Art Press

BLACK POWER

- Frédérique Joseph-Lowery

À New York, ces mois-ci, importante actualité autour de la représenta­tion des

Noirs dans la peinture, ainsi que de la participat­ion des artistes noirs à l’histoire

de l’art. L’une de ces exposition­s sera accueillie au musée d’Orsay au printemps prochain. Des découverte­s sont à faire, en essayant toutefois de ne pas importer en France les excès du

politicall­y correct !

Le musée du Louvre (1) propose à ses visiteurs amateurs de rap une visite des chefsd’oeuvre avec, pour guides, Beyoncé et son mari Jay-Z. Ceux-ci ont posé devant tableaux et sculptures dans leur clip Apeshit (Merde de singe) pour rappeler qu’ils sont noirs, riches et aussi beaux que la Joconde, ou qu’il suffit à la chanteuse américaine de se vêtir d’une ample robe blanche et de se trémousser dans le grand escalier aux pas d’une pseudo-transe africaine pour être aussi fascinante que la Victoire de Samothrace. En mars prochain, le musée d’Orsay accueiller­a l’exposition Posing Modernity: The Black Model from Manet and Matisse to Today (2), centrée sur les modèles noires dans la peinture moderne et que nous avons « excisées » car nous avons exclu ces femmes de notre histoire de la peinture française. Vous avez bien lu : « excisées ». C’est le terme qu’emploie, dans le catalogue, Denise Murrell, cocommissa­ire de l’exposition qui a débuté le 24 octobre à Harlem, à la Wallach Art Gallery, nouveau lieu d’exposition de Columbia University. Par cette exposition, la présidente des musées d’Orsay et de l’Orangerie, Laurence des Cars, espère attirer « le public qui pourrait se sentir exclu du musée. [...] C’est très important de réactiver la façon dont nous regardons les oeuvres », déclare-t-elle au New York Times (3). Quel est ce nouveau regard ? Regarder les Noirs. Reconnaîtr­e que, dans la peinture, il y a des Noirs. Dans un de nos chefs-d’oeuvre : l’Olympia de Manet, une servante noire est peinte à l’arrière-plan de la toile. C’est elle qu’il s’agit de faire passer devant. Et c’est avec elle qu’une cohorte de Noires (l’exposition se concentre sur la femme) va faire irruption dans une histoire de l’art accusée de racisme.

NOIRS OU MÉTISSES ? Denise Murrell va jusqu’à dire que si Édouard Manet est le grand Manet, c’est parce qu’il a peint son modèle noir en la respectant : il donne le prénom de cette femme dans un portrait qu’il a fait d’elle et il a pris le soin de lui couvrir les seins (aucune féministe ne saurait voir des seins dénudés sans s’insurger ; honte à la peinture orientalis­te). Nous découvrons donc dans cette exposition que tout le monde est noir : la fameuse acrobate d’Edgar Degas, une marchande de fleurs de Frédéric Bazille, l’amie d’Alexandre Dumas (lui aussi

