La phar­ma­cienne se bat pour ou­vrir le lun­di

Aujourd'hui en France - - EN RÉGIONS - JU­LIE RIM­BERT

OC­CI­TA­NIE. « Ici, il y a un Etat dans l’etat », confie amè­re­ment Ch­ris­tine Mo­ni­no-clot, gé­rante de la Grande Phar­ma­cie à Castres (Tarn). La jeune femme a dé­ci­dé de sai­sir le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Tou­louse pour faire abro­ger un ar­rê­té pré­fec­to­ral da­tant de 1973 qui in­ter­dit aux of­fi­cines cas­traises d’ou­vrir le lun­di. Pour la phar­ma­cienne, cette aber­ra­tion prive les 43 000 ha­bi­tants d’un ac­cès aux soins puis­qu’ils sont alors obli­gés de se rendre dans l’une des trois phar­ma­cies de garde. Ins­tal­lée à Castres de­puis 2008. C’est lors du trans­fert de son of­fi­cine, qui em­ploie 11 sa­la­riés, que Ch­ris­tine Mo­ni­no-clot, pen­sant l’ar­rê­té pré­fec­to­ral ob­so­lète, a com­men­cé à ou­vrir le lun­di après en avoir in­for­mé ses confrères et le conseil de l’ordre. « Quinze jours après, j’ai re­çu un cour­rier m’in­di­quant que 16 de mes confrères avaient dé­po­sé plainte pour concur­rence dé­loyale au­près du conseil de l’ordre des pharmaciens, ex­plique-t-elle. Le pire, c’est que per­sonne n’est ca­pable de jus­ti­fier cet ar­rê­té. » At­ta­quée au tri­bu­nal de grande ins­tance de Tou­louse pour « pra­tique an­ti­con­cur­ren­tielle », Ch­ris­tine Mo­ni­no-clot a été condam­née en mars à fer­mer le lun­di sous peine d’une as­treinte de 50 000 € à ver­ser à chaque ou­ver­ture. « J’ai dé­ci­dé de lut­ter contre cet ar­rê­té, car les clients sol­li­citent l’ou­ver­ture le lun­di, s’in­surge-t-elle. Une pé­ti­tion a été lan­cée et a dé­jà réuni près de 4 500 si­gna­tures, soit 10 % des ha­bi­tants. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.