NO­BU­HI­RO SU­WA le lion est mort ce soir

Sor­tie en salles le 27 dé­cembre 2017

Art Press - - ÉVÉNEMENT - Em­ma­nuel Bur­deau

C’est une his­toire simple que conte le ci­néaste ja­po­nais No­bu­hi­ro Su­wa dans son der­nier film, le Lion est mort ce soir : Jean, un ac­teur rat­tra­pé par le pas­sé, in­car­né par Jean-Pierre Léaud, rend vi­site à une an­cienne amie et s’ins­talle dans une mai­son aban­don­née où vé­cut, na­guère, Ju­liette, le grand amour de sa vie ; une bande d’en­fants du quar­tier dé­couvre la même de­meure. Ce qui de­vait être un dia­logue entre un homme et une femme devient une ren­contre entre un vieil homme et des en­fants. Mais un écho lu­gubre se fait en­tendre par­mi les jeux et les rires : ce­lui du glis­se­ment cer­tain vers la mort.

No­bu­hi­ro Su­wa avait dé­jà tour­né un film sur le cinéma : c’était H Sto­ry, en 2001, dans le­quel se dé­lite peu à peu la ten­ta­tive, certes té­mé­raire, de me­ner à bien la réa­li­sa­tion d’un re­make d’Hi­ro­shi­ma mon amour. Il avait dé­jà tour­né un film en France, avec des ac­teurs fran­çais cé­lèbres : c’était Un couple par­fait en 2005, dans le­quel Va­le­ria Bru­ni-Te­des­chi et Bruno To­des­chi­ni mettent presque deux heures à ne pas se quit­ter. Su­wa avait éga­le­ment dé­jà tour­né deux films avec des en­fants : M/Other en 2000, où un jeune gar­çon in­tro­duit la dis­corde au sein d’un mé­nage, et sur­tout Yu­ki & Ni­na, en 2009, où une jeune Fran­çaise et une jeune Ja­po­naise fuguent dans la fo­rêt afin de n’être pas sé­pa­rées. Le ci­néaste ja­po­nais n’avait pour­tant ja­mais ris­qué de faire tout ce­la en­semble : un film en France, sur le cinéma, avec des en­fants. Ceux qui ad­mirent son oeuvre au­ront le plus grand mal à se per­sua­der qu’avec le Lion est mort ce soir, No­bu­hi­ro Su­wa ait pu réa­li­ser un film-somme au sein du­quel les dif­fi­cul­tés s’ad­di­tion­ne­raient les unes aux autres. Ils au­ront rai­son : sa ma­nière, qui a tou­jours été sous­trac­tive, conti­nue de l’être avec cette his­toire d’un ac­teur sur le re­tour, Jean, pro­fi­tant d’une in­ter­rup­tion de tour­nage, dans le sud de la France, pour re­nouer avec le fan­tôme d’une femme na­guère ai­mée, tan­dis qu’au­tour de lui s’agite un groupe d’en­fants dou­blés d’ap­pren­tis ci­néastes.

SOUS­TRAC­TION

Chez Su­wa, la sous­trac­tion n’est pas seule­ment le signe d’une fi­dé­li­té à la grande mo­der­ni­té ci­né­ma­to­gra­phique, celle des an­nées 1960, dont il est, si­non l’un des rares, du moins l’un des meilleurs conti­nua­teurs. Il ne suf­fit pas d’en­le­ver des épais­seurs de sens ou d’image, ni de conti­nuer à croire dans la ca­pa­ci­té du cinéma à en­re­gis­trer ce qui est, et donc à en ré­vé­ler le po­ten­tiel d’émer­veille­ment ou de grâce. Ce que Su­wa sous­trait est plus es­sen­tiel. C’est lui-même, c’est la fi­gure de l’au­teur en tant qu’or­ga­ni­sa­teur et pro­prié­taire de ce qui pa­raît à l’image. Le cinéma de Su­wa est une dé­pos­ses­sion. Il est sans soi. C’est un cinéma qui ne re­cherche rien d’autre qu’à en­trer en contact avec ce qu’il n’est pas en me­sure de com­prendre, en­core moins de maî­tri­ser : la langue fran­çaise, dans la­quelle il tourne de­puis main­te­nant quatre films sans en connaître da­van­tage que des ru­di­ments ; l’en­fance, qu’il ne cherche pas à ap­pri­voi­ser, même s’il a mon­té de vé­ri­tables ate­liers de cinéma en amont du tour­nage et as­so­cié son jeune cas­ting à l’écri­ture du scé­na­rio ; la mo­der­ni­té en­fin, re­pré­sen­tée par son tré­sor même, Jean-Pierre

