« Il était très in­tru­sif »

Mar­got*, 20 ans, ly­céenne vic­time de William S.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ -

MAR­GOT* A MIS DU TEMPS à réa­li­ser qu’elle était une vic­time po­ten­tielle de son ex-pro­fes­seur. « La si­tua­tion était com­pli­quée, ad­met la jeune femme de 20 ans, qui s’est consti­tuée par­tie ci­vile. M. S. m’a dra­guée et j’étais flat­tée par les ef­forts qu’il fai­sait. Il a no­tam­ment mis tout son poids pour ob­te­nir mon pas­sage en ter­mi­nale S l’an der­nier. Il avait du pou­voir et, en même temps, il m’in­ti­mi­dait. » Dé­sor­mais sco­la­ri­sée dans un autre éta­blis­se­ment après avoir ra­té son bac, la ly­céenne dé­crit un pro­ces­sus ha­bile de condi­tion­ne­ment : « Il s’at­taque sou­vent à des élèves vul­né­rables et naïves, ce qui était mon cas à l’époque. Il y va très pro­gres­si­ve­ment. Il se montre d’abord com­pré­hen­sif, à l’écoute et, quand il a ga­gné votre confiance, un jeu de sé­duc­tion s’ins­talle. Vous êtes sous em­prise et il vous teste pour voir jus­qu’où vous êtes prête à al­ler. »

Pen­dant de longs mois, Mar­got et William S. s’échangent de nom­breux mes­sages. « Il me fai­sait des com­pli­ments sur mon phy­sique, j’avais l’im­pres­sion de me sen­tir unique. Je suis ren­trée dans le jeu. » Puis les échanges de­viennent de plus en plus crus. « Il était ex­trê­me­ment in­tru­sif. Il po­sait des ques­tions sur ma vie sexuelle ou celle de mes amies. Un jour, pen­dant un cours par­ti­cu­lier, il m’a dit qu’il pen­sait que j’étais une fille qui ne se mas­tur­bait pas. » L’ado­les­cente dé­couvre aus­si qu’elle n’est pas la seule à en­tre­te­nir un tel lien avec son prof : « On en par­lait entre filles, il y avait même une cer­taine concur­rence… »

Après l’in­ter­pel­la­tion de William S., Mar­got s’at­ten­dait à être con­tac­tée par les en­quê­teurs. Il lui a fal­lu en­core plu­sieurs mois pour por­ter plainte. En re­vanche, elle dé­plore l’at­ti­tude de la di­rec­tion du ly­cée, qui n’a ja­mais pris de ses nou­velles.

« Nous sommes scan­da­li­sés que ce pro­fes­seur ait pu agir aus­si long­temps, ap­puient Mes Ber­nard Be­naïem et Ca­ro­line Was­ser­mann, les avo­cats de Mar­got et de son pe­tit ami. Nous nous in­ter­ro­geons sur l’aveu­gle­ment de la di­rec­tion du ly­cée. »

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