« Les dé­cla­ra­tions d’in­ten­tion ne nous suf­fisent plus »

Aujourd'hui en France - - LA UNE -

ef­fec­tive et à lut­ter contre les vio­lences faites aux femmes. Nous sommes donc fières que le gou­ver­ne­ment ait fait de ces ques­tions la « grande cause na­tio­nale » du quin­quen­nat. Au­jourd’hui, nous te­nons à ex­pri­mer notre dé­cep­tion et notre ré­volte face à ce pla­fond de verre qui conti­nue à être op­po­sé aux femmes. Quand se­rons-nous per­çues comme cré­dibles pour ac­cé­der aux postes à res­pon­sa­bi­li­tés po­li­tiques ? Une femme Pre­mier mi­nistre ? Le can­di­dat Em­ma­nuel Ma­cron l’avait en­vi­sa­gé avant de se ra­vi­ser et de nom­mer un homme. Une femme à la pré­si­dence de l’as­sem­blée na­tio­nale ? Vous n’y pen­sez pas… Une femme à la tête du groupe LREM de l’as­sem­blée ? Non plus…

Lorsque Mar­lène Schiap­pa fait part de son in­té­rêt pour le poste de dé­lé­gué gé­né­ral, on lui op­pose le cu­mul des fonc­tions. Ce­pen­dant, ce même cu­mul ne semble po­ser au­cune dif­fi­cul­té pour les deux autres can­di­dats mas­cu­lins, qui sont pour­tant des dé­pu­tés et, à ce titre, ré­mu­né­rés par l’as­sem­blée na­tio­nale pour exer­cer leurs mis­sions.

Nous avons donc le sen­ti­ment que le pou­voir tend à être confis­qué au pro­fit d’un pe­tit groupe d’hommes, sou­vent pa­ri­siens, qui se ré­par­tissent les postes clés au sein de LREM, de l’as­sem­blée et du gou­ver­ne­ment. Les « phi­lip­pettes » ne font que rem­pla­cer les « ju­pettes ».

Il est temps de ne plus se conten­ter de cette si­tua­tion, et de faire bou­ger les lignes. Le 1er dé­cembre, les membres du con­seil na­tio­nal de LREM doivent pou­voir se pro­non­cer, en leur âme et conscience, pour une can­di­date ou un can­di­dat qui re­pré­sen­te­ra notre mou­ve­ment dans toute sa di­ver­si­té.

Parce que nous re­fu­sons de croire que la pro­messe de « faire de la po­li­tique au­tre­ment » se re­trouve iné­luc­ta­ble­ment sa­cri­fiée sur l’au­tel des ha­bi­tudes du « vieux monde » au bé­né­fice de quelques ap­pa­rat­chiks. Al­lons-nous de­voir en­core long­temps nous conten­ter de cette si­tua­tion ré­tro­grade ? Le poète Pierre Re­ver­dy di­sait : « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. » Les dé­cla­ra­tions d’in­ten­tion ne nous suf­fisent plus, nous vou­lons des actes.

Alors, à la veille de la cam­pagne pour les élec­tions eu­ro­péennes, dans un contexte mar­qué par un re­pli na­tio­na­liste et com­mu­nau­ta­riste que nous n’avons de cesse de dé­non­cer, au nom des va­leurs pro­gres­sistes que nous por­tons, notre mou­ve­ment en­ver­rait un mes­sage fort en pro­po­sant une femme à sa tête.

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