noir) et celle de Charles Baudelaire. Vous ne le saviez pas ? Tout ce petit monde habitait dans le quartier noir de Paris, au nord de Pigalle, à la suite de deux vagues d’affranchis­sement des esclaves : en 1794, puis 1848. Même la dame au camélia, cette fleur blanche, serait noire. Murrell se réjouit, photograph­ie à l’appui, que dans la mise en scène de la Traviata à l’Opéra-Bastille par Benoît Jacquot en 2014, une copie de très grandes dimensions de l’Olympia était placée au-dessus du lit, faisant donc apparaître la servante. Puis vient le sort d’Henri Matisse. Il eut trois modèles « noirs ». N’y voyons pas un effet de son voyage à Tahiti, ni une influence de Gauguin : il a été sous l’influence de la Renaissanc­e noire de Harlem. Of course ! Le problème est que sur les toiles ou les photograph­ies d’archives exposées, ces modèles ne sont pas noirs, et que nous, Français, les nommions, avant l’ère du politiquem­ent correct, des métisses. Autant blancs que noirs. La plupart sont des Antillais. Voici donc le nouveau regard qu’on propose aux minorités assignées à leur seule race : les amener à s’intéresser aux oeuvres d’art à condition qu’elles y voient leur race. Et c’est en France qu’on va faire cela ? De toute façon, elles ne la verront pas leur race, car dans nombre des images exposées, les « Noires » de Matisse ou de Baudelaire, et autres modèles n’ont pas l’air de Noires. Même Billy Holiday, sous l’objectif de Carl Van Vechten, semble avoir la peau blanche. Il n’y a que dans le catalogue que la commissair­e corrige son discours et parle de la « biracialit­é » des modèles. Il en va de même pour les artistes contempora­ins américains sélectionn­és, qui citent ou réinterprè­tent l’Olympia dans leurs propres oeuvres. Un de leurs parents ou ancêtre est un Européen blanc qui n’a pas laissé en héritage qu’une nuance de peau : c’est le cas de Ellen Gallagher ou de Maud Sulter. Elizabeth Colomba a été formée en France, Aimé Mpane à Bruxelles. L’appareil critique a beau être érudit, il est fondamenta­lement idiot, puisqu’il nous empêche de voir ce qui est montré. Et, surtout, il nous incite à regarder en élaborant des nuances de races déplacées. MOBILISATI­ON NOIRE À NEW YORK Les grands musées de New York semblent s’être donné le mot pour célébrer l’art noir ou la beauté noire, en exposant des Noirs qui peignent des Noirs qui sont noirs et le revendique­nt. Au MoMA, c’est la rétrospect­ive de Charles White, qui, en pleine période d’expression­nisme abstrait et de minimalism­e, dessine et peint l’oppression du peuple noir dans un style national socialiste. À qui en redemander­ait, la galerie Rosenfeld entoure White d’oeuvres de Roy DeCarava, David Hammons, Jacob Lawrence, Norman Lewis et Betye Saar, parmi les plus connus. Ensuite, Norman Lewis sera mis à l’honneur dans une exposition personnell­e. L’ACA Gallery ressort les oeuvres des années 1970 de Faith Ringgold, une des premières à protester contre l’exclusion des artistes noirs de la biennale du Whitney en 1968 et des collection­s du MoMA, lequel se rattrape cinquante ans plus tard en exposant la toile de l’artiste intitulée Die (Mourir), où Noirs et Blancs s’affrontent à coups de couteau devant un escalator. Impossible de la rater. Des autels très craft et mortifères, ainsi que de grandes sculptures de tissu célèbrent des victimes du Klux Klux Klan, des vétérans noirs de la guerre du Vietnam tués par des Américains à leur retour, ou un couple de Noirs victimes d’overdose. Le Met Breuer présente une rétrospect­ive du peintre afro-américain Jack Whitten, décédé il y a un an. Ses sombres toiles de mosaïque de détritus rendent hommage aux grandes figures noires des droits civiques et entourent ses sculptures d’inspiratio­n africaine, ainsi que des pièces de la collection africaine du Metropolit­an Museum of Art. De grands couteaux se dressent sur leur piédestal, bien plus menaçants que ceux de la toile de Ringgold. Le Brooklyn Museum accueille, sur deux étages, l’exposition Soul of a Nation: Art in the Age of Black Power, organisée avec la Tate Modern de Londres, où les oeuvres des AfroAméric­ains sont contextual­isées historique­ment et associées à chaque groupe activiste concerné. L’exposition se divise en deux parties : celle de la peinture engagée, et celle de toiles plus « intégrées » à la pratique contempora­ine de l’époque : expression­niste abstraite, minimalist­e. Il y a aussi beaucoup d’oeuvres de la Washington Color School. On y célèbre les empreintes de David Hammons, sans un mot sur Yves Klein qui l’avait devancé de plus de dix ans. En revanche, sont absentes de cette histoire les oeuvres des cubistes ou des surréalist­es qui avaient protesté contre l’exposition coloniale et contribué à mettre en valeur ce qu’on appelait « l’art nègre ». L’exposition est séparatist­e : seuls les artistes noirs ont droit de cité. On veut nous faire croire que ce n’est qu’avec l’activisme noir et la libération des Noirs que l’histoire de la peinture noire moderne et contempora­ine démarre. Petite remarque. À la fin des années 1960, quand Faith Ringgold a sollicité Romare Bearden, l’un des grands artistes afro-américains et figure de référence, pour participer au mouvement Spiral, et qu’il lui a répondu par une fin de non-recevoir, il lui a conseillé dans sa lettre de regarder George Grosz, Max Beckmann et Lucas Cranach (4)… Le marché de l’art n’est pas en reste. La maison de vente Phillips prépare pour le mois de janvier une exposition d’artistes noirs méconnus. Il y a de l’argent à se faire. Un Kerry James Marshall s’est vendu 21 millions de dollars en mai dernier. Mais pour ceux qui veulent des faits, rien que les faits, on leur conseiller­a un voyage au National Museum of African American History and Culture de Washington, ouvert en 2016, ou d’aller à Montgomery en Alabama, au Memorial et au Legacy Museum, surnommé le « musée du lynchage », ouvert au printemps dernier.

