EX­PO­SI­TION

Aujourd'hui en France - - LA UNE -

Georges Cle­men­ceau re­çoit en hé­ri­tage de ses pa­rents un athéisme pro­fond, une convic­tion ré­pu­bli­caine et le goût de la li­ber­té et de la jus­tice. Quand il vient à Pa­ris en 1861, c’est pour faire mé­de­cine, dans les traces de son père. Il pra­ti­que­ra d’ailleurs un peu, comme le montre une or­don­nance, ex­po­sée, si­gnée de sa main.

Mais le jeune homme se pas­sionne pour la po­li­tique et le jour­na­lisme. Op­po­sant à Na­po­léon III, il est em­pri­son­né. Ad­mi­ra­teur de la dé­mo­cra­tie amé­ri­caine, il part pour les Etats-unis. Il re­vient en France en 1869 et de­vient maire de Mont­martre en 1870, puis dé­pu­té de Pa­ris, chef de file des ré­pu­bli­cains ra­di­caux.

Ses com­bats, ses ar­ticles et ses dis­cours en­flam­més à la Chambre, dont on peut écou­ter dans l’ex­po­si­tion quelques vi­brants ex­traits à l’aide de casques, font ra­pi­de­ment de lui l’homme po­li­tique qui monte. Ma­net ne s’y trompe pas et signe un por­trait que l’on re­trouve au Pan­théon. Il plaide pour l’am­nis­tie des com­mu­nards, dé­nonce le co­lo­nia­lisme, alerte sur la mi­sère du peuple.

En 1898, après avoir per­du son poste de sé­na­teur, il fait son re­tour en po­li­tique pour dé­fendre le capitaine Drey­fus. Alors jour­na­liste à « l’au­rore », c’est lui qui trou­ve­ra le titre « J’ac­cuse » pour l’ar­ticle de Zo­la. En 1906, il est nom­mé mi­nistre de l’in­té­rieur puis pré­sident du Con­seil, la droite le traite de laï­card et la gauche voit en lui un « bri­seur de grèves ». Re­ti­ré de la po­li­tique en 1909, il y re­vient en 1913 face à la me­nace de la guerre. En 1917, la France est au bord du gouffre, et Cle­men­ceau est nom­mé pré­sident du Con­seil. Comme le montrent les pho­tos d’époque, il va sur le front pour sou­te­nir les sol­dats, canne à la main. Et sur­tout « faire la guerre », et la ga­gner… En 1920, bien que très sol­li­ci­té et po­pu­laire, mais sa­chant qu’il ne pour­ra ac­cé­der à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique, Cle­men­ceau prend sa re­traite dans « sa bi­coque » à Saint-vincent-sur-jard (Ven­dée). Un havre de paix avec une vue sur la mer que l’ex­po­si­tion re­cons­ti­tue, dans un dé­cor proche du théâtre. Une oc­ca­sion de mon­trer un autre Cle­men­ceau, ami des arts et de son jar­din, au­teur de théâtre et amou­reux pla­to­nique mais tran­si, à 82 ans, d’une femme de 40 ans. Un Tigre jus­qu’au bout…

Pan­théon (Pa­ris Ve), le 29 oc­tobre. Une ex­po­si­tion rend hom­mage à Georges Cle­men­ceau, ar­ti­san de la vic­toire de 1918.

Cle­men­ceau vu par la ca­ri­ca­ture.

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