Au G20, le cache-cache de Ma­cron et Trump

Il ne de­vrait pas y avoir de ren­contre of­fi­cielle entre les deux pré­si­dents mais pro­ba­ble­ment un apar­té.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - DE NOTRE EN­VOYÉE SPÉ­CIALE À BUE­NOS AIRES (AR­GEN­TINE), AVA DJAMSHIDI

FI­NI LE TEMPS des ac­co­lades cha­leu­reuses et des dé­cla­ra­tions d’ami­tié en­flam­mées entre « Em­ma­noueel » et « Do­nald ». Alors que tous deux sont au­jourd’hui à Bue­nos Aires, pour la réu­nion an­nuelle des pays membres du G 20, il ne de­vrait pas y avoir de tête-à-tête of­fi­ciel entre le Fran­çais et l’amé­ri­cain. « Mais il est très pro­bable qu’il y ait un apar­té », nous confie un proche d’em­ma­nuel Ma­cron. Dans les cou­lisses de ce som­met, le chef de l’etat se­rait sou­cieux d’avoir une pe­tite ex­pli­ca­tion après la salve de mes­sages pi­quants que lui a adres­sés Do­nald Trump sur Twit­ter, raillant no­tam­ment sa « très faible cote de po­pu­la­ri­té, 26 % », avant de l’in­vi­ter à res­tau­rer la gran­deur de la France…

ON CONTI­NUE LE DIA­LOGUE DANS L’OMBRE

Plus ré­cem­ment, le pré­sident mil­liar­daire a éga­le­ment évo­qué sur son ré­seau so­cial pré­fé­ré « les larges et vio­lentes pro­tes­ta­tions fran­çaises », signe qu’il suit de près les dé­boires de son ca­det avec le mou­ve­ment des Gi­lets jaunes. A l’ely­sée, on a dé­cou­vert cette dé­cla­ra­tion avec « un peu de sur­prise ». Si cette en­tre­vue of­fi­cieuse a lieu, Ma­cron compte-t-il s’émou­voir de ces ma­nières ? « Ils vont par­ler du fond », es­quive-t-on dans l’en­tou­rage du chef de l’etat, où l’on s’in­ter­roge sur l’op­por­tu­ni­té d’avoir une ex­pli­ca­tion de texte « d’homme à homme ».

Reste que la belle en­tente qu’ils ont vo­lon­tiers sur­jouée s’est grip­pée, en par­ti­cu­lier de­puis le pas­sage de l’amé­ri­cain à Pa­ris pour les com­mé­mo­ra­tions du cen­te­naire de la Pre­mière Guerre mon­diale, le 11 no­vembre. Les deux hommes ne se sont pas par­lé au té­lé­phone de­puis. Un mau­vais wee­kend pour « The Do­nald », qui a ap­pris, à son ar­ri­vée à Pa­ris, la dé­con­ve­nue des Ré­pu­bli­cains à la Chambre des re­pré­sen­tants à l’is­sue des mid­terms. Sous l’arc de Triomphe, lors de la cé­ré­mo­nie pro­to­co­laire, il a aus­si pris pour lui les cri­tiques for­mu­lées sur les mé­faits des na­tio­na­lismes dans le dis­cours de son hôte. Il n’a pas non plus goû­té la pres­ta­tion de la Bé­ni­noise An­gé­lique Kid­jo, qui avait chan­té lors de la marche contre son in­ves­ti­ture en jan­vier 2017. Si­tôt de re­tour aux Etats-unis, le pré­sident amé­ri­cain a pris à par­tie pu­bli­que­ment son ho­mo­logue.

Faut-il lui ré­pondre sur le même re­gistre ? « Do­nald Trump est dans le rap­port de force. Il a beau jeu de se mo­quer de la cote de po­pu­la­ri­té du pré­sident. Je lui au­rais dit : Vous avez per­du les élec­tions. Il faut lui en­voyer des piques ! », pré­co­nise pour sa part Fran­çois Hol­lande. « On ne va pas faire la di­plo­ma­tie du Twit­ter. On ne va pas ré­pondre à la flèche par une autre flèche. France et Etat­su­nis sont des al­liés », ar­gu­mente un conseiller du pré­sident. A l’ely­sée, on a ap­pris à com­po­ser avec la « per­son­na­li­té di­recte » de l’amé­ri­cain. Sur­tout, on se targue de conti­nuer le dia­logue dans l’ombre, et de cher­cher à ob­te­nir des avan­cées, en dé­pit de la pro­pen­sion de Trump à pri­vi­lé­gier la di­plo­ma­tie du « cha­cun pour soi ». Alors, tout va très bien, ma­dame la mar­quise ? « Leur re­la­tion reste bonne, forte et n’a pas tel­le­ment chan­gé de na­ture », dé­dra­ma­tise un conseiller ély­séen.

Pa­ris, le 10 no­vembre. La belle en­tente entre Do­nald Trump et Em­ma­nuel Ma­cron s’est grip­pée, en par­ti­cu­lier de­puis les com­mé­mo­ra­tions du cen­te­naire de la Grande Guerre.

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