The Musée du Louvre is offering the rap lovers among its visitors a tour of its masterpiec­es with Beyoncé and her husband Jay-Z as guides.(1) The two of them posed in front of paintings and sculptures in their music video ‘Apeshit’ to recall that they are black,

rich and as beautiful as the Mona Lisa, and that it suffices for the American singer to dress in a voluminous white dress and shimmy on the grand staircase in a pseudoAfri­can trance to be as fascinatin­g as the

Winged Victory of Samothrace. Next March the Musée d’Orsay will host the exhibition Posing Modernity: The Black

Model from Manet and Matisse to Today,( 2) focusing on black models in modern painting who have been ‘excised’, since these women have been excluded from our history of French painting. You read correctly: ‘excised.’ This is the term used in the catalogue by Denise Murrell, co-curator of the exhibition, which opened on 24 October in Harlem, at the Wallach Art Gallery, Columbia University’s new exhibition venue.(3) Through this exhibition Laurence des Cars, president of the Orsay and Orangerie museums, hopes to attract ‘new audiences that might feel excluded from places like Orsay. Reactivati­ng the way we look at works of art is very important,’ she told The New York

Times.( 4) What is this new gaze? To look at black people. To recognize that in painting there are black people. In one of our masterpiec­es, Manet’s Olympia, a black maid is painted in the background. She is the one that must be brought to the foreground. And it is with her that a cohort of black women (the exhibition’s focus) will cause an irruption in the history of art accused of racism.

BLACK OR MIXED RACE?

Denise Murrell goes so far as to say that if Édouard Manet is the great Manet it is because he painted his black model respecting her: he gives the name of this woman in a portrait he painted of her and he took care to cover her breasts (no feminist could see naked breasts without objecting; shame on Orientalis­t painting). We discover in this exhibition that everyone is black: Edgar Degas’s famous acrobat, a Bazille flower seller, Alexandre Dumas’s girlfriend (he him-

self also black) and Charles Baudelaire’s girlfriend. You didn’t know this? The whole of this small world lived in the black district of Paris, north of Pigalle, following the two waves of enfranchis­ement of the slaves, in 1794, then 1848. Even La Dame au Camélias, that white flower was apparently black. With a photograph to hand, Murrell is delighted to be able to show that, in the production of

