Chan­tal La­de­sou pique tou­jours

Aujourd'hui en France - - LOISIRS - PAR SYL­VAIN MERLE

Ac­tuel­le­ment au Ca­si­no de Pa­ris, Chan­tal La­de­sou, 70 ans, pen­sion­naire des « Grosses Têtes » sur RTL, re­vient au one-wo­man-show avec éner­gie et mor­dant.

VACHARDE ET CORROSIVE, des vannes de feu entre des dents sou­vent ser­rées, Chan­tal La­de­sou mord tou­jours. Egra­ti­gnant à tout-va sur la scène du Ca­si­no de Pa­ris, la pen­sion­naire des « Grosses Têtes » sur RTL a fait sa­me­di son re­tour au one-wo­man-show avec son nou­veau spec­tacle, « On the Road Again ». Nou­vel­le­ment sep­tua­gé­naire et grand-mère, on l’y re­trouve in­tacte et sans filtre, un peu brouillonne aus­si, ven­dan­geant quelques bonnes piques au pas­sage. Dom­mage, mais elle est ain­si, tor­nade blonde par­lant vite, trop par­fois…

On lui par­donne, à « Mo­mie », comme l’ap­pelle son pe­tit-fils. Mi­chel, son ma­ri, c’est « Yo­da », qua­si­ment de tous les sketchs, même les plus tor­rides. Oh, elle y vien­dra, au sexe, se re­te­nant une bonne par­tie du spec­tacle avant d’en cro­quer tout à fait… Avant, elle évo­que­ra son âge — « Vous me don­nez quel âge ? In­dices, j’ai eu une Re­nault 14 et j’ai connu Re­naud sobre » —, son phy­sique — « Je suis belle, hein ? Ça me coûte as­sez cher » —, sa car­rière — « Je sais que j’ai en­core une belle car­rière de­vant moi. Elle va du­rer en­core long­temps, Line Re­naud ? » — ou sa pas­sion cou­pable pour Ikea.

ELLE LARDE SEC

Ça dé­zingue dur. C’est son seule-en-scène et elle est heu­reuse d’y re­ve­nir. « Au théâtre, ils sont bien gen­tils, il n’y avait que moi qui jouais, eux me re­gar­daient. Au­tant qu’ils payent leur place. » Pré­ten­tion sur­jouée qu’elle contre­ba­lance sans cesse d’une ré­jouis­sante au­to­dé­ri­sion : « Je fais un ou deux films par an, faut pas les lou­per, ils sont dé­jà un peu lou­pés… »

Elle larde sec. Dans la salle, où elle des­cend dé­fou­railler : « Fais gaffe, les ra­clettes de l’hi­ver font les gros culs de l’été. » Dans la pro­fes­sion, aus­si, se payant ces jeunes femmes hu­mo­ristes par­lant so­do­mie « pour cho­quer » et « al­ler plus loin », « les Lau­ra Laune, les Blanche Gar­din, oh je dis leur nom par ha­sard, je les connais pas ces pe­tites enc***. […] C’est qu’elles veulent me dé­mo­der, ces pe­tites sa­lopes […] On le fai­sait, mais on n’osait pas en par­ler […] on n’avait pas de cu­lotte, mais on avait de la pu­deur. »

On la pré­fère plus ima­gée, quand elle se de­mande si ces femmes qui parlent de sexe n’ont pas « fer­mé la salle des fêtes ». Lan­gage fleu­ri ou non, la blonde dé­croche les rires d’une salle conquise.

« On the Road Again », de Chan­tal La­de­sou, au Ca­si­no de Pa­ris (Pa­ris IXE) jus­qu’à sa­me­di (de 25 à 70 €), puis en tour­née.

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