An­ciennes contre mo­dernes

Deux gé­né­ra­tions de balles s’af­frontent

Armes de Chasse - - Sommaire -

Deux gé­né­ra­tions de balles s’af­frontent

Il est né plus de balles ces vingt der­nières an­nées qu’au cours du XXe siècle. Certes de nets pro­grès ont été faits, mais le mar­ke­ting pare trop sou­vent ces pro­duits de ver­tus flir­tant avec l’ima­gi­naire. Que valent vrai­ment les nou­velles balles face aux an­ciennes ?

De­puis une ving­taine d’an­nées ap­pa­raissent sur le mar­ché de nou­velles balles, théo­ri­que­ment plus per­for­mantes et ef­fi­caces que leurs de­van­cières. A moins qu’une étape de l’évo­lu­tion des es­pèces m’ait échap­pé, le grand gi­bier n’est pas plus ré­sis­tant au­jourd’hui qu’il ne l’était avant-hier. Une Nos­ler Par­ti­tion ou une Bren­neke Tig (RWS ID) de­vraient donc être tou­jours aus­si per­for­mantes sur lui au­jourd’hui qu’il l’était au­tre­fois. Alors, qu’estce qui jus­ti­fie ces nais­sances en chaîne ? Les fa­bri­cants de mu­ni- tions et leurs res­pon­sables mar­ke­ting n’en font-ils pas sim­ple­ment un peu trop ? Quels sont les avan­tages réels des nou­veaux pro­jec­tiles face aux an­ciens stan­dards ?

Une balle mo­derne, c’est quoi ?

J’ai choi­si 1995 comme an­née char­nière entre les balles dites an­ciennes et mo­dernes. Ce re­père cor­res­pond as­sez net­te­ment au dé­but du boom des nais­sances de nos mu­ni­tions – celles pro­duites à par­tir de cette an­née ou un peu plus tôt mais ar­ri­vées chez nous à cette époque.

Etant don­né que les balles dis­po­nibles jus­qu’en 1995 ser­vaient par­fai­te­ment toutes les chasses, de la mar­motte à l’élé­phant, pour­quoi tant d’ef­forts se sont su­bi­te­ment dé­ployés sur le mar­ché de la mu­ni­tion de chasse ? D’abord, quelques dé­boires, sou­vent dus au chas­seur et non au ma­té­riel, avaient fait naître aux Etats-Unis une de­mande pour da­van­tage de pé­né­tra­tion et une ex­pan­sion contrô­lée. Pa­ral­lè­le­ment, la di­mi­nu­tion du re­cul et une meilleure ten­sion de tra­jec­toire fai­saient l’ob­jet d’une at­ten­tion de plus en plus ac­crue dans la presse spé­cia­li­sée et de là de la part des uti­li­sa­teurs. C’est dans ce contexte qu’au dé­but des an­nées 1990 des balles à noyau sou­dé, d’autres en al­liages cui­vreux et en­fin des hy­brides ont vu le jour. Le gi­bier de­vait tom­ber plus mort que mort ! Les balles à noyau sou­dé ont com­men­cé à être connues en Eu­rope lorsque Sa­ko a in­tro­duit l’Ham­me­rhead, une « se­mi-round nose » conçue pour le tir à moyenne et courte dis­tance du grand gi­bier, par­ti­cu­liè­re­ment les élans en Fin­lande et en Scan­di­na­vie. Mal dis­tri­buées, les mu­ni­tions et balles Sa­ko res­tent mé­con­nues du nem­rod fran­çais au

dé­but des an­nées 90. C’est Nor­ma, en 2000, qui rafle la mise et va vé­ri­ta­ble­ment lan­cer le noyau sou­dé en Eu­rope avec son ex­cel­lente Oryx, cette balle ef­fi­cace et pré­cise qui aligne les suc­cès sur tous les grands ani­maux avec des dé­gâts ré­duits à la ve­nai­son. Aux Etats- Unis, les balles à noyau sou­dé sont ar­ri­vées bien plus tôt. Dès 1964, Bit­ter­root Bul­let Com­pa­ny fa­brique et com­mer­cia­lise les Bit­ter­root Bon­ded Core ( BBC) et lance ce fai­sant les termes « noyau sou­dé » – tra­duc­tion lit­té­rale de

