« Même ma mère me parle de la hausse de la CSG »

Aujourd'hui en France - - FAIT DU JOUR -

Pour­quoi ne pas ge­ler les taxes sur le car­bu­rant en at­ten­dant de trou­ver des so­lu­tions pour le pou­voir d’achat ? Un seul tri­mestre du­rant le­quel on n’ap­pli­que­rait pas la taxe car­bone, ce se­rait 650 M€ en moins. Soit à peu de chose près ce que coû­te­ra la prime à la conver­sion. Nous avons donc be­soin de cette somme. D’au­tant que l’es­sence à 2 € le litre, comme le pré­di­sait l’an­cien pa­tron de To­tal feu Ch­ris­tophe de Mar­ge­rie, ce­la peut ar­ri­ver un jour. On n’en sait rien. En plus, pour pré­ser­ver les re­ve­nus des Fran­çais, on a fait le choix de bais­ser les co­ti­sa­tions sa­la­riales. Ce ne sont pas des grosses sommes, mais c’est quand même un plus sur la feuille de paye.

Afin de ne pas ag­gra­ver le dé­fi­cit, nous avons com­pen­sé cette me­sure par une hausse de la CSG, ce qui mal­heu­reu­se­ment ne fait pas plai­sir aux re­trai­tés. Même ma mère m’en parle, elle m’a dit la se­maine der­nière que ça fai­sait 50 € de moins par mois pour elle, qu’elle l’ac­cep­tait mais qu’elle pen­sait qu’elle al­lait bé­né­fi­cier de la sup­pres­sion de la taxe d’ha­bi­ta­tion, ce qui mal­heu­reu­se­ment n’est pas le cas. On a don­né la prio­ri­té à ceux qui ont les re­ve­nus les plus mo­destes. Mais je suis d’ac­cord sur le fait qu’il faut trou­ver en­core d’autres moyens pour amé­lio­rer le pou­voir d’achat. En iso­lant mieux les lo­ge­ments, en in­ci­tant les au­to­mo­bi­listes à ache­ter des voi­tures qui consomment moins, c’est au­tant d’éco­no­mies réa­li­sées. Mais ça ne se fait pas en un jour. Vous nous de­man­dez d’être pa­tients, mais on ar­rive à un ras-le-bol. Il faut que vous vous ren­diez compte, on souffre ! Ça, je m’en rends par­fai­te­ment compte. Je pense qu’on est là à trai­ter les consé­quences de po­li­tiques me­nées pen­dant des di­zaines d’an­nées. Ce n’est pas le fruit du ha­sard. Le tout-voi­ture, le fait d’en­cou­ra­ger les gens à faire tous leurs dé­pla­ce­ments en voi­ture et en plus en die­sel, c’était bien une vo­lon­té po­li­tique. Il y a vingt ans, en 1998, on avait dé­jà conscience du pro­blème de la pol­lu­tion de l’air et de la san­té. L’idée d’éga­li­ser les prix du die­sel et de l’es­sence a été mise sur la table. Mais, en 2000, on a tout stop­pé bru­ta­le­ment parce qu’il y a eu une hausse du car­bu­rant et qu’on n’a pas eu le cou­rage de pour­suivre. On a per­du vingt ans. Entre-temps, beau­coup plus de Fran­çais se sont équi­pés de voi­tures die­sel. Faut-il en­core ren­voyer cette dé­ci­sion à plus tard ?

ON EST CONS­CIENT QU’ÉMERGE LÀ QUELQUE CHOSE DE NOU­VEAU, DE PAR­TI­CU­LIER ET QUI MÉ­RITE D’ÊTRE RE­CON­NU

Il y a vingt ans, on nous di­sait d’ache­ter des vé­hi­cules die­sels. Qu’est-ce qui nous ga­ran­tit que, dans dix ans, on ne di­ra pas de ne plus ache­ter de voi­tures élec­triques ? Je ne pense pas. Un vé­hi­cule élec­trique, sur toute sa du­rée de vie, pol­lue moins qu’un die­sel ou une es­sence, con­trai­re­ment à ce qu’af­firment cer­tains. Mais cette tech­no­lo­gie n’est pas la seule so­lu­tion, ni une so­lu­tion de masse. Nous ne sommes d’ailleurs pas pour l’in­ter­dic­tion du die­sel. La maire de Pa­ris a ce pro­jet pour la ca­pi­tale à par­tir de 2019 pour les vé­hi­cules les plus an­ciens. Notre ob­jec­tif n’est pas de gé­né­ra­li­ser ce type de me­sure à tout le ter­ri­toire.

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