Ma­rine Le Pen veut sa re­vanche

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PAR QUEN­TIN LAURENT ET ALEXANDRE SULZER

En pleine crise des Gi­lets jaunes, la pré­si­dente du RN (ex-fn) a lan­cé hier le pre­mier mee­ting de cam­pagne à la Mu­tua­li­té, à Pa­ris.

UNE CAM­PAGNE eu­ro­péenne et pas un seul dra­peau étoi­lé dans la salle de la Mu­tua­li­té, à Pa­ris, hier. C’est de­vant une nuée de fa­nions bleu-blanc-rouge, agi­tés par près de 1 500 mi­li­tants, que Ma­rine Le Pen a te­nu le pre­mier mee­ting de 2019.

Pas un seul Gi­let jaune non plus. Les quelques sym­pa­thi­sants à l’avoir re­vê­tu pour l’oc­ca­sion se sont vu de­man­der de le re­ti­rer. Pas be­soin de les voir. Les Gi­lets jaunes sont dans tous les dis­cours. Y com­pris ce­lui de la chef. Pen­dant trois quarts d’heure, la pré­si­dente du Ras­sem­ble­ment na­tio­nal (RN, exfn) n’a ces­sé de faire le lien entre le mou­ve­ment ci­toyen et l’en­jeu du scru­tin.

« Ré­pé­tez-le par­tout, le 26 mai per­met de dé­nouer la crise po­li­tique », ex­horte-t-elle. En tête dans les son­dages, le RN compte bel et bien sur­fer sur la co­lère pour mo­bi­li­ser des troupes, tra­di­tion­nel­le­ment ten­tées par l’abs­ten­tion à ce scru­tin.

« S’il n’a pas la sa­gesse d’écou­ter le peuple, alors l’ar­bi­trage dé­mo­cra­tique de­vra ve­nir des élec­tions du 26 mai 2019. L’en­jeu se­ra clair, il s’agi­ra de battre Ma­cron », clame l’an­cienne can­di­date à l’ely­sée. Bref, les eu­ro­péennes joue­ront « comme la ré­plique de l’élec­tion pré­si­den­tielle », veut-elle croire.

ELLE AF­FICHE SES PRISES DE GUERRE

Ré­gu­liè­re­ment, la salle scande « On ar­rive ». Le mot d’ordre du jour s’af­fiche sur des pan­cartes dis­tri­buées par­tout. Comme un dé­fi au fa­meux « Qu’ils viennent me cher­cher » d’em­ma­nuel Ma­cron. « Le pre­mier res­pon­sable de la si­tua­tion, c’est lui. […] On ne gou­verne pas en mé­pri­sant le peuple. Il n’y a pas deux France mais une France face à l’oli­gar­chie », ac­cuse-t-elle.

Ma­rine Le Pen en pro­fite pour af­fi­cher ses prises de guerre comme des sym­boles d’un « séisme po­li­tique » dont elle en­tend être l’épi­centre. Par­mi les pre­miers noms de la liste aux eu­ro­péennes, on re­trouve l’ex­mi­nistre sar­ko­zyste Thier­ry Ma­ria­ni et l’ex-dé­pu­té UMP Jean-paul Gar­raud, l’es­sayiste sou­ve­rai­niste Her­vé Ju­vin ain­si que Chris­tiane De­lan­nay-cla­ra, une pro­fes­seur gua­de­lou­péenne to­ta­le­ment in­con­nue. « Ça me rap­pelle l’am­biance quand j’ai com­men­cé en po­li­tique il y a trente ans », glisse Thier­ry Ma­ria­ni. Après s’être « re­po­sé pen­dant un an et de­mi » — il n’avait plus de man­dat —, il pro­met d’être très pré­sent dans la cam­pagne. Dé­ci­dé­ment, au RN, on rêve que ces élec­tions sonnent l’heure de la re­vanche.

Pa­ris (Ve), hier. Jor­dan Bar­del­la, tête de liste pour les eu­ro­péennes, et Ma­rine Le Pen comptent sur­fer sur la co­lère pour mo­bi­li­ser.

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