bon­ded core. Bill Stei­gers, l’in­ven­teur des BBC, a conçu ce pro­cé­dé pour ré­soudre le pro­blème créé par l’aug­men­ta­tion des vi­tesses, qui met à mal l’in­té­gri­té des balles, en­traî­nant dés­in­té­gra­tion, sé­pa­ra­tion de la che­mise, course er­ra­tique dans le gi­bier et pé­né­tra­tion trop faible, en par­ti­cu­lier avec les boat tail. Stei­gers a réus­si à conser­ver ses vingt-cinq an­nées d’avance sur tous les autres fa­bri­cants en pro­té­geant sa mu­ni­tion par de mul­tiples bre­vets qui em­pê­che­ront la dif­fu­sion du concept.

Jus­qu’à 95 % de ré­ten­tion de masse

Les chères en­core, et pro­duc­tion, oné­reuse entre ces­sives quer n’est la balles nu­mé­ri­sa­tion une en dix à sont rien mal­gré Oryx, et et pro­duire. à com­plexe. douze noyau leur né­ces­saires usur­pé. dont l’au­to­ma­ti­sa­tion fa­bri­ca­tion des opé­ra­tions sou­dé le Au­jourd’hui Chez prix contrôles pour sont de Nor­ma, fa­bri- vente reste suc- très de En portent balles par­ti­tion­nées termes clas­siques, ces balles de et ba­lis­tique doubles par y com­pris rap­port noyaux qu’ap- aux les ?

D’abord, but elles ini­tial sont bien vi­sé très que par pré­cises leurs ce ne fa­bri­cants, soit en rai­son pas le des Mais contrôles leur prin­ci­pal stricts avan­tage de fa­bri­ca­tion. se si­tue après l’im­pact, avec une ex­cel­lente conser­va­tion de masse : de 85 à 95 % pour une Oryx, une Su­per Ham­me­rhead, une TBBC ou une Evo, quand même une Par­ti­tion ou une Uni perdent de 40 à 50 % de leur masse. Ce­la en fait de re­mar­quables balles de chasse, par­ti­cu­liè­re­ment sur les grands ani­maux ou lorsque le chas­seur em­ploie un ca­libre en li­mite de son do­maine d’ap­pli­ca­tion. Elles per­mettent l’uti­li­sa­tion de balles plus lé­gères à ca­libre don­né. Une bon­ded core de 10,5 g peut par­fai­te­ment rem­pla­cer une 11,7 g, voire une 13 g dans un ca­libre .30. La pé­né­tra­tion reste égale si ce n’est su­pé­rieure quelles que soient la vi­tesse d’im­pact et l’im­por­tance de l’ex­pan­sion. Les noyaux sou­dés ga­ran­tissent une pé­né­tra­tion sans faille, même après im­pact sur de gros os, une ex­pan­sion maî­tri­sée, avec un mi­ni­mum d’éclats et même quand la vi­tesse chute, et un im­por­tant ef­fet de choc, sou­te­nu par leur masse. A ces qua­li­tés, qui ca­rac­té­risent toutes les balles de cette fa­mille, Nor­ma a ajou­té, dès la concep­tion de l’Oryx, un atout sup­plé­men­taire, avec la pré­ser­va­tion de la ve­nai­son. En ra­me­nant presque à zé­ro sa frag­men­ta­tion, y com­pris lors des tirs très rap­pro­chés, il a conçu une balle très « propre ». Leur concep­tion noyau- che­mise, même lorsque cette der­nière est épaisse ( TBBC, Swift, Ac­cu­bond) gé­nère moins de pres­sion que les mo­no­mé­tal­liques lors de la prise de rayure et le voyage dans le ca­non. Cer­taines de ces balles, les TBBC par exemple, sont plus longues à poids égal que des pro­jec­tiles stan­dards en rai­son de che­mises ren­for­cées, ce qui ne pose pas de pro­blème de sta­bi­li­sa­tion lors de l’em­ploi de ca­ra­bines et de mu­ni­tions stan­dar­di­sées. Ce point est sou­vent né­gli­gé par les dé­fen­seurs du « cuivre éco­lo » . Outre ces ca­rac­té­ris­tiques com­munes, il existe des dif­fé­rences de concep­tion im­por­tantes entre une Oryx, une Ac­cu­bond, une

