Armes de Chasse

Ori­gi­nal ou presque

Des boî­tiers fi­dèles à « l’Ori­gi­nal Mau­ser »

- Ber­nard Noël, pho­tos FZH Waf­fen GmbH

En Al­le­magne, à Gross­kam­pen­berg dans l’Ei­fel, une ré­gion voi­sine du Luxem­bourg et de la Bel­gique, sont fa­bri­qués d’ex­cel­lents mé­ca­nismes à sys­tème Mau­ser à par­tir de plans Mau­ser ori­gi­naux de 1941. Nous sommes al­lés vi­si­ter l’usine FZH, avec pour guide son fon­da­teur, Georg Heinz.

Ré­gu­liè­re­ment et à grand ren­fort de pu­bli­ci­té, des fa­bri­cants créa­tifs nous livrent des in­no­va­tions en ma­tière de ca­ra­bines à ver­rou, an­non­cées hau­te­ment pré­cises, rem­plies d’as­tuces tech­niques et po­ly­va­lentes. Le mar­ché ne manque pas de suc­cès com­mer­ciaux dans ce do­maine. Mais pour quelle du­rée ? Di­sons, pru­dem­ment, que cer­taines réus­sites sont éphé­mères et leur lon­gé­vi­té in­cer­taine. Pen­dant ce temps, le sys­tème Mau­ser 98 écrit im­per­tur­ba­ble­ment son his­toire… de­puis plus de cent vingt ans. Et le cap des 100 mil­lions d’uni­tés pro­duites a été fran­chi il y a bien long­temps.

Im­mor­tel sys­tème Mau­ser

Pour la seule pé­riode de 1934 à 1945, les dif­fé­rents fa­bri­cants al­le­mands ont pro­duit plus de 14 mil­lions de ca­ra­bines 98k – dont les armes fa­bri­quées sous contrôle al­le­mand en Po­logne, en Tché­co­slo­va­quie et en Au­triche –, aux­quelles s’ajoutent leur pro­duc­tion de la Pre­mière Guerre mon­diale et les in­nom­brables mo­dèles Mau­ser adop­tés dans beau­coup d’autres pays. Certes, des mil­liers de tonnes de ces armes ont fi­ni au pi­lon, mais beau­coup ont sur­vé­cu, trans­for­mées en armes de chasse ou de tir. Elles sont tou­jours là, tel­le­ment fiables avec leur ali­men­ta­tion contrô­lée.

Cer­tains ar­mu­riers ne jurent que par les boî­tiers pro­duits au dé­but du

XXe siècle par DWM, qui sont, c’est in­con­tes­table, ad­mi­ra­ble­ment fi­nis. Pour au­tant, d’autres fa­bri­cants n’écartent pas d’of­fice les mé­ca­nismes plus ré­cents, à com­men­cer par ceux fa­bri­qués pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale. Des ca­té­go­ri­sa­tions trop dé­fi­ni­tives dans les pé­riodes et les ori­gines de fa­bri­ca­tion peuvent faire pas­ser à cô­té d’ex­cel­lents mé­ca­nismes, d’au­tant qu’un ar­mu­rier com­pé­tent sau­ra tou­jours sé­pa­rer le bon grain de l’ivraie et re­pé­rer le po­ten­tiel d’un boî­tier sus­cep­tible d’être amé­lio­ré, voire su­bli­mé. Les sim­pli­fi­ca­tions de fa­bri­ca­tion et de fi­ni­tion in­tro­duites au cours de la guerre sont réelles, néan­moins de bons boî­tiers de cette pé­riode se ren­contrent, y com­pris sur des K98k as­sez tar­difs.

