« La voi­ture n’est plus la seule so­lu­tion »

Aujourd'hui en France - - FAIT DU JOUR -

En ré­gion pa­ri­sienne, vous avez une mul­ti­tude de pos­si­bi­li­tés de trans­ports. Nous, en mi­lieu ru­ral, non. Com­ment fait-on ? FRAN­ÇOIS DE RU­GY. Pen­dant long­temps, on a pen­sé que la seule ré­ponse, c’était la voi­ture. On a même en­cou­ra­gé des gens à al­ler ha­bi­ter loin de leur tra­vail et à ache­ter des die­sels. On cherche d’autres so­lu­tions, comme fa­ci­li­ter le chan­ge­ment de voi­ture avec la prime à la conver­sion (NDLR : jus­qu’à 4 000 € pour les mé­nages les plus mo­destes) que l’on a ren­due pos­sible pour l’achat de vé­hi­cules d’oc­ca­sion. C’est la pre­mière fois qu’on fait ça en France. Et à ceux qui pensent que la voi­ture élec­trique n’est pas adap­tée à la cam­pagne, c’est faux. Il y a aus­si le co­voi­tu­rage. Cer­tains po­li­tiques vous disent : « Sup­pri­mons la hausse des taxes. » De­main, si les prix du pé­trole ré­aug­mentent, vous au­rez tou­jours votre pro­blème mais le gou­ver­ne­ment n’au­ra plus de marge de ma­noeuvre puis­qu’on au­ra sup­pri­mé la hausse de taxe. Donc, ce se­ra : « Dé­brouillez-vous. » Je com­prends que tout le monde veuille payer moins de taxes mais c’est grâce à elles qu’on peut fi­nan­cer de nou­velles lignes de trains, par exemple.

La ville la plus proche de chez moi, dans l’oise, c’est Com­piègne, et je ne peux y al­ler qu’avec mon vé­hi­cule. Vous par­lez de voi­ture élec­trique. Je ne peux pas m’en ache­ter une. La prime à la casse, ce n’est pas pour moi car je n’ai pas les moyens d’ac­qué­rir un vé­hi­cule neuf. Il me reste le co­voi­tu­rage. Donc je vais dé­pendre des autres. On ne va pas em­me­ner des bus, des mé­tros ou des trams à la porte de cha­cun. Donc il y au­ra tou­jours une part de dé­pla­ce­ments qui se fe­ront en voi­ture. Le co­voi­tu­rage est une des so­lu­tions. Il y a dix ans, per­sonne ne l’au­rait ima­gi­né pour faire Pa­ris-nantes ou Nice-mar­seille. On peut le dé­ve­lop­per pour al­ler faire ses courses à Com­piègne.

Un car­go et un avion pol­luent au­tant, voire plus que les voi­tures. Pour­quoi ne pas les taxer ? Il est im­pé­ra­tif qu’ils contri­buent à ré­duire les émis­sions de gaz à ef­fet de serre. Mais c’est au ni­veau eu­ro­péen qu’on peut agir. Plu­sieurs so­lu­tions sont pos­sibles. La France se bat­tra pour qu’il y ait une taxa­tion du ké­ro­sène.

Ce ma­tin, j’ai ap­pris qu’on ris­quait de payer en­core plus cher l’élec­tri­ci­té. Etes-vous prêt à ge­ler les ta­rifs ? Je suis d’ac­cord pour tous les gels, même la baisse. Mais en France, on a des ta­rifs ré­gu­lés. Deux fois par an, on dé­fi­nit les ta­rifs mais ce n’est pas moi qui dé­cide. Ce­la dé­pend des coûts de pro­duc­tion de l’élec­tri­ci­té qui aug­mentent car les cen­trales nu­cléaires sont vieillis­santes et qu’on est obli­gé de faire des tra­vaux. On va tout faire pour que la hausse soit la moins forte pos­sible. Et à l’ave­nir on va don­ner la prio­ri­té aux éner­gies re­nou­ve­lables les plus com­pé­ti­tives.

“JE

COM­PRENDS QUE TOUT LE MONDE VEUILLE PAYER MOINS DE TAXES MAIS C’EST GRÂCE À ELLES QU’ON PEUT FI­NAN­CER DE NOU­VELLES LIGNES DE TRAINS, PAR EXEMPLE.

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