à l’ar­rière par une queue qui fait ren­fort de poi­gnée tout en so­li­da­ri­sant la cu­lasse et la crosse. Sur le Pion­nier, l’ar­rière de cu­lasse est mu­ni d’un te­non où vient se prendre une pièce mé­ca­ni­sée ser­vant au mon­tage de l’équi­pe­ment in­terne. Cette pièce, sorte de pla­tine in­té­rieure, se pro­longe à l’ar­rière par une par­tie cy­lin­drique creuse et ta­rau­dée in­té­rieu­re­ment. C’est là que vient se blo­quer une tige fi­le­tée tra­ver­sant la crosse de­puis la couche. C’est le prin­cipe éta­bli par Ré­gis Darne pour ses « crosses im­bri­sables ». Le Ro­bust n’a ja­mais bé­né­fi­cié de cet atout, bien qu’on le re­trouve ul­té­rieu­re­ment sur le Ra­pid et le Per­fex.

Ar­me­ment et ver­rouillage

L’ar­me­ment des chiens s’ef­fec­tue au bas­cu­lage de l’arme sur les deux fu­sils, sous l’ef­fet des ar­meurs si­tués à l’avant de la table de bas­cule. Les chiens sont à cran de cro­che­tage ar­rière mais dif­fèrent par le res­sort de mise en ac­tion : pour le Ro­bust, c’est le clas­sique bi­lame en V cher aux ar­que­bu­siers alors que pour le Pion­nier il est en fil d’acier spi­ra­lé et à deux branches. Il en est de même pour les res­sorts de dé­tente : pour le Ro­bust, c’est un simple lame blo­qué en porte-à-faux qui fait com­pres­sion en rap­pel, alors que pour le Pion­nier, on re­trouve le res­sort en fil d’acier spi­ra­lé à deux branches. Les gâ­chettes sont très dif­fé­rentes sur les deux armes. Celles du Ro­bust sont à cro­chet en er­got, pre­nant le chien au-des­sus de son axe de ro­ta­tion, alors que, sur le Pion­nier, elles sont à lame plate en bu­tée à l’ar­rière du chien, sous l’axe de ro­ta­tion. Dans l’un et l’autre cas, la sû­re­té bloque les dé­tentes mais pas les gâ­chettes. Sur le Ro­bust, elle est si­tuée de fa­çon clas­sique sur le pro­lon­ge­ment ar­rière de la queue de cu­lasse, juste à por­tée du pouce, alors que sur le Pion­nier elle est dis­po­sée sur le cô­té droit du pontet. L’ou­ver­ture et le ver­rouillage des deux fu­sils se ma­noeuvrent par la clé si­tuée sur le des­sus de la poi­gnée. Prin­cipe on ne peut plus pra­tique. Le mé­ca­nisme de ver­rouillage est en re­vanche to­ta­le­ment dif­fé­rent. Sur le Pion­nier, on trouve l’ex­cellent ver­rou de type Hé­lice, tan­dis que le Ro­bust est équi­pé d’un sys­tème ima­gi­né par Pierre Bla­chon : la clé de ma­noeuvre com­porte un cro­chet à l’avant ve­nant se blo­quer dans la double mor­taise du pro­lon­ge­ment de bande qui s’en­castre dans la bas­cule au mo­ment de la fer­me­ture. Nous par­lons ici du mo­dèle 222 et de ses frères plus luxueux de la pé­riode 1955, vous ne re­trou­ve­rez pas ce ver­rou sur cer­tains mo­dèles de bas de gamme réa­li­sés au dé­but de la pro­duc­tion et à la toute fin. L’axe de clé com­mande un ver­rou qui vient se prendre dans les cro­chets du ca­non. Les deux armes sont donc à fer­me­ture dite « triple ver­rou » et ne peuvent souf­frir d’au­cune cri­tique sur ce plan : fia­bi­li­té et ré­sis­tance sont au ren­dez-vous. Le de­vant du Pion­nier est à pous­soir, tout comme pour le Ro­bust d’après­guerre. Les pre­miers prin­cipes à

vis quart de tour, ver­rou tour­nant ou à ar­ra­che­ment ont été aban­don­nés, ju­di­cieu­se­ment. Sur les deux armes, un ex­cen­trique à l’ar­rière du de­vant com­mande un ex­trac­teur de car­touches par re­fou­le­ment se­lon un type clas­sique. Les quatre mo­dèles de Pion­nier alors pré­sen­tés (Stan­dard, Su­per, Luxe et Ma­gnum) au­ront le même type d’ex­trac­teur. Le Ro­bust de la même époque est quant à lui dé­cli­né en cinq mo­dèles dont trois à éjec­teurs au­to­ma­tiques.