En dé­pit des stocks de pièces d’ori­gine mi­li­taire qui sub­sistent en­core, que les aléas de leur par­cours n’ont pas tou­jours lais­sées en bon état, ain­si que d’an­ciens mé­ca­nismes ci­vils, beau­coup d’ar­mu­riers pré­fèrent dé­sor­mais par­tir de bases neuves pour leurs ca­ra­bines ar­ti­sa­nales. On sait le tra­vail ri­gou­reux que re­pré­sente le re­con­di­tion­ne­ment dans les règles de l’art d’une ac­tion Mau­ser, mi­li­taire ou ci­vile. En outre, la lon­gueur du mé­ca­nisme stan­dard ou d’autres li­mi­ta­tions ne per­mettent pas tou­jours de l’en­vi­sa­ger. Sur ce vo­let, nous vous in­vi­tons à lire ou re­lire les ar­ticles que nous avons consa­crés à la fa­bri­ca­tion d’une ca­ra­bine à par­tir d’un sys­tème Mau­ser, dans les nu­mé­ros 66 et 67 d’Armes de Chasse (3e et 4e tri

mestres 2017). Pour l’heure, en­trons dans le coeur de ce re­por­tage : l’en­tre­prise FZH et ses boî­tiers mo­dernes de haute qua­li­té.

Ça com­mence… tout de suite

Georg Heinz, pas­sion­né de fine mé­ca­nique et d’ou­tillage de pré­ci­sion, fonde sa so­cié­té en 1987. Il se taille ra­pi­de­ment une ex­cel­lente ré­pu­ta­tion au point que l’ar­mée lui passe ré­gu­liè­re­ment com­mandes. En 1998, l’an­née du cen­te­naire de l’adop­tion du Mau­ser 98, il est ap­pro­ché par Man­fred Al­berts, grand nom de l’im­por­ta­tion et de la dis­tri­bu­tion d’armes en Al­le­magne. Les sources d’ap­pro­vi­sion­ne­ment de bons boî­tiers Mau­ser se ta­rissent, tout par­ti­cu­liè­re­ment pour les ac­tions mag­num. Quelques ac­tions neuves ba­sées sur le sys­tème 98 sont bien pro­po­sées, mais elles ne sont pas tou­jours convain­cantes. Elles sont par­fois sim­pli­fiées par rap­port au mé­ca­nisme ori­gi­nal, les aciers uti­li­sés ne sont pas for­cé­ment de la meilleure qua­li­té et la pro­ve­nance exacte pas tou­jours clai­re­ment éta­blie.

Et beau­coup d’entre elles re­quièrent en­core d’im­por­tants tra­vaux de fi­ni­tion. Il se chu­chote que quelques fa­bri­cants se sont mor­du les doigts de les avoir uti­li­sées. Man­fred Al­berts dé­sire pro­po­ser une ex­cel­lente fa­bri­ca­tion à son exi­geante clien­tèle d’ar­mu­riers. Il vient trou­ver Georg Heinz et lui fait une de­mande pré­cise et peu né­go­ciable : fa­bri­quer des sys­tèmes 98 qu’Al­berts ven­dra et dis­tri­bue­ra sous sa marque tout en se ré­ser­vant l’ex­clu­si­vi­té de la pro­duc­tion.

Il faut en­tendre Georg Heinz ra­con­ter le dé­rou­le­ment de cette pre­mière ren­contre, dont il s’amuse en­core vingt ans plus tard : « Je n’étais pas chas­seur et mes seuls contacts avec des armes re­mon­taient à mon ser­vice mi­li­taire – au­tant dire rien qui res­semble à des armes

lé­gères – et voi­là que l’on me de­man­dait tout de go de mettre en route une fa­bri­ca­tion de mé­ca­nismes Mau­ser ! Même avec la mise à dis­po­si­tion des plans, une telle fa­bri­ca­tion n’était pas fa­cile à mettre en place, a for­tio­ri dans un do­maine qui n’était pas le mien. Ce­la pas­sait for­cé­ment par un im­por­tant tra­vail de pro­gram­ma­tion, la mise au point des ou­tillages et j’en passe. Au­tant dire un cer­tain temps, pour ne pas dire un temps cer­tain. Pen­sant dis­po­ser d’un peu de ré­pit pour ré­flé­chir à la ques­tion, je fis quand même quelques ra­pides cal­culs avant d’an­non­cer qu’il fau­drait comp­ter 50 000 Deutsche Marks rien que pour la phase préa­lable. Je n’avais pas ter­mi­né ma phrase qu’Al­berts ré­di­geait un chèque de ce mon­tant et me le ten­dait en m’in­vi­tant à com­men­cer le tra­vail ! Dif­fi­cile de re­cu­ler dans ces condi­tions… Ain­si com­men­ça ç cette col­la­bo­ra­tion. » « Avez-vous dé­jà en­ten­du par­ler d’une né­go­cia­tion com­mer­ciale si promp­te­ment me­née ? » lance Heinz les yeux pé­tillants.