Léaud, dans le rôle d’un vieux lion voyant ap­pro­cher à grands pas le mo­ment de prendre congé.

PA­RA­DOXE

Ce film est une sorte de pa­ra­doxe. Il ad­di­tionne les mar­queurs de la mo­der­ni­té – mise en abîme, en­fance –, mais re­pose sur peu de chose. Si­non rien, rien en tout cas qui se puisse pos­sé­der, rien qu’on puisse croire te­nir dans la main. Il est la fra­gi­li­té même. Plu­sieurs fois, on croit voir le lion s’écrou­ler, sans qu’on sache si c’est sous le poids des mar­queurs ci­tés ou si c’est parce qu’il s’est consti­tué une cui­rasse trop peu so­lide. Trop d’en­fance ou trop de ré­fé­rences ? Trop de naï­ve­té ou trop de science ? Im­pos­sible à dire. Les ren­contres au sein d’une de­meure vide entre Jean et son amour na­guère sui­ci­dé re­gardent vers le fan­tas­tique – fan­tôme, bou­gies, mi­roirs –, tan­dis qu’au contraire les rires, les bê­tises et les ma­ni­gances de la pe­tite troupe ra­mènent vers un cer­tain pro­saïsme do­cu­men­taire. La chaude lu­mière com­po­sée par Tom Ha­ra­ri, di­rec­teur de la pho­to­gra­phie, est vouée aus­si bien à exal­ter le so­leil du Mi­di qu’à ac­com­pa­gner les bas­cu­le­ments dans l’ima­gi­naire. Il se trouve aus­si un pa­ra­doxe plus pro­fond ailleurs. Ce n’est pas seule­ment ce­lui d’un film qui ad­di­tionne et sous­trait, un film qui est en même temps bai­gné de clar­té et de té­nèbres, qui évoque mille sou­ve­nirs tout en ne res­sem­blant à rien. C’est le pa- ra­doxe d’un film sur la mort qui se­rait gai. Tout est ex­pri­mé dans le titre, ce re­frain qu’un soir, au Ja­pon, Su­wa en­ten­dit chan­ter par Léaud, dont il gar­da le sou­ve­nir et que, dans un bus, Léaud re­chante ici à tue-tête avec un en­train bou­le­ver­sant. Jean com­mence par faire va­loir, lors de la scène de tour­nage qui ouvre le film, que la mort ne se joue pas : elle est une ren­contre qu’on ne sau­rait ré­pé­ter. Dans quelle me­sure la suite, la ren­contre avec les en­fants, la ma­nière dont il se trouve im­pli­qué dans leur propre aven­ture ci­né­ma­to­gra­phique, va lui don­ner tort, et lui prou­ver que la mort peut en­core être du do­maine du jeu, c’est là toute l’affaire nar­ra­tive et al­lé­go­rique du film. Toute son in­quié­tude et toute sa joie. À cet égard non plus, les choses ne sont pas tran­chées, si­non pour lais­ser en­tendre qu’il existe un art lé­ger de se di­ri­ger vers sa propre fin.