Bois, avan­tage Ver­ney-Car­ron

La crosse et le de­vant du Ro­bust sont en noyer, ce n’est que dans les der­nières an­nées de la Ma­nu­fac­ture que se­ront uti­li­sés d’autres bois – du hêtre no­tam­ment. Ce noyer est de la qua­li­té ha­bi­tuel­le­ment uti­li­sée par Ma­nu­france, c’est-à-dire de bas de gamme. C’est là un des pé­chés bien connus de sa pro­duc­tion. Le Pion­nier re­çoit un noyer bien plus beau, même s’il est de droit fil. La sil­houette est af­fi­née par un aplat à l’ar­rière de la cu­lasse. Ce dé­cor, dé­nom­mé pla­tine, feuille ou en­core oreille par les ar­que­bu­siers, se ter­mine en pointe, sans la larme ou le gland que l’on ren­contre sur cer­taines armes de luxe. De­vant et crosse sont qua­drillés à la main pour les deux armes. Ce n’est que bien plus tard qu’ap­pa­raî­tra l’af­freux qua­drillage à la presse. La plaque de couche est en ma­tière plas­tique noire mou­lée, avec l’em­preinte « Ver­car » pour le Pion­nier et « MF » pour le Ro­bust. Le Pion­nier est seule­ment équi­pé d’un porte-bre­telle, mais le Ro­bust est sys­té­ma­ti­que­ment équi­pé de la si pra­tique bre­telle au­to­ma­tique créée par Pierre Bla­chon. C’est un vrai plus. Au­cune de nos deux armes ne mé­rite de vé­ri­tables cri­tiques. Elles sont par­fai­te­ment fiables et ont fait leurs preuves. Pour la chasse, l’une et l’autre sont sus­cep­tibles de don­ner en­core en­tière sa­tis­fac­tion à leur pro­prié­taire. Le Ro­bust do­mine par ses ca­nons pa­ra­chro­més et sa bre­telle au­to­ma­tique, le Pion­nier par ses bois de meilleure qua­li­té, sa fi­ni­tion plus belle et sa dis­po­ni­bi­li­té en ca­libre 20, un atout évident au­près de l’ama­teur de pe­tits ca­libres. Le Pion­nier est aus­si un fu­sil bien plus rare que le Ro­bust, dont la pro­duc­tion, tous mo­dèles confon­dus, avoi­sine le mil­lion. Pour une col­lec­tion, ce ne sont pas des fu­sils d’un in­té­rêt ma­jeur mais ils ne lui fe­ront pas in­jure. Leur cote s’étant ef­fon­drée, comme celle de la plu­part des ham­mer­less d’oc­ca­sion ac­tuels, l’op­por­tu­ni­té d’ac­qué­rir une pièce de qua­li­té à un prix très abor­dable peut être ten­tante. A cha­cun de se faire une opi­nion et éven­tuel­le­ment plai­sir !

Un Pion­nier haut de gamme re­con­nais­sable à ses contre-pla­tines. Des faux corps que ne pos­sé­de­ra ja­mais le Ro­bust, même si ce der­nier se­ra par­fois très jo­li­ment gra­vé. C’est là une des pre­mières dif­fé­rences entre les deux armes.

La frette im­po­sante et un peu gros­sière du Ro­bust contraste avec les in­vi­sibles cro­chets en­cas­trés du Pion­nier, qui peuvent pas­ser pour des de­mi-blocs sans exa­men pous­sé. A no­ter aus­si, le Pion­nier se­ra pro­po­sé en ca­nons Plume, comme ici.

Ne vous fiez pas aux ap­pa­rences. Une soixan­taine de pièces seule­ment en­trait dans la réa­li­sa­tion du Ro­bust, un peu plus si l’on ajoute la frette, la plaque de couche et ses vis, et les gre­na­dières. C’est peu, mais ce fu­sil était conçu pour être en­du­rant, ou ro­buste.

Le Ro­bust, ici une ver­sion jas­pée du 222 type 1946 et fa­bri­quée en 1960, re­con­nais­sable à son ma­tri­cule frap­pé sous la clé. Les co­quilles larges et plates n’ont pas les courbes dé­li­cates du Pion­nier. Mais le Ro­bust est éprou­vé à 1 200 kg contre 800 seule­ment pour le Pion­nier.

Ce cro­quis des pièces dé­ta­chées dis­po­nibles pour le Pion­nier at­teste qu’un peu plus de 100 pièces étaient né­ces­saires à son as­sem­blage. No­tez la pièce usi­née à l’ar­rière de la bas­cule qui porte la mé­ca­nique, re­çoit la vis de fixa­tion et rend la crosse im­bri­sable.

Sur le Pion­nier, le troi­sième ver­rou est l’Hé­lice. Un pro­lon­ge­ment de la bande su­pé­rieure vient s’an­crer sous la clé.

Le troi­sième ver­rou du Ro­bust est une in­ven­tion de Pierre Bla­chon, un sys­tème com­plexe mais fiable et ef­fi­cace.

Le Ro­bust Ma­gnum ne ver­ra le jour que sur le tard. Aux dé­buts des deux pro­duc­tions, seul le Pion­nier est dé­cli­né, dès 1956, en car­touches puis­santes.

Dans le duel qui op­po­sa les deux fu­sils, c’est le Pion­nier qui sor­ti­ra per­dant, car moins pri­sé et donc moins ven­du. Il faut dire que le concur­rent était de taille, le Ro­bust se se­ra écou­lé à près d’un mil­lion d’exem­plaires !

Une ver­sion ex­press du Ro­bust ver­ra le jour bien des an­nées plus tard. Avant ce­la, le fu­sil pos­sé­dait dé­jà des ca­nons rayés dans la ver­sion Su­pra pour les tirs à courte dis­tance, ce que n’of­frait pas le Pion­nier.

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