Lyon et Mar­seille, un mar­ché en contrastes

Aujourd'hui en France - - FOOTBALL - DE NOS CORRESPOND­ANTS AN­THO­NY FAURE À LYON (RHÔNE) ET JEAN SAINT-MARC À MAR­SEILLE (BOUCHES-DU-RHÔNE)

L’OL et L’OM ont conclu lun­di leur mer­ca­to. Les deux clubs ont pris quelques pa­ris, Mar­seille avec la si­gna­ture de plu­sieurs es­poirs comme Luis Hen­rique, Lyon avec l’ar­ri­vée de Pa­que­ta et De Sci­glio.

DANS UN MER­CA­TO bous­cu­lé par la crise sa­ni­taire, les deux Olym­piques ont es­sayé de jouer ma­lin. Re­vue d’ef­fec­tifs.

A Lyon, plein de sur­prises

Tout ne s’est pas pas­sé comme pré­vu à Lyon. Avec au bout du compte, des bons coups, des choix cu­rieux, et des ventes avor­tées. L’OL vou­lait dé­grais­ser son gros ef­fec­tif. Cer­tains cadres, avec une forte va­leur mar­chande, avaient un bon de sor­tie. Hous­sem Aouar, Mem­phis De­pay et Mous­sa Dem­bé­lé. Ils vou­laient par­tir. Lyon, à re­gret, était prêt à s’en sé­pa­rer. Ils ne sont pas par­tis.

Une opé­ra­tion « dé­grais­sage » en re­vanche plu­tôt réus­sie avec des joueurs moins im­por­tants de l’ef­fec­tif, tous par­tis cet été : Mar­çal, Rafael, Ter­rier, Ta­ta­ru­sa­nu, Tete et la bonne vente de Trao­ré, 18,5 mil­lions d’eu­ros (M€) à As­ton Villa.

A re­gret, L’OL a dû se sé­pa­rer de deux jeunes pro­met­teurs, Goui­ri et Ka­lu­lu. Aus­si, Lyon a per­du lors du der­nier jour du mer­ca­to ses deux achats les plus chers de l’été der­nier, re­cru­tés pour près de 50 M€ (Reine-adé­laïde 25 M€ et An­der­sen 24 M€). Tous deux ont quit­té L’OL… en prêt. Et ne rap­por­te­ront presque rien à court terme (des prêts payants res­pec­ti­ve­ment de 500 000 € et 1 M€). Plus sur­pre­nant en­core, Rei­nea­dé­laïde a été prê­té chez un concur­rent di­rect, Nice. « Le joueur vou­lait par­tir et ne por­tait pas spé­cia­le­ment Ru­di Gar­cia dans son coeur, nous souffle une source au club. Et puis Aouar est res­té, Pa­que­ta est ar­ri­vé, il fal­lait faire des choix. » An­der­sen aus­si ne comp­tait pas par­tir en va­cances avec Ru­di Gar­cia. Quand on sait que le troi­sième trans­fert le plus cher de l’été der­nier, Thia­go Mendes (22 M€), est lui res­té mais dé­çoit de­puis son ar­ri­vée, le mer­ca­to d’été de L’OL en 2019 ne res­te­ra pas dans les an­nales. Loin de là.

Par ailleurs, Lyon a fait des pa­ris avec Lu­cas Pa­que­ta (re­cru­té 20 M€) et les ar­ri­vées du dé­fen­seur ita­lien Mat­tia De Sci­glio (en prêt) et du dé­fen­seur al­gé­rien Dja­mel Ben­lam­ri. Ris­qué. Il fau­dra aus­si par­ve­nir à re­mo­bi­li­ser le fan­tasque Mem­phis De­pay, dont la tête n’était plus à Lyon de­puis le dé­but de la sai­son… Beau­coup d’in­cer­ti­tudes et peu de cer­ti­tudes.

A Mar­seille, on reste sur sa faim

Après les nuits blanches, la gueule de bois. Les di­ri­geants de L’OM ne di­gèrent pas les der­nières heures du mer­ca­to, au cours des­quelles ils ont man­qué le re­cru­te­ment du la­té­ral da­nois Joa­kim Maehle, ci­blé pour rem­pla­cer Bou­na Sarr, par­ti au Bayern Mu­nich. « Les di­ri­geants de Genk ont été in­cor­rects », peste une source mar­seillaise. Se­lon elle, le club belge a chan­gé les condi­tions fi­nan­cières du deal à 23 h 20.