La ba­taille de l’acier

Deux per­son­na­li­tés du monde de l’ar­mu­re­rie ac­com­pagnent le pro­jet dès ses dé­buts : le four­nis­seur Dirk Brink­mann et le fa­bri­cant Theo Jung. On doit à Theo Jung, qui hé­las nous a quit­tés ré­cem­ment, de su­blimes ca ca­ra­bines ra­bines de l’édi­tion Ro­min­ten, du nom du cé­lèbre do­maine de chasse de l’an­cienne Prusse-Orien­tale. Prusse- Orien­tale. C’est lui qui va four­nir les plans ori­gi­naux Mau­ser, da­tés de 1941, tou­jours uti­li­sés au­jourd’hui et stric­te­ment res­pec­tés par FZH.

Les tout pre­miers boî­tiers réa­li­sés à Gross­kam­pen­berg sont usi­nés dans de l’acier 42CrMo4 et ne ren­contrent pas le suc­cès es­pé­ré. La qua­li­té des mé­ca­nismes est là, mais de nom­breux ar­mu­riers re­grettent le choix de cet acier en rai­son de son in­com­pa­ti­bi­li­té avec une trempe jas­pée, qu’af­fec­tionnent les ama­teurs d’armes fines.

Cinq ans plus tard, à l’ex­pi­ra­tion du contrat avec Al­berts, FZH re­prend la fa­bri­ca­tion sous son nom. Sur les conseils de Theo Jung, Heinz ré­ajuste ses choix et opte pour une fi­dé­li­té to­tale aux plans Mau­ser de 1941 : non seule­ment pour p les di­men­sions et les to­lé­rances mais aus­si a pour le choix des aciers. L’acier C35, C uti­li­sé par le fa­bri­cant d’ori­gine, fait fa son re­tour en force. Il s’agit d’un acier aci au car­bone dont le trai­te­ment ther­mique ther­mi ga­ran­tit une ex­cel­lente du­re­té à la sur­face s de la pièce tout en pré­ser­vant la ré­si­lience r en son coeur ; les boî­tiers qui en ré­sultent ne sont pas cas­sants. Cette fois, f le suc­cès est au ren­dez-vous, les te­nants de la tra­di­tion ont ga­gné la ba­taille bat de l’acier ! Pour au­tant, le 42CrMo4 42CrM reste dis­po­nible sur de­mande, tout tou comme l’est l’acier in­oxy­dable et même mê le titane si tel est le sou­hait du client. clie Heinz est tou­te­fois plei­ne­ment convain­cu conv dé­sor­mais que le C35 est bien le l meilleur choix pour le sys­tème 98, en e ver­tu de la flui­di­té qu’il pro­cure au glis­se­ment des pièces en mou­ve­ment e et de sa belle fi­ni­tion. Outre le choix de l’acier, l’éven­tail des options pro­po­sées pro­po­sée est im­pres­sion­nant. Aux trois lon­gueurs lon­gu clas­siques des mé­ca­nismes, ac­tion ac­ti courte, stan­dard ou mag­num, s’ajou­te­ra s’ajout bien­tôt un boî­tier ul­tra­court, idéal pour les ca­libres de type .22 Hor­net ; tous sont pro­po­sés en ver­sion pour gau­cher. Le voile re­liant les ponts peut être lais­sé en­tier ou être frai­sé pour un trou de pouce. Cette dé­coupe est en­core ré­gu­liè­re­ment plé­bis­ci­tée par les clients même si pro­ba­ble­ment plus per­sonne n’uti­lise de lame-char­geur pour ali­men­ter le ma­ga­sin. Il faut sans doute voir dans ce choix à la fois un at­ta­che­ment à l’as­pect tra­di­tion­nel mais aus­si la re­cherche d’une éco­no­mie de poids non né­gli­geable. Beau­coup plus rares sont en re­vanche les de­mandes pour l’in­ébran­lable sû­re­té « dra­peau », la sû­re­té la­té­rale s’est im­po­sée en ver­tu de la sim­pli­fi­ca­tion qu’elle ap­porte pour le mon­tage d’une op­tique.