Su­per Ham­me­rhead, une Evo ou une Si­roc­co. Cer­tains cri­tiquent le pro­fil peu « aé­ro­dy­na­mique » des eu­ro­péennes. Pour­tant, même outre- At­lan­tique, 95 % des tirs ont lieu dans la zone des 300 m. A ces dis­tances, le soi- di­sant désa­van­tage des Oryx, Ham­me­rhead, Su­per Ham­me­rhead ou Evo pé­na­lise peu le chas­seur s’il uti­lise le bon ca­libre.

Per­for­mantes, oui, mais utiles ?

Pas­sé une cer­taine dis­tance, au-de­là de 350-400 m, la vi­tesse des balles a suf­fi­sam­ment chu­té pour que 90 % des pro­jec­tiles de qua­li­té ré­sistent à l’im­pact. Si on veut bien se te­nir à bonne dis­tance du dis­cours mar­ke­ting, qui a vite fait de nous la­ver le cer­veau, une Ac­cu­bond, une In­ter­bond ou une Si­roc­co ne sont guère plus utiles à ceux qui tirent loin (plus de 300 m) qu’une Bal­lis­tic Tip, Sier­ra SBT ou Hor­na­dy SST et sont tout aus­si in­utiles à ceux qui res­tent dans les dis­tances stan­dards, par­ti­cu­liè­re­ment en battue où Oryx, Ham­me­rhead, Po­wer Max, Evo, avec leurs formes

plus ob­tuses, dis­tri­buent leur éner­gie plus ef­fi­ca­ce­ment dès l’im­pact, en étant moins sen­sibles aux bran­chages br et brin­dilles ou à un pas de rayures un peu trop tr lent. Les Fu­sion de Fe­de­ral sont consi­dé­rées par cer­tains comme des noyaux sou­dés, mais elles n’en sont pas, même si elles fonc­tionnent de fa­çon sem­blable. Ces balles sont nées d’une évo­lu­tion d’une tech­nique uti­li­sée par Speer sur les an­ciennes TMJ et les pre­mières Deep Curl. Le noyau de plomb dur­ci et ma­tri­cé avec pré­ci­sion re­çoit une couche d’al­liage cui­vreux par un pro­ces­sus élec­tro­chi­mique. Cette tech­nique so­li­da­rise de fa­çon dé­fi­ni­tive les deux mé­taux. En jouant sur le temps de dé­po­si­tion, Speer pro­pose des épais­seurs va­riables en fonc­tion des plages de vi­tesses, des types de balles et de leurs usages. Je suis de­ve­nu un in­con­di­tion­nel de ces balles dans mes .338 Fe­de­ral

et Win­ches­ter Ma­gnum où elles jouent le rôle des Oryx, dont la gamme de poids dans ce ca­libre est li­mi­tée. In­des­truc­tibles lors d’un im­pact à vi­tesse éle­vée, les Fu­sion pos­sèdent un pou­voir d’ex­pan­sion im­por­tant, y com­pris lorsque la vi­tesse tombe. La pré­ci­sion reste très bonne, même si elles ne sont pas des balles de match. Leur avan­tage prin­ci­pal sur une che­mi­sée clas­sique ou même une double noyau se re­trouve à l’im­pact et après ce­lui- ci : ex­pan­sion et conser­va­tion de la masse sont im­por­tantes.

Sans-plomb, un ave­nir im­po­sé ?