Ce­pen­dant, L’OM s’en­or­gueillit des si­gna­tures de plu­sieurs es­poirs : l’at­ta­quant Luis Hen­rique (18 ans), les milieux Pape Gueye et Mi­chaël Cui­sance et le dé­fen­seur Leo­nar­do Ba­ler­di, tous deux âgés de 21 ans. A l’ex­cep­tion du re­cru­te­ment de Yu­to Na­ga­to­mo (34 ans), le ca­hier des charges de la phase 2 du pro­jet est res­pec­té. « Sauf à avoir un ac­tion­naire aux poches pro­fondes comme le Qa­tar, le tra­ding­joueurs est une obli­ga­tion pour les clubs fran­çais », pointe ain­si l’an­cien pré­sident de L’OM, Ch­ris­tophe Bou­chet.

« Le grand point d’in­ter­ro­ga­tion, c’est la marge de pro­gres­sion de ces jeunes, bou­gonne Rol­land Cour­bis. Je ne sais pas si Hen­rique, qui a coû­té une di­zaine de mil­lions, se­ra meilleur que Li­had­ji (NDLR : par­ti libre à Lille). » L’an­cien en­traî­neur de L’OM est plu­tôt convain­cu par les re­cru­te­ments de Gueye et de Cui­sance. Il est ré­ser­vé, donc, quant à la ve­nue d’hen­rique. Rol­land Cour­bis est car­ré­ment scep­tique au su­jet de Ba­ler­di et de Na­ga­to­mo : « Je vois pour l’ins­tant des joueurs très moyens. »

Ils au­ront pour­tant du temps de jeu. « L’ef­fec­tif est ban­cal », s’alarme Oli­vier, sup­por­teur de L’OM. Mar­seille a six milieux po­ten­tiel­le­ment ti­tu­laires, mais très peu de so­lu­tions en dé­fense et en at­taque. « Il est pour­tant évident que le fra­gile Be­ne­det­to ne fe­ra pas toute la sai­son. »

Autre re­gret : les gros sa­laires de Stroot­man, Mi­tro­glou et Ger­main pèsent tou­jours sur les comptes de L’OM. « C’est dif­fi­cile de faire par­tir des joueurs avec des gros contrats, plaide un di­ri­geant mar­seillais. Tous les clubs sont dans la même si­tua­tion ! »

Comment rendre ce sport plus at­trac­tif ?

Il doit être plus ou­vert pour élar­gir sa base. Dans les an­nées 1980, le ten­nis était le sport à la mode, ce­lui des gentlemen qui, pour ca­ri­ca­tu­rer, avaient tou­jours une ra­quette dans leur coffre. Le ten­nis doit re­trou­ver une iden­ti­té.

La ba­taille est-elle per­due face au foot­ball par exemple ?

Le ten­nis a dans ses gènes la ré­ponse, comme le pa­del. C’est une porte d’en­trée ac­ces­sible et in­ter­gé­né­ra­tion­nelle en plus.

Il s’agit de l’âge moyen du li­cen­cié de ten­nis.

Le ten­nis est-il un sport po­pu­laire ?

Dans son or­ga­ni­sa­tion, ne se­rait-ce qu’avec la né­ces­si­té d’avoir un court à dis­po­si­tion, cette dis­ci­pline est plus com­plexe que d’autres. Une ap­pli­ca­tion per­met une mo­bi­li­té des lieux de pra­tique. Mais en­core peu de clubs per­mettent de ré­ser­ver des cré­neaux ain­si. La Fé­dé­ra­tion veut re­cru­ter des li­cen­ciés quand des gens cherchent avant tout à pra­ti­quer.

En­vi­ron la moi­tié des li­cen­ciés a moins de 18 ans.

Le peu de joueurs cha­ris­ma­tiques peut-il ex­pli­quer cette désaf­fec­tion ?

Le ten­nis doit re­trou­ver de la mo­der­ni­té. Quand on doit construire une icône, il faut des as­pé­ri­tés. Or, ce sport a ten­dance de nos jours à faire en­trer les joueurs dans des moules. Mais la simple iden­ti­fi­ca­tion à un mo­dèle ne se­ra pas suf­fi­sante pour at­ti­rer les jeunes gé­né­ra­tions.

On compte sur les courts de ten­nis des clubs fran­çais une très grande ma­jo­ri­té d’hommes.

Lu­cas Pa­que­ta fait son ar­ri­vée à l’olym­pique lyon­nais tan­dis que Luis Hen­rique a si­gné avec L’OM.

Pour la hui­tième an­née d’af­fi­lée, le nombre de li­cen­ciés dans les clubs fran­çais di­mi­nue. Mais le ten­nis reste mal­gré tout le 2e sport pré­fé­ré des Fran­çais, der­rière le foot, en termes de li­cences.

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