IN­TER­MIT­TENCES

Il y a peut-être deux types de ci­néastes. Ceux pour les­quels le cinéma est rare et dif­fi­cile à ob­te­nir, pour les­quels on n’y touche, comme à une terre pro­mise, qu’après de lourds ef­forts et au prix d’une ma­chi­ne­rie à la fois ma­té­rielle et ima­gi­naire. Et ceux pour les­quels le cinéma est tou­jours dé­jà là : il n’est pas une des­ti­na­tion mais une de­meure, pas une conquête mais une don­née, et cette don­née est pu­re­ment tech­nique ; le cinéma, c’est la ca­mé­ra. No­bu­hi­ro Su­wa ap­par­tient a prio­ri à la se­conde ca­té­go­rie, no­tam­ment re­pré­sen­tée par Jean Eus­tache, dont la Ma­man et la pu­tain est ci­té à tra­vers une brève scène de re­trou­vailles entre Léaud et Isa­belle Wein­gar­ten, et à qui on doit la phrase : « La ca­mé­ra tourne, le cinéma se fait. » Je pré­fère tou­te­fois pen­ser que le Ja­po­nais ap­par­tient à une troi­sième ca­té­go­rie en­core. Il me semble qu’il pour­rait faire par­tie – avec qui ? – des ci­néastes pour qui le cinéma n’est ni fa­cile ni dif­fi­cile. Ni art ni tech­nique, il n’est qu’in­ter­mit­tences. Tout ce qu’on dé­ploie pour le rendre pos­sible peut aus­si bien concou­rir à le ra­ter, à le ra­ter en­core, voire à le ra­ter mieux, se­lon la for­mule consa­crée (1). In­ver­se­ment, tout ce qu’on met en oeuvre pour le fuir peut per­mettre de le faire ad­ve­nir. Je ne vois pas comment re­gar­der au­tre­ment qu’au sein de cette drôle d’al­ter­na­tive ce film à la fois ban­cal et beau. Tout ce qui l’ap­prête, le « mé­ta », les ci­ta­tions, la pré­sence de Léaud, le met éga­le­ment à nu. Et tout ce qui le désha­bille – l’en­fance, la lon­gueur des plans, la min­ceur de l’in­trigue – peut éga­le­ment lui faire la plus belle des pa­rures. Une der­nière re­marque, un der­nier pa­ra­doxe: dès son titre, le Lion est mort ce soir fait écho à la Mort de Louis XIV (2) au sein de la fil­mo­gra­phie ré­cente de Jean-Pierre Léaud dont on rap­porte que, le pre­mier, il a sou­ri à l’idée que tous les films où il joue­ra dé­sor­mais met­tront en scène sa mort. Bien que hor­mis la rime des titres et celle de leurs noms, il y ait peu de res­sem­blances entre les films d’Al­bert Ser­ra et de No­bu­hi­ro Su­wa, il est no­table que l’un et l’autre se soient em­ployés à faire du­rer l’at­tente de cette mort de fa­çon à rendre celle-ci aus­si iné­luc­table qu’in­con­ce­vable. Dans quelle me­sure l’im­pos­sible mort de Léaud ap­par­tien­dra-t-elle en­core au cinéma ? Là est la ques­tion, la sienne et la nôtre. À son su­jet nous ne sa­vons rien, si­non qu’il fau­dra de nom­breux films en­core pour y ré­pondre.

——— No­bu­hi­ro Su­wa pre­vious­ly made a mo­vie about mo­vies, the 2001 H Sto­ry, which lit­tle by lit­tle turns out to be a brave at­tempt at a re­make of Hi­ro­shi­ma mon amour. He pre­vious­ly made a film in France with well-known French ac­tors, Un couple par­fait (2005), in which Va­le­ria Bru­ni-Te­des­chi and Bruno To­des­chi­ni spend al­most two hours not lea­ving one ano­ther. Su­wa al­so pre­vious­ly made two films with chil­dren, M/Other in 2000, where a young boy brings dis­cord in­to a hou­se­hold, and es­pe­cial­ly Yu­ki & Ni­na, in 2009, where two young girls, one French and the other Ja­pa­nese, take refuge in a fo­rest to avoid being se­pa­ra­ted. But this Ja­pa­nese film­ma­ker never be­fore da­red to do all these things at once: a film made in France, about films, with chil­dren. Those who ad­mire his work will— right­ly—find it hard to be­lieve that with The Lion Is Dead To­night, Su­wa has made a mo­vie in which dif­fi­cul­ties are ad­ded up one af­ter ano­ther.They will be right. His style has al­ways been sub­trac­tive. It re­mains so in this sto­ry of an aging ac­tor, Jean, who takes ad­van­tage of a break in a film shoot in the south of France to re-es­ta­blish contact with the ghost of a wo­man he once lo­ved while sur­roun­ded by a group of chil­dren who be­come ap­pren­tice film­ma­kers.