Au dé­but des an­nées 1980, Ran­dy Brooks, le pro­prié­taire de Barnes Bul­lets, connaît une mésa­ven­ture avec un gros ours brun et des balles clas­siques. S’il avait em­ployé une Par­ti­tion, une Ori­gi­nal Grand Slam ou une Tug, la pro­ba­bi­li­té est grande que les balles X n’en se­raient pas où elles en sont. Seule­ment voi­là, Brooks n’uti­li­sait pas une de ces balles et a dé­ci­dé qu’il était temps qu’il en in­vente une, la sienne, for­cé­ment per­for­mante. Neuf ans plus tard, en 1989, les balles X de Barnes sont com­mer­cia­li­sées comme élé­ments de rechargement, dans plu­sieurs ca­libres. Si elles conservent leur masse, pé­nètrent pro­fon­dé­ment, causent de gros dé­gâts in­ternes, elles sont loin d’être par­faites. La pré­ci­sion va de très bon à hor­rible, l’ex­pan­sion est aléa­toire, les pres­sions peuvent mon­ter de fa­çon er­ra­tique. Ceux qui les em­ploient ap­prennent à ré­duire les charges de poudre. Ma­tri­cées, en cuivre pur, elles en­cuivrent for­te­ment les tubes. Après une longue sé­rie de dé­boires, Barnes re­voie sa co­pie et lance en 2003 les TSX. La ca­vi­té fron­tale a été re­des­si­née et trois can­ne­lures de dé­les­tage font leur ap­pa­ri­tion sur le corps de la balle. Le boat tail se gé­né­ra­lise, en­traî­nant une di­mi­nu­tion du poids afin de conser­ver une lon­gueur rai­son­nable. Le suc­cès des mo­no­mé­tal­liques se confirme. Barnes vend ses balles à de nom­breux ma­nu­fac­tu­riers, puis se lance dans la fa­bri­ca­tion de car­touches. L’ar­ri­vée des TTSX en 2008 al­longe la por­tée utile théo­rique de la Barnes. Lorsque la Ca­li­for­nie dé­cide de ban­nir le plomb, Barnes s’en­gouffre dans la brèche al­lant jus­qu’à sou­te­nir le pro­jet par un lob­bying agres­sif. Il de­vient ce fai­sant le pre­mier fa­bri­cant de balles à mé­lan­ger bu­si­ness, éco­lo­gie dé­ma­go­gique et chasse. A la même pé­riode, en Suède et en Scan­di­na­vie, les fa­bri­cants de mu­ni­tions s’in­quiètent d’un pro­jet de loi en­core plus res­tric­tif. Nor­ma s’en­gage contre ce pro­jet. Etudes scien­ti­fiques à l’ap­pui, les gens d’Amotförs dé­montrent que le cuivre en quan­ti­té im­por­tante est aus­si no­cif que le plomb – ce qui est vrai ! Le pro­jet de loi est en­ter­ré. Les balles « cuivre » sont néan­moins là pour res­ter. L’Al­le­magne in­ter­dit le plomb ici et là se­lon les Län­der. En France, l’in­ter­dic­tion des balles plomb est un ser­pent de mer qui re­fait sur­face plus sou­vent que le monstre du Loch Ness ces der­niers temps. Un groupe de pres­sion est mis en place pour les im­po­ser, ai­dé en sous- main par des fa­bri­cants. Ima­gi­nez le « tout bé­né­fice » que re­pré­sente pour ces der­niers la pro­duc­tion d’un seul ou de deux mo­dèles de balles ! Au­jourd’hui, les balles « sans plomb » sont, lors­qu’elles pro­viennent des Etats- Unis, proches des Barnes TSX ou TTSX. Même la Hit de RWS, avec son trai­te­ment de sur­face et sa pointe Speed Tip, reste une Barnes, fai­sant ni mieux ni pire. Seul le choix du mé­tal, cuivre pur ou al­liage, et de l’ogive, sé­cante ou tan­gente, change vrai­ment. Même si telle ou telle pos­sède une ca­vi­té fron­tale plus ou moins grande, toutes tra­vaillent glo­ba­le­ment de la même fa­çon : ex­pan­sion en X et pé­né­tra­tion im­por­tante. Leurs avan­tages sont sem­blables, leurs in­con­vé­nients aus­si, même si celles en tom­bac, comme les Hor­na­dy, en­cuivrent moins que les Barnes. Après l’im­pact, il y a moins de

