Ob­jec­tif So­leil

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - PAR FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

Pour per­cer le mystère des tem­pêtes so­laires qui af­fectent la Terre et mieux pré­voir la météo spa­tiale, la Na­sa en­voie au­jourd’hui la sonde Par­ker, qui s’ap­pro­che­ra au plus près de l’astre so­laire.

OÙ QUE VOUS SOYEZ sur la pla­nète, il se lève chaque ma­tin avec vous et em­bel­lit vos jour­nées. Le soir ve­nu, quand il s’éclipse à l’ho­ri­zon, vous ai­me­riez le tou­cher du doigt mais il reste in­ac­ces­sible. Parce que nous ne pour­rions pas vivre sans lui mais qu’il conserve une grande part de mystère pour les scien­ti­fiques, l’agence spa­tiale amé­ri­caine a dé­ci­dé d’en­voyer au­jourd’hui dans l’es­pace une sonde vers le So­leil. Un voyage de 150 mil­lions de ki­lo­mètres des­ti­né à s’ap­pro­cher au plus près de sa sur­face. Des cher­cheurs fran­çais ont par­ti­ci­pé à cette mis­sion qui doit du­rer sept ans.

I L’EN­GIN SPATIAL LE PLUS RA­PIDE DU MONDE

Grosse comme une voi­ture mais beau­coup plus chère (1,5 Md$, soit 1,3 Md€), la sonde Par­ker a été ins­tal­lée au som­met d’une fu­sée qui doit dé­col­ler de la base spa­tiale de cap Ca­na­ve­ral, en Flo­ride, puis l’em­me­ner dans l’es­pace. Par­ker de­vien­dra alors l’en­gin spatial le plus ra­pide ja­mais fa­bri­qué par l’homme, avec une vi­tesse de pointe de 692 000 km/h !

I UN BOU­CLIER CA­PABLE DE RÉ­SIS­TER À 1 400 °C

L’ob­jec­tif étant de s’ap­pro­cher de la cou­ronne du So­leil, à 6 mil­lions de ki­lo­mètres de la sur­face de l’astre, Par­ker a été conçu pour ré­sis­ter à une four­naise in­fer­nale. Le vais­seau est équi­pé d’un bou­clier en car­bone d’une dou­zaine de cen­ti­mètres ca­pable d’ab­sor­ber une cha­leur de 1 400 °C. A l’ombre de ce bou­clier, les ins­tru­ments élec­tro­niques de la sonde se­ront ain­si main­te­nus à une tem­pé­ra­ture am­biante de 29 °C.

I DES CHER­CHEURS FRAN­ÇAIS MIS À CONTRI­BU­TION

Aux cô­tés de la Na­sa, des in­gé­nieurs fran­çais du Centre na­tio­nal d’étude spa­tiale (Cnes) ont été sol­li­ci­tés, no­tam­ment pour tes­ter la ré­sis­tance à la cha­leur de cer­taines par­ties de la sonde. Des es­sais ont été ef­fec­tués dans le four so­laire de Font-ro­meu (Py­ré­nées-orien­tales). Consi­dé­ré comme l’un des deux plus grands fours so­laires du monde, il est uti­li­sé pour tes­ter le com­por­te­ment de ma­té­riaux sou­mis à des tem­pé­ra­tures ex­trêmes (jus­qu’à 3 500 °C).

I UN ASTRE MOINS CHAUD EN SUR­FACE QU’À DIS­TANCE

Alors que « la sur­face du So­leil est à 5 500 °C, à la cou­ronne, on se re­trouve très vite à des mil­lions de de­grés », sou­ligne Alex Young, spé­cia­liste du dos­sier à la Na­sa. C’est l’un des mys­tères que veulent ré­soudre les scien­ti­fiques. « On ne sait pas vrai­ment com­ment fonc­tionne cette usine so­laire, re­con­naît Fran­çois Gon­za­lez, in­gé­nieur au Cnes et chef de pro­jet char­gé de la contri­bu­tion fran­çaise à cette opé­ra­tion. Cette mis­sion va nous per­mettre de voir les choses dif­fé­rem­ment et sur­tout de me­su­rer au plus près les par­ti­cules so­laires et les champs ma­gné­tiques et élec­triques. »

I MIEUX PRÉ­VOIR LA MÉTÉO DE L’ES­PACE

C’est l’autre en­jeu de ce pé­riple spatial. « Les érup­tions so­laires sont comme des ex­plo­sions nu­cléaires. Elles éjectent des par­ti­cules et des rayon­ne­ments, dont cer­tains af­fectent notre pla­nète », ex­plique Fran­çois Gon­za­lez.

Quand ces tem­pêtes so­laires se dé­chaînent, elles peuvent per­tur­ber le fonc­tion­ne­ment de notre ré­seau élec­trique, mais aus­si pro­vo­quer des pannes dans les sa­tel­lites qui sont en or­bite au­tour de la Terre.

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