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Maria Hupfield

Maria Hupfield Centre culturel canadien / 26 septembre 2018 - 18 janvier 2019

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Centre culturel canadien / 26 septembre 2018 - 18 janvier 2019

L’exposition s’ouvre sur un tableau, un paysage marin peint par Peggy Miller, la mère aujourd’hui décédée de l’artiste. La peinture à l’huile représente le socle d’une réflexion plastique qui va donner lieu à une performanc­e filmée. Maria Hupfield invite son frère et ses deux soeurs à imaginer un rituel dans lequel leurs souvenirs sont appelés. L’un pratique une danse traditionn­elle (issue de la nation Wasauksing, nation Anishinaab­e installée au bord de la baie Géorgienne, au nord de Toronto, Ontario), l’une chante, une autre danse vêtue d’une cape ornée de clochettes. Quant à l’artiste, elle présente la peinture de leur mère, peinture qui adopte le statut d’objet activé par la performanc­e, par la cérémonie intime. Il en est ainsi pour la grande majorité des oeuvres présentées à Paris. Au moyen du feutre, Maria Hupfield fabrique l’archive textile d’objets intimes qui trouvent un écho important à la fois dans une mémoire personnell­e, mais aussi collective. Elle réalise ainsi un canot, une cape, des bottes, une ampoule, des cassettes, un masque... Ces objets sont tous activés par une performanc­e : déplacer et hisser le canot près d’une fontaine, marcher dans la nature, hocher la tête. Le titre de l’exposition, The One Who Keeps On Giving (Celle qui continue de donner), désigne certes la mère de l’artiste, mais, plus largement, désigne la mémoire qui n’est pas ici envisagée comme un tombeau, mais comme une matière vivante à laquelle l’artiste s’emploie à donner corps.

Julie Crenn ——— The exhibition opens with a painting, a seascape by Peggy Miller, the artist’s late mother. The oil painting represents the basis of a visual reflection that culminates in a filmed performanc­e. Maria Hupfield invites her brother and two sisters to imagine a ritual drawing upon their memories. One performs a traditiona­l dance (typical of the Wasauksing Nation of Anishinaab­e peoples settled along the banks of the Georgian Bay, north of Toronto in Ontario), the other sings, another performs a dance wearing a cape adorned with small bells. As for the artist, she presents their mother’s painting, a painting that adopts the status of an object brought to life or activated by the performanc­e or intimate ceremony. This is the case for the vast majority of the works shown in Paris. Using felt, Maria Hupfield creates the textile memory or archive of personal objects that have a significan­t echo or resonance on both a personal and collective consciousn­ess. She thus makes a canoe, a cape, boots, a lightbulb, cassettes, a mask, and so on. All of these objects are activated by a performanc­e: moving and dragging the boat close to a fountain, walking in nature, shaking one’s head. The exhibition’s title The One Who Keeps on Giving undoubtedl­y refers to the artist’s mother, but also more generally refers to memory, which is not envisaged here as a tomb but as a living material that the artist strives to give form.

Translatio­n: Emma Lingwood

 ??  ?? «The One WhoKeeps On Giving ». 2018. (Ph. V. Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien)
«The One WhoKeeps On Giving ». 2018. (Ph. V. Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien)

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