dif­fé­rences de com­por­te­ment entres elles qu’entre une Co­re­lokt et une Alas­ka. Seules les fran­çaises, les sué­doises et les fin­lan­daises dif­fèrent dans leur prin­cipe de concep­tion ou de fonc­tion­ne­ment. On l’a vu, leur nais­sance dé­coule du même constat que ce­lui qui a dé­ci­dé de l’ap­pa­ri­tion des balles à noyau sou­dé : les balles clas­siques et simples ne sont pas suf­fi­sam­ment so­lides pour ga­ran­tir à la fois ex­pan­sion et pé­né­tra­tion pro­fonde quels que soient les angles de tir et les gi­biers chas­sés. Réa­li­sées à par­tir d’un seul bloc de mé­tal, les mo­no­mé­tal­liques ne perdent pas de masse, ou très peu, donc pé­nètrent loin pour une at­teinte sûre des or­ganes vi­taux. Lorsque la ca­vi­té d’ex­pan­sion est bien réa­li­sée, elles ex­pansent ou pé­ta­lisent, voire les deux, sui­vant la vi­tesse d’im­pact, cau­sant d’im­por­tantes lé­sions. Tout ce­la se­rait par­fait si la den­si­té de leur al­liage per­met­tait de conser­ver une lon­gueur rai­son­nable à masse égale com­pa­ré à une balle à noyau sou­dé par exemple. Ce n’est pas le cas. La lon­gueur plus im­por­tante des mo­no­mé­tal­liques (ou sans pomb), à poids égal, ré­duit le vo­lume utile de poudre de la car­touche et on se re­trouve soit en sur­pres­sion, soit avec une vi­tesse in­fé­rieure. Et une vi­tesse in­fé­rieure si­gni­fie une ex­pan­sion li­mi­tée. Le fait est né­gli­geable aux dis­tances de battue, gê­nant pour les tirs loin­tains. Il fal­lut donc ré­duire la masse pour conser­ver une lon­gueur suf­fi­sante. Un pa­ra­mètre que les fran­çais So­logne et Sau­vestre avaient bien in­té­gré, puisque les GPA comme les Fip sont pro­po­sées en deux, voire trois poids dif­fé­rents. Les fa­bri­cants sont donc ar­ri­vés à conce­voir des balles de poids in­ter­mé­diaires, sorte de com­pro­mis entre vi­tesse, ex­pan­sion et conser­va­tion de l’éner­gie pour des ré­sul­tats au­jourd’hui ac­cep­tables et ac­cep­tés pour presque toutes les chasses. Pour en­fon­cer le clou, nombre de fa­bri­cants amé­ri­cains ont pa­ré leurs balles en cuivre de ver­tus ba­lis­tiques exa­gé­rées qui n’ont pas ré­sis­té à l’épreuve de tests sé­rieux et in­dé­pen­dants. Po­ly­va­lentes si on res­pecte cer­taines règles, les mo­no­mé­tal­liques de forme proche d’une balle clas­sique ne confèrent au­cun avan­tage en termes de te­nue au vent ou de chute. Bien sou­vent, c’est même l’in­verse qui est consta­té. Les balles mo­dernes en « al­liages cui­vreux » sont re­dou­tables lorsque la vi­tesse de vos car­touches est éle- vée et que les tirs sont rap­pro­chés. Un avan­tage qu’elles par­tagent avec les balles à noyau sou­dé ou par­ti­tion­né. C’est la rai­son pour la­quelle les mo­no­mé­tal­liques sont plus ef­fi­caces et per­for­mantes qu’une balle clas­sique lors­qu’on res­pecte leur do­maine d’em­ploi et qu’on les place au bon en­droit. Pour au­tant, ce­la n’en fait pas les mer­veilles d’em­ploi uni­ver­sel que le dis­cours mar­ke­ting et pu­bli­ci­taire veut nous faire ava­ler.