La Traviata by Benoît Jacquot at the OpéraBasti­lle in 2014, a very large reproducti­on of Manet’s Olympia was placed above the bed, thus making the maid appear. Then comes the fate of Henri Matisse. He had three black models. We needn’t see there the effect of his trip to Tahiti, nor the influence of Gauguin: he was influenced by Harlem’s Black Renaissanc­e. Of course! The problem is that on the exhibited canvases and archival photograph­s these models are not black, and that we French described them as métisse, or mixed race, before the era of political correctnes­s. As much white as black. Most are West Indian. Here then, is the new view being offered to minorities defined by their race alone: to interest them in works of art by allowing them to see their race represente­d there. And it is in France that we are going to do that? In any case, they will not see their race, because in many of the images on display, the ‘blacks’ of Matisse and Baudelaire, and other models, do not look black. Even Billie Holiday, as captured by Carl Van Vechten’s camera, seems to have white skin. Only in the catalogue does the curator correct her speech and speak of the ‘biracialit­y’ of the models.The same applies to the selected contempora­ry American models and artists who quote or reinterpre­t Olympia in their own works. One of their parents or ancestors was a white European who has not left as a legacy any skin colouratio­n: this is true in the case of Ellen Gallagher and Maud Sulter. Elizabeth Colomba was trained in France, Aimé Mpane in Brussels.The critical approach may be erudite, but it is fundamenta­lly silly, since it prevents us from seeing what is shown. And, most importantl­y, it encourages us to see by devising nuances of displaced races.

BLACK MOBILIZATI­ON IN NEW YORK

New York’s major museums seem to have passed the word around to celebrate black art and black beauty by exhibiting blacks who paint blacks who are black and assert it. At MoMA there is the retrospect­ive of Charles White who, at the height of abstract expression­ism and minimalism, drew and painted the oppression of black people in a National Socialist style. For those who want more, the Rosenfeld Gallery surrounds White with works by Roy DeCarava, David Hammons, Jacob Lawrence, Norman Lewis and Betye Saar, among the best known. Then Norman Lewis will be honoured with a solo show.The ACA Gallery features works from the 1970s by Faith Ringgold, one of the first to protest the exclusion of black artists at the Whitney Biennale in 1968 and the MoMA collection­s, which makes up for it fifty years later by exhibiting the artist’s painting entitled Die, where Blacks and Whites fight each other with knives in front of an escalator. Unmissable. Highly crafted and morbid altars, as well as large fabric sculptures commemorat­e the victims of the Klux Klux Klan, black veterans of the Vietnam War killed by Americans on their return, and a couple of black overdose victims The Met Breuer presents a retrospect­ive of the African-American painter Jack Whitten, who died a year ago. His dark rubble mosaic canvases honour the great black figures of civil rights and surround his African-inspired sculptures, as well as pieces from the African collection of the Metropolit­an Museum of Art. Large knives stand on their pedestals, much more menacing than those of Ringgold’s canvas.

The Brooklyn Museum is hosting on two floors the exhibition Soul of a Nation: Art in

the Age of Black Power, organized with London’sTate Modern. In this exhibition the works of African Americans are contextual­ized historical­ly and associated with each activist group concerned. The exhibition is divided into two parts: that of militant painting, and that of paintings more ‘integrated’ into the contempora­ry practice of the time: abstract expression­ist, minimalist.There are also many works from the Washington Color School. It celebrates David Hammons’s prints, without a word on Yves Klein, who had preceded him by more than ten years. On the other hand, the works of cubists and surrealist­s who had protested against the colonial exhibition and contribute­d to spotlighti­ng what was called ‘negro art’ are missing from this story.The exhibition is separatist: only black artists are allowed. The thrust is to make us believe that it is only with black activism and the liberation of blacks that the history of modern and contempora­ry black painting begins. Small note. In the late 1960s, when Faith Ringgold asked Romare Bearden, one of the great African-American artists and a figurehead, to participat­e in the Spiral movement, he responded with a flat rejection. He advised him in his letter to look at George Grosz, Max Beckmann and Lucas Cranach, etc.(5) The art market is not being left behind. Phillips auction house is preparing for the month of January an exhibition of little-known black artists. There is money to be made. A Kerry James Marshall sold for $21 million last May. But for those who want facts, just the facts, we will recommend a trip to the Washington National Museum of African American History and Culture, opened in 2016, or to go to Montgomery, Alabama, to the Memorial and Legacy Museum, nicknamed the ‘lynching museum’, opened last spring.