La re­lime des ponts peut être ar­ron­die comme sur l’ori­gi­nal ou en double

square bridge pour fa­ci­li­ter le mon­tage

d’une op­tique. La hau­teur de la sur­élé­va­tion des em­pla­ce­ments car­rés est lais­sée au choix du client tout comme la forme des évi­de­ments des­ti­nés à re­ce­voir les pieds de lu­nette. La va­riante

single square bridge, avec une sur­élé­va­tion li­mi­tée au pont ar­rière, est éga­le­ment dis­po­nible.

Ce n’est pas tout. FZH pro­pose aus­si deux sys­tèmes dif­fé­rents : non dé­mon­table ou take-down, pour qui sou­haite un dé­mon­tage et une in­ter­chan­gea­bi­li­té ai­sés des ca­nons. Si cette op­tion est re­te­nue, il reste à choi­sir par­mi la qua­ran­taine d’autres ca­rac­té­ris­tiques d’usi­nage ! Ran­gé par ca­rac­té­ris­tiques dans des ar­moires blin­dées, un im­pres­sion­nant stock de jeux de pièces per­met de ré­pondre ra­pi­de­ment à la plu­part des com­mandes cou­rantes. Heinz, qui sait que le temps de fa­bri­ca­tion d’une belle ca­ra­bine ar­ti­sa­nale est for­cé­ment long, es­time qu’un ar­mu­rier ne peut pas se per­mettre d’al­lon­ger en­core les dé­lais de li­vrai­son faute de dis­po­ser des pièces es­sen­tielles pour dé­bu­ter son tra­vail. Ce stock im­por­tant est l’as­su­rance pour l’in­dus­triel de pou­voir li­vrer vite, dans un dé­lai de quelques jours à quatre se­maines après la com­mande.

Sus­cep­ti­bi­li­tés et omis­sions

Mal­gré la dé­cli­nai­son des ver­sions cou­ram­ment dis­po­nibles chez FZH, il est fré­quent que des ar­mu­riers sou­haitent en­core mo­di­fier tel ou tel autre dé­tail dans l’usi­nage et la re­lime pour per­son­na­li­ser l’em­blé­ma­tique sys­tème 98. Ces pe­tits chan­ge­ments sont vo­lon­tiers ac­cep­tés par Georg Heinz mais lui im­posent la plus grande vi­gi­lance avant de les va­li­der. Il s’agit en ef­fet de mé­na­ger les sus­cep­ti­bi­li­tés de chaque fa­bri­cant ! D’au­cuns consi­dèrent que dès lors qu’ils ont de­man­dé une mo­di­fi­ca­tion par­ti­cu­lière, celle-ci de­vient l’ex­clu­si­vi­té de leur fa­bri­ca­tion et ils n’en­tendent pas les re­trou­ver sur des mé­ca­nismes li­vrés à un concur­rent. « Je dois gar­der en mé­moire l’his­to­rique des de­si­de­ra­ta de mes clients pour évi­ter

l’in­ci­dent di­plo­ma­tique » , ré­sume en sou­riant le pa­tron de FZH.

Les boî­tiers sont réa­li­sés sur des centres d’usi­nage à cinq axes. Se­lon les ca­rac­té­ris­tiques re­te­nues, l’usi­nage d’un boî­tier re­quiert quatre à cinq heures. Les ma­chines à com­mande nu­mé­rique per­mettent énor­mé­ment de sou­plesse de fa­bri­ca­tion et, as­so­cié à une pro­gram­ma­tion plei­ne­ment maî­tri­sée, le des­sin par or­di­na­teur a ap­por­té une vé­ri­table ré­vo­lu­tion dans le monde de la mé­ca­nique. Tout est ti­ré hors masse et l’idée de re­cou­rir à la mi­cro­fu­sion n’ef­fleure même pas Georg Heinz.

FZH pro­duit en­vi­ron 150 boî­tiers par an, mar­qués de son lo­go (les lettres

FZH dans un ovale) et nu­mé­ro­tés. Une pra­tique cou­rante dans le monde de l’ar­mu­re­rie est d’ef­fa­cer les mar­quages des dif­fé­rents sous- trai­tants pour ne gar­der que ce­lui de l’ar­mu­rier. « Pour beau­coup de col­lec­tion­neurs, seul compte au fi­nal le nom que porte l’arme ter­mi­née ; on peut com­pa­rer la si­gna­ture de l’ar­mu­rier à celle ap­po­sée

sur un ta­bleau de maître » , com­mente, ma­gna­nime, Georg Heinz.