Les autres balles mo­dernes

Si noyau sou­dé et cuivre pré­fi­gurent bien ce qu’est une balle mo­derne en 2018, cer­tains fa­bri­cants ont tout de même ten­té d’autres ap­proches et fait d’autres choix, à la fois plus proches des balles clas­siques mais as­so­ciés à une re­cherche de da­van­tage d’ef­fi­ca­ci­té ou de pré­ci­sion, voire des deux. Trois exemples illus­trent par­fai­te­ment cette dé­marche : Tip Strike, ELD-X et Speed Tip Pro. La Hor­na­dy ELD- X et la RWS Speed Tip Pro ont été pen­sées avant tout pour des tirs à dis­tances re­la­ti­ve­ment longues. Ar­rière fuyant, pro­fil aé­ro­dy­na­mique tra­vaillé et coiffes ba­lis­tiques les op­ti­misent pour cet em­ploi. Tou­te­fois, les deux fa­bri­cants ont com­bi­né des tech­niques pour les rendre ef­fi­caces à courte et moyenne por­tée, avec des struc­tures in­ternes per­met­tant de conser­ver une masse suf­fi­sante après une ex­pan­sion im­por­tante. La Speed Tip Pro re­prend les points forts de la H-Man­tel et des Uni/ID et l’ELDX garde son an­neau In­ter­lock pour ver­rouiller le noyau. La Tip Strike de Nor­ma est pen­sée pour la battue ou la mon­te­ria. Sans

boat tail mais avec une ogive très bien cal­cu­lée, une coiffe ba­lis­tique et un an­neau in­terne de ver­rouillage du noyau, c’est une ex­cel­lente balle pour les tirs entre 0 et 400 m, sorte de com­pro­mis entre une Vul­kan, une In­ter­lock et une Bal­lis­tic Tip. J’ai pu es­sayer la Nor­ma et la Hor­na­dy sur des ter­rains va­riés, elles rem­plissent leur rôle à mer­veille, que ce soit au ferme, à la charge ou à plus de 300 m en mon­tagne. Mes com­pères de chasse qui les ont choi­sies ne s’en plaignent pas, bien au contraire. Le chas­seur qui uti­li­sait al­ter­na­ti­ve­ment deux types de balles pour l’ap­proche, la mon­tagne et la battue peut dé­sor­mais n’en choi­sir qu’une. La Nor­ma pour un usage plus orien­té vers la battue, la Hor­na­dy ou la RWS pour un em­ploi da­van­tage

tour­né vers la mon­tagne. Jus­qu’à 300- 400 m, les dif­fé­rences entre elles se­ront faibles. La RWS a été tes­tée par la ré­dac­tion en Afrique du Sud, lors de tirs com­pris entre 200 et 375 m, avec à chaque fois une pé­né­tra­tion et une ex­pan­sion consé­quentes dans un ca­libre ul­tra­ra­pide, le .338 La­pua Ma­gnum. D’autres balles mo­dernes viennent mo­di­fier un peu la vi­sion tra­di­tion­nelle des balles de chasse : les RWS Evo Green et Ge­co Ze­ro. Conçues pour sa­tis­faire des lois en­vi­ron­ne­men­tales, ces deux balles sont sur­tout de re­dou­tables pro­jec­tiles pour ceux qui tirent au­de­là des cent mètres, di­sons entre 100 et 350 m. Pré­ci­sion, ex­pan­sion cer­taine et bonne pé­né­tra­tion mal­gré un poids plume sont leurs avan­tages aux­quels un re­cul très conte­nu ap­porte un énorme plus. En 8 x 57 IRS et en 9,3 x 74 R, elles confèrent une al­longe à un mixte ou un drilling in­con­nue jusque-là. A courte dis­tance, elles dé­truisent un peu de ve­nai­son si elles ne sont pas cof­frées, mais le gi­bier ne part ja­mais bien loin.