SUB­TRAC­TION

If Su­wa is not alone in his ad­mi­ra­tion for the New Wave, he is one of its most outs­tan­ding conti­nua­tors. But his ap­proach is more not just a si­gn of his fi­de­li­ty to the aes­the­tics of sub­trac­tion that cha­rac­te­ri­zed the great mo­dern ci­ne­ma­tic tradition of the 1960s. It is not en­ough to re­move layers of mea­ning and images, or to go on be­lie­ving in ci­ne­ma’s abi­li­ty to re­veal the po­ten­tial en­chant­ment of what is, its grace. What Su­wa re­moves is even more es­sen­tial: him­self, the fi­gure of the au­teur as the or­ga­ni­zer and ow­ner of what ap­pears in the image. Su­wa’s ci­ne­ma is one of dis­pos­ses­sion. He seeks to be ego­less. It is a ci­ne­ma that seeks no­thing more than to come in­to contact with what it is not able to un­ders­tand, still less mas­ter: the French lan­guage, the lan­guage in which he has now made four films, even though his grasp of it is ru­di­men­ta­ry; child­hood, which he does not seek to tame even if he holds film work­shops be­fore shoo­ting his mo­vies and teaches his young cast how to write a sce­na­rio; and, fi­nal­ly, mo­der­ni­ty it­self, re­pre­sen­ted by its je­wel, Jean-Pierre Léaud, who plays an old lion ra­pid­ly ap­proa­ching his fi­nal bow.

PA­RA­DOX

This film is a sort of pa­ra­dox. It adds one mar­ker of mo­der­ni­ty af­ter ano­ther—mise-en-abyme, child­hood—but its foun­da­tions are un­sub­stan­tial, maybe even non-existent, cer­tain­ly no­thing you could ac­tual­ly hope to get a hold of. They are fra­gi­li­ty it­self. Re­pea­ted­ly in this mo­vie it seems like the lion is on the point of col­lapse, wi­thout our being able to tell if it’s un­der the weight of the pre­vious­ly men­tio­ned mar­kers or be­cause the ar­mor he has made for him­self is not so­lid en­ough. Too much child­hood or too ma­ny re­fe­rences? Too much nai­ve­ty or too much science? Im­pos­sible to say. The en­coun­ters in that emp­ty house, bet­ween Jean and his lo­ver who com­mit­ted sui­cide, tend to­ward a phan­tas­ma­go­ric at­mos­phere—a ghost, candles and mir­rors, while, on the contra­ry, the giggles, foo­li­sh­ness and lit­tle tricks of the gaggle of chil­dren sug­gest a pro­saic do­cu­men­ta­ry. The warm light em­ployed by pho­to­gra­phy di­rec­tor Tom Ha­ra­ri is sui­ted to both the sou­thern sun and the sud­den shifts in­to the realm of the ima­gi­na­tion. There is al­so a more pro­found pa­ra­dox. This is not on­ly a film that adds and sub­tracts, si­mul­ta­neous­ly ba­thed in sha­dows and light, evo­king a thou­sand me­mo­ries but no real re­sem­blances. It is al­so a cheer­ful mo­vie about death. This is ex­pres­sed by the title it­self, a song that one night, in Ja­pan, Su­wa heard Léaud sing. It stuck in his me­mo­ry. In the film, on a bus Léaud sings it again at the top of his voice, with a stun­ning en­thu­siasm. In the scene about shoo­ting a mo­vie with which this mo­vie be­gins, Jean as­serts that death is not a game but a one-time en­coun­ter. He’s pro­ven wrong in his in­ter­ac­tion with the chil­dren, the way he be­comes en­ga­ged in their own film­ma­king. The mo­vie’s nar­ra­tive and al­le­go­ri­cal di­men­sion, its dis­quiet and its joy, de­mons­trate that ac­tual­ly, you can play with death. Here too, no­thing is clear­ly sta­ted. It is sim­ply im­plied that there is an art­ful light­ness with which one can move to­ward one’s end.