Et pour­tant, quelle me­nace court un ar­mu­rier, a for­tio­ri ré­pu­té, à rendre vi­sibles les noms de ceux qui lui per­mettent de réa­li­ser ses chefs-d’oeuvre ? Heu­reu­se­ment, cer­taines tra­di­tions, aus­si in­fon­dées que te­naces, fi­nissent par évo­luer. Son­geons qu’il y a un siècle, même les noms des plus grands gra­veurs étaient pas­sés sous si­lence. Une omis­sion in­con­ce­vable au­jourd’hui !

Cha­cun est le bien­ve­nu à Gross­kam­pen­berg

Outre des mé­ca­nismes com­plets, FZH com­mer­cia­lise les pièces dé­ta­chées du sys­tème 98, ain­si que les anneaux des mon­tages de lu­nette, entre autres. La firme pro­pose éga­le­ment aux ar­ti­sans qui n’ont pas les équi­pe­ments né­ces­saires pour réa­li­ser cer­taines pièces ou cer­tains usi­nages dé­li­cats de ve­nir le faire dans ses ate­liers. Les ar­mu­riers sont les bien­ve­nus dans les ate­liers, ils sont même en­cou­ra­gés à ve­nir as­sis­ter à l’usi­nage du mé­ca­nisme Mau­ser. La trans­pa­rence à tous les stades de la fa­bri­ca­tion est une va­leur es­sen­tielle pour Georg Heinz, la base sur la­quelle il a cons­truit la confiance ré­ci­proque qui le lie à ses clients. Une telle ou­ver­ture n’est pas la règle chez tous les sous-trai­tants. L’in­dus­trie aé­ro­nau­tique re­pré­sente la prin­ci­pale des­ti­na­tion de la pro­duc­tion de FZH. Un do­maine s’il en est qui exige une pré­ci­sion ex­trême et im­pose des normes de fa­bri­ca­tion d’une ri­gueur ex­cep­tion­nelle. C’est en soi une carte de vi­site pour tous les autres clients de la firme. La fa­bri­ca­tion des boî­tiers Mau­ser re­pré­sente au­jourd’hui au­tour de 20 % de son ac­ti­vi­té. Ar­mu­riers et chas­seurs oc­cupent donc une place im­por­tante dans sa clien­tèle. Un ma­ga­sin a été ou­vert sur le site à leur in­ten­tion ain­si qu’une ins­tal­la­tion de tir sur écran. Car on chasse beau­coup dans l’Ei­fel.

FZH em­ploie dix-sept per­sonnes, dont deux ar­mu­riers, qui peuvent réa­li­ser tous les tra­vaux clas­siques et même fa­bri­quer en­tiè­re­ment des armes. Sur le prin­cipe, il est donc pos­sible de faire ter­mi­ner la fi­ni­tion des boî­tiers et des ca­ra­bines sur place. Mais chaque ar­ti­san a ses propres concep­tions et sa patte pour me­ner les stades ul­times de la fa­bri­ca­tion – re­lime, de­gré de po­lis­sage, to­lé­rances… C’est aus­si là que se joue la per­son­na­li­té d’une arme fine. Qui pense qu’ajus­ter un ver­rou est une chose ba­nale se trompe. La ma­nière dont est res­sen­ti le mou­ve­ment du ver­rou, un ajus­tage plus ou moins ser­ré : ce genre de « dé­tail » n’est pas loin de consti­tuer une marque de fa­brique pour des mai­sons ré­pu­tées.

La pile de ma­ga­zines par­lant de FZH, mis à la dis­po­si­tion des vi­si­teurs à l’ac­cueil, en dit long g sur les réa­li­sa­tions du fa­bri­cant. À l’is­sue de notre ren­contre, Georg nous a pré­sen­té son fils, Phi­lipp, à qui il a trans­mis sa pas­sion pour la mé­ca­nique de haute pré­ci­sion. La suc­cess sto­ry n’est pas près de s’ar­rê­ter.