La balle est dans votre camp

Les balles mo­dernes, à noyau sou­dé, mo­no­mé­tal­liques, hy­brides ou autres, res­tent des pro­jec­tiles qui su­bissent les lois de la gra­vi­té, des re­tours di­mi­nués, de la ré­sis­tance à l’avan­ce­ment, de la conser­va­tion de l’éner­gie en vol et à l’im­pact. Sans vou­loir pas­ser pour un in­gé­nieur en ba­lis­tique, que je ne suis pas, je vous in­vite sim­ple­ment à dé­fi­nir vos be­soins réels, vos types de chasses et à faire de ra­pides es­sais. Si vous ache­tez quelques boîtes dif­fé­rentes – en par­ta­geant les frais avec des amis aus­si pas­sion­nés que vous –, je suis cer­tain que vous trou­ve­rez « balle à votre ca­non » et que vous sau­rez par­fai­te­ment faire la dif­fé­rence entre le réel et le vir­tuel. Pla­cées dans la panse ou à cô­té de l’ani­mal, les balles mo­dernes ne tue­ront pas plus qu’une vieille balle che­mi­sée. Uti­li­sées avec in­tel­li­gence et en fonc­tion de leurs points forts et de leurs points faibles, elles vous ap­por­te­ront un plus, comme savent le faire les lu­nettes, ca­ra­bines, points rouges, ju­melles et té­lé­mètres mo­dernes. Le ré­sul­tat fi­nal ré­si­de­ra ce­pen­dant dans votre ca­pa­ci­té à at­teindre la zone vi­tale. Pour ce­la, il n’existe qu’une seule so­lu­tion : ti­rer et ti­rer en­core cette balle que vous au­rez choi­sie !

Les Ham­me­rhead de Sa­ko, qui don­ne­ront nais­sance aux Su­per Ham­me­rhead, furent les pre­mières balles à noyau sou­dé eu­ro­péennes.

L’Oryx ra­fle­ra la mise et se­ra la balle à noyau sou­dé la plus connue en Eu­rope. Le plomb est glis­sé dans les cou­pelles, qui de­viennent la che­mise de la balle, puis fon­du ou sou­dé à cette der­nière.

Outre une ex­pan­sion dite « contrô­lée », car fonc­tion de la ré­sis­tance du « ma­té­riau » tra­ver­sé, les balles à noyau sou­dé gardent sou­vent plus de 90 % de leur masse ini­tiale.

La Tro­phy Bon­ded, no­tam­ment la Bear Claw, est l’une des balles à noyau sou­dé pré­fé­rées des can­di­dats au sa­fa­ri.

Grâce à un an­neau In­ter­lock qui main­tient le noyau et la che­mise en­semble, la balle SST de Hor­na­dy se com­porte comme une balle à noyau sou­dé, la pointe plas­tique et une vo­ca­tion longue dis­tance en plus.

Les balles Fu­sion peuvent être qua­li­fiées de « fausses noyaux sou­dés » puisque une fine couche d’al­liage cui­vreux est dé­po­sée sur un noyau de plomb dur­ci et ma­tri­cé par un pro­cé­dé élec­tro­chi­mique.

Les Evo Green ont consi­dé­ra­ble­ment cham­bou­lé notre idée des poids de balle. Une 9,3 Evo Green ne pèse que 11,9 g. En des­sous, les Po­we­rhaed de Sa­ko, des Barnes TTSX, re­con­nais­sables à leur pointe bleue. bleu

Les Si­roc­co pos­sèdent un pro­fil aé­ro­dy­na­mique qui sé­duit les ama­teurs de tirs à longue dis­tance. Est-ce jus­ti­fié ?

La Hit de RWS fait par­tie des nom­breuses nou­velles balles sans plomb. Elle est très proche de la Barnes.

Ge­co nous offre aus­si avec sa balle Ze­ro, sans plomb, des poids plume pour les ca­libres 9 mm : 11,9 g seule­ment !

La Speed Tip Pro est une nou­velle balle conçue pour fonc­tion­ner à haute vi­tesse avec une struc­ture à l’an­cienne mais ren­for­cée et mo­der­ni­sée.

La balle Evo a été la pre­mière balle le à ex­pan­sion contrô­lée et noyau sou­dé dé de RWS, très ef­fi­cace en battue. e.

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