Ils im­priment leurs voeux sur un che­veu !

Aujourd'hui en France - - 24 HEURES EN RÉGIONS - PAR SERGE PUEYO

C’est la prouesse réa­li­sée par Mi­cro­light 3D, une start-up de Grenoble. Une pre­mière tech­no­lo­gique mon­diale qui va avoir de nom­breuses ap­pli­ca­tions dans le do­maine de la san­té, no­tam­ment.

C’EST UNE PRE­MIÈRE mon­diale. Pour fê­ter la nou­velle année, une start-up de Grenoble (Isère) spé­cia­li­sée dans l’im­pres­sion en 3D a dé­ci­dé de pré­sen­ter ses voeux à ses clients et ses par­te­naires en im­pri­mant le mes­sage « 2018, Hap­py New Year » sur… un che­veu ! Oui, vous avez bien lu, sur un che­veu de 0,1 mm d’épais­seur. C’est Phi­lippe Pa­liard, l’un des quatre fon­da­teurs de la so­cié­té Mi­cro­light 3D, qui a eu l’idée de cette carte de voeux pour le moins ori­gi­nale : « Nous avons mis au point une tech­no­lo­gie qui per­met d’im­pri­mer au ni­veau du mi­cron, c’est-à-dire 0,001 mm. Et, pour mon­trer à nos clients ce que l’on était ca­pables de faire, nous avons dé­ci­dé d’écrire nos voeux sur un élé­ment très pe­tit qui nous est fa­mi­lier. J’ai donc pris l’un de mes che­veux. Le mes­sage n’est bien sûr pas vi­sible à l’oeil nu. Et comme il n’était pas pos­sible d’en­voyer à chaque des­ti­na­taire un mi­cro­scope pour le lire, nous avons réa­li­sé une pho­to agran­die de ce che­veu. »

Sur ce che­veu, les ca­rac­tères du mes­sage ont une hau­teur de 36 mi­crons, une lar­geur de 25 mi­crons et une épais­seur de 10 mi­crons. « Avec notre tech­no­lo­gie, il est même pos­sible d’écrire tout un livre de 1 000 pages, avec 30 lignes par page, sur un che­veu d’une lon­gueur de 10 cm », s’en­thou­siasme le pa­tron.

Ba­sée à La Tronche, dans la ban­lieue de Grenoble, Mi­cro light 3D a été fon­dé en jan­vier 2017 par quatre as­so­ciés, Mi­chel Bou­riau, Phi­lippe Pa­liard, De­nis Bar­bier et Ga­briel Gon­za­lez. Tout est par­ti d’une tech­no­lo­gie éla­bo­rée dans un la­bo­ra­toire de re­cherche de l’uni­ver­si­té de Grenoble où tra­vaillait Mi­chel Bou­riau. « C’est le fruit de quinze ans de re­cherches ba­sées sur la mise au point d’un fais­ceau la­ser très per­for­mant. Au­jourd’hui, avec la créa­tion de notre start-up, nous avons dé­ci­dé de pas­ser au stade in­dus­triel car les ap­pli­ca­tions sont mul­tiples », ex­plique ce der­nier. C’est d’abord dans le do­maine de la san­té que Mi­cro­light 3D compte se dé­ve­lop­per. « Avec notre tech­no­lo­gie, nous pou­vons par exemple créer en 3D des mi­cros­que­lettes, c’est-àdire la char­pente qui en­toure les cel­lules du corps hu­main. A par­tir de là, on peut re­créer des tu­meurs can­cé­reuses et tes­ter sur des di­zaines de mi­cros­que­lettes les ef­fets de trai­te­ments an­ti­can­cé­reux », pré­cise De­nis Bar­bier. « Il se­ra éga­le­ment pos­sible dans le fu­tur de réa­li­ser des microrobots en 3D ca­pables de pé­né­trer dans notre corps. Grâce à leur taille mi­cro­sco­pique, ils pour­ront se dé­pla­cer à tra­vers notre sys­tème san­guin et ame­ner très pré­ci­sé­ment dans les zones à trai­ter les mé­di­ca­ments qu’ils trans­por­te­ront », com­plète Phi­lippe Pa­liard. Ac­tuel­le­ment, dans le monde, seule une en­tre­prise al­le­mande semble en me­sure de ri­va­li­ser avec la tech­no­lo­gie dé­ve­lop­pée par Mi­cro­light 3D.

BIEN­TÔT DES MICROROBOTS EN 3D ?

La Tronche (Isère), hier. Les quatre fon­da­teurs de Mi­cro­light 3D et leur carte de voeux re­pré­sen­tant le che­veu sur le­quel ils ont réus­si à im­pri­mer le mes­sage « 2018, Hap­py New Year ».

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