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 ??  ?? Au pre­mier plan, la cu­lasse Mau­ser, au se­cond celle de FZH. Seule leur sû­re­té, à dra­peau ou la­té­rale, les dif­fé­ren­cie.
Au pre­mier plan, la cu­lasse Mau­ser, au se­cond celle de FZH. Seule leur sû­re­té, à dra­peau ou la­té­rale, les dif­fé­ren­cie.
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Georg Heinz, le fon­da­teur, et son fils Phi­lipp. Georg di­rige la pro­duc­tion du sys­tème 98 et Phi­lipp a dé­jà pris en main cer­tains autres pans de l’ac­ti­vi­té de FZH.
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En de­hors des mé­ca­nismes de lon­gueurs dif­fé­rentes et outre un grand nombre d’options de base, des adap­ta­tions res­tent pos­sibles.
 ??  ?? Des plans ori­gi­naux de chez Mau­ser da­tant de 1941 ont ser­vi de base à la fa­bri­ca­tion des mé­ca­nismes 98 de chez FZH.
Le boî­tier est usi­né dans une barre d’acier de forte sec­tion, il faut de nom­breuses étapes pour ar­ri­ver au des­sin fi­nal.
Le boî­tier de cu­lasse du mé­ca­nisme à trois étapes de sa concep­tion.
La pro­duc­tion de boî­tiers Mau­ser conformes aux ori­gi­naux passe aus­si par le re­cours au pal­peur la­ser.
Des plans ori­gi­naux de chez Mau­ser da­tant de 1941 ont ser­vi de base à la fa­bri­ca­tion des mé­ca­nismes 98 de chez FZH. Le boî­tier est usi­né dans une barre d’acier de forte sec­tion, il faut de nom­breuses étapes pour ar­ri­ver au des­sin fi­nal. Le boî­tier de cu­lasse du mé­ca­nisme à trois étapes de sa concep­tion. La pro­duc­tion de boî­tiers Mau­ser conformes aux ori­gi­naux passe aus­si par le re­cours au pal­peur la­ser.
 ??  ?? Tous les boî­tiers sont me­su­rés et vé­ri­fiés, ils ne doivent en au­cun cas sor­tir des me­sures dé­fi­nies. Ici, l’oeil de l’ar­mu­rier prend le re­lais des ou­tils de me­sure élec­tro­nique.
FZH a in­ves­ti dans des centres d’usi­nage ul­tra­mo­dernes pour la réa­li­sa­tion de ses boî­tiers, pro­po­sés en simple ou double square bridge comme avec une re­lime des ponts ar­ron­die.
Un boî­tier pour très pe­tites car­touches va bien­tôt s’ajou­ter à la gamme.
Au fil des an­nées, Georg Heinz a di­ver­si­fié son offre et pro­pose dé­sor­mais de nom­breuses dé­cli­nai­sons de son sys­tème ori­gi­nal.
Tous les boî­tiers sont me­su­rés et vé­ri­fiés, ils ne doivent en au­cun cas sor­tir des me­sures dé­fi­nies. Ici, l’oeil de l’ar­mu­rier prend le re­lais des ou­tils de me­sure élec­tro­nique. FZH a in­ves­ti dans des centres d’usi­nage ul­tra­mo­dernes pour la réa­li­sa­tion de ses boî­tiers, pro­po­sés en simple ou double square bridge comme avec une re­lime des ponts ar­ron­die. Un boî­tier pour très pe­tites car­touches va bien­tôt s’ajou­ter à la gamme. Au fil des an­nées, Georg Heinz a di­ver­si­fié son offre et pro­pose dé­sor­mais de nom­breuses dé­cli­nai­sons de son sys­tème ori­gi­nal.
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Une ca­ra­bine en­tiè­re­ment ter­mi­née chez
FZH sur la base du mé­ca­nisme pro­duit dans la mai­son. Le ré­sul­tat est par­fait. La firme pro­pose même deux sys­tèmes take-down dif­fé­rents.
L’usine, ou plu­tôt le vaste ate­lier, où 17 per­sonnes tra­vaillent à plein temps. Une ca­ra­bine en­tiè­re­ment ter­mi­née chez FZH sur la base du mé­ca­nisme pro­duit dans la mai­son. Le ré­sul­tat est par­fait. La firme pro­pose même deux sys­tèmes take-down dif­fé­rents.

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