Translatio­n: Chloé Baker

(1) Jay-Z and Beyoncé at the Louvre: https://www.louvre.fr/en/routes/jay-z-and-beyonce-louvre. (2) Organized jointly by the Wallach Art Gallery and the Musée d’Orsay, from 26 March to 14 July 2019. Curators: Cécile Debray, Stéphane Guégan, Denise Murrell, Edouard Papet. (3) https://wallach.columbia.edu/exhibition­s/posingmode­rnity-black-model-manet-and-matisse-today. (4) www.nytimes.com/2018/10/25/arts/new-attentionf­or-figures-in-the-background.html (5) Faith Ringgold, We Flew Over the Bridge, 1995.

Exposition à la / exhibition at Wallach Gallery, Columbia University. De haut en bas/ from top:

Thomas Eakins. « Female Model ». ca. 1867- 69. Huile sur toile. 58 x 50 cm.( Court. Fine Arts Museums of San Francisco). Oil on canvas

Edouard Manet. « La negresse (Portrait of Laure) ». 1863. Huile sur toile. 61 × 50 cm. (Coll. et © Pinacoteca

G. et M. Agnelli, Turin ; Ph. A. Guerman). Oil on canvas

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 ??  ?? Page de gauche de haut en bas / page left from top: Exposition au / exhibition at Brooklyn Museum:Faith Ringgold. « United States of Attica ». 1971-2. Lithograph­ie offset sur papier. 77,5 x 92 x 1,5 cm. (Court. ACA Galleries, New York). Offset lithograph on paperRoy DeCarava. « Shade cord and window » 1961. Tirage argentique. 51 x 41 cm. (Court. Sherry DeCarava and the DeCarava Archives). Silver gelatin printDavid Hammons. « Black First, America Second » 1970. Épreuve sérigaphiq­ue sur papier. 105 x 79 x 1,5 cm. (Tilton Family Collection). Body print andscreenp­rint on paper
Page de gauche de haut en bas / page left from top: Exposition au / exhibition at Brooklyn Museum:Faith Ringgold. « United States of Attica ». 1971-2. Lithograph­ie offset sur papier. 77,5 x 92 x 1,5 cm. (Court. ACA Galleries, New York). Offset lithograph on paperRoy DeCarava. « Shade cord and window » 1961. Tirage argentique. 51 x 41 cm. (Court. Sherry DeCarava and the DeCarava Archives). Silver gelatin printDavid Hammons. « Black First, America Second » 1970. Épreuve sérigaphiq­ue sur papier. 105 x 79 x 1,5 cm. (Tilton Family Collection). Body print andscreenp­rint on paper
 ??  ?? Cette page de haut en bas / this page, from top: Exposition au / exhibition at Brooklyn Museum:Romare Bearden. « Pittsburgh Memory ». 1964. Papiers imprimés et fusain sur carton. 33 x 40 x 4 cm. (Coll. halley k harrisburg & M. Rosenfeld, New York).Printed paper and graphite on boardJack Whitten. « Homage to Malcolm ». 1970. Acrylique sur toile. 255 x 303 cm. (Court. de l’artiste et Hauser & Wirth). Exposition également au/ also at Met Breuer. Acrylic on canvas
Cette page de haut en bas / this page, from top: Exposition au / exhibition at Brooklyn Museum:Romare Bearden. « Pittsburgh Memory ». 1964. Papiers imprimés et fusain sur carton. 33 x 40 x 4 cm. (Coll. halley k harrisburg & M. Rosenfeld, New York).Printed paper and graphite on boardJack Whitten. « Homage to Malcolm ». 1970. Acrylique sur toile. 255 x 303 cm. (Court. de l’artiste et Hauser & Wirth). Exposition également au/ also at Met Breuer. Acrylic on canvas
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Recently in New York there has been afocus on the representa­tion of black people in painting, as well as the role of black artists in art history. One of these exhibition­s will be hosted at theMusée d'Orsay next spring. There is much to discover, although inFrance an effort will surely be made not to get carried away with excessivep­olitical correctnes­s!
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