INTERMITTENCE

It may be that there are two types of film­ma­ker. One is those for whom ci­ne­ma is rare and dif­fi­cult, a pro­mi­sed land where they do not dare ven­ture wi­thout se­rious pre­pa­ra­tions and with the aid of a whole ma­te­rial and in­tel­lec­tual ma­chi­ne­ry. The other is those for whom ci­ne­ma is al­ways al­rea­dy there, not a des­ti­na­tion but a home, not a conquest but a gi­ven, and this gi­ven is pu­re­ly tech­ni­cal: ci­ne­ma is a ca­me­ra. Su­wa might be thought a mem­ber of the se­cond ca­te­go­ry, re­pre­sen­ted es­pe­cial­ly by Jean Eus­tache whose La Ma­man et la pu­tain Su­wa cites in a brief scene where Léaud and Isa­belle Wein­gar­ten are reu­ni­ted. It was Eus­tache who said, “The ca­me­ra rolls, a film is made.” But I’d pre­fer to think that Su­wa be­longs to a third ca­te­go­ry, al­though I’m not sure who else is in it: film­ma­kers for whom ma­king mo­vies is nei­ther ea­sy nor hard. Nei­ther a ques­tion of art not a tech­ni­cal ques­tion, just in­ter­mit­tences. Eve­ry­thing used to make it pos­sible could just as ea­si­ly fail, fail again, fail bet­ter, as the text has it.(1) Con­ver­se­ly, eve­ry­thing used to flee from it could just as ea­si­ly bring it in­to being. I don’t know how else to see this si­mul­ta­neous­ly pre­ca­rious and beau­ti­ful film ex­cept from that odd, bi­na­ry pers­pec­tive. Eve­ry­thing that pro­vides the “meta,” the ci­ta­tions and the pre­sence of Léaud, al­so strips it na­ked. And eve­ry­thing that un­dresses it—child­hood, the ex­ten­ded length of the shots, the slen­der­ness of the plot—could al­so clothe it most hand­so­me­ly. A fi­nal re­mark, fi­nal pa­ra­dox: the title of this mo­vie, The Lion Is Dead To­night, re­fe­rences La Mort de Louis XIV,( 2) a recent ad­di­tion to Léaud’s fil­mo­gra­phy, where he is said to have smi­led at the idea that from now on eve­ry film he ac­ted in would fea­ture his death. Al­though the films of Al­ber­to Ser­ra and Su­wa have lit­tle in com­mon be­sides si­mi­lar titles and the rhy­ming of the di­rec­tors’ names, it’s no­table that both pro­lon­ged the awai­ting of death in their res­pec­tive work so as to ren­der that fi­na­li­ty as in­eluc­table as it is in­con­cei­vable. To what de­gree will the im­pos­sible death of Léaud still be­long to ci­ne­ma? That’s the ques­tion, for him and for us. We don’t know any­thing about that, ex­cept that it will take ma­ny more mo­vies be­fore an ans­wer is pos­sible.

Em­ma­nuel Bur­deau Trans­la­tion, L-S Tor­goff

Tous les vi­suels / all images: No­bu­hi­ro Su­wa. « Le lion est mort ce soir ». 2017. Avec Jean-Pierre Léaud (© Shel­lac)

(1) “All of old. No­thing else ever. Ever tried. Ever fai­led. No mat­ter. Try again. Fail again. Fail bet­ter.” Sa­muel Be­ckett, Wor­se­ward Ho, John Cal­der, 1983. (2) See art­press 437, Oc­to­ber 2016.

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