Les prix des box pour ap­prendre à cui­si­ner comme un chef

Start-up ou mul­ti­na­tio­nales, elles vous livrent in­gré­dients et re­cettes à réa­li­ser pas à pas et en­suite, à vous de jouer ! Six sites au banc d’es­sai.

Aujourd'hui en France - - LA UNE - PAR ODILE PLICHON

VOUS N’AVEZ au­cune en­vie de pas­ser deux heures dans un su­per­mar­ché à faire vos courses ? Vous vou­driez re­nou­ve­ler vos re­cettes ? Alors lan­cez-vous dans le monde mer­veilleux des box à cui­si­ner, qui ont le vent en poupe de­puis la ren­trée. « Non seu­le­ment, elles sont une al­ter­na­tive aux courses et vous font ga­gner un temps pré­cieux, plaide Etienne Boix, le co­fon­da­teur et di­ri­geant de Qui­toque, le lea­der du mar­ché, mais vous re­trou­ve­rez le plai­sir de cui­si­ner », pro­me­til. Et vous va­rie­rez aus­si les plai­sirs : « alors qu’une fa­mille tourne sur 9 re­cettes en moyenne, nous en pro­po­sons 300 nou­velles par an ! » s’en­gage Oli­vier Tan­go­pou­los, le fon­da­teur de Foo­dette. Et d’ajou­ter : « Ré­cem­ment, un client m’a dit : Grâce à vous, j’ai en­fin tour­né le dos aux dî­ners pain de mie-fro­mage à tar­ti­ner. » « Et puis, pas de gas­pillage : à la fin de la se­maine, il n’y a pas de restes dans le fri­go », ar­gu­mente pour sa part Cy­ril Fran­cin, le fon­da­teur de Les­com­mis.

■ Point com­mun : une ad­di­tion dé­gres­sive

Toutes les box pro­po­sées fonc­tionnent au nombre d’as­siettes com­man­dées, l’ad­di­tion étant dé­gres­sive au fur et à me­sure que l’on sé­lec­tionne un nombre éle­vé de re­pas. Toutes pro­posent éga­le­ment un sys­tème d’abon­ne­ment souple : vous pou­vez souvent mettre en pause votre com­mande pour la se­maine d’après — lé­gère prime aux Com­mis, qui offrent une vi­si­bi­li­té sur cinq se­maines, avec stop-and-go pos­sible. La plu­part de ces sites ont éga­le­ment une épi­ce­rie en ligne, qui per­met de com­man­der gâ­teaux, pain, pa­niers de fruits frais voire pe­tits pots pour bé­bés (comme chez Rutabago).

En­fin, ce sec­teur ai­gui­sant les ap­pé­tits, beau­coup de pe­tits se sont par ailleurs fait ra­che­ter, comme Qui­toque par Car­re­four, Foo­dette par Aqua­relle, tan­dis que Rutabago, « 100 % bio », a si­gné un par­te­na­riat avec Bio­coop. Si­gna­lons dans ce pay­sage mor­ce­lé le poids lourd Hel­lo­fresh

qui, avec ses 5 000 sa­la­riés, a dis­tri­bué 149 mil­lions de re­pas au deuxième tri­mestre 2020 !

■ Ta­rifs et dé­lais de li­vrai­son va­riables

Les dif­fé­rences entre les uns et les autres portent tout d’abord sur les ta­rifs mais aus­si sur les dé­lais de li­vrai­son, voire sur les cré­neaux : chez Hel­lo­fresh, il faut payer un sup­plé­ment pour avoir un cré­neau de deux heures. Qui­toque Go convient à ceux qui veulent se dé­ci­der au der­nier mo­ment, puis­qu’il est pos­sible d’être li­vré qua­rante-huit heures après la com­mande. Sans sur­prise, les dif­fé­rences se font en­suite sur les prix. A cette aune-là, Qui­toque Go, qui an­nonce 30 % de moins que Qui­toque grâce à des re­cettes sim­pli­fiées et des par­te­na­riats avec de grandes marques, pa­raît ef­fec­ti­ve­ment très rai­son­nable, tout comme le lea­der mon­dial Hel­lo­fresh, à ce­ci près que ce der­nier ajoute moult sup­plé­ments, par­fois éle­vés (2 à 4 € par por­tion), pour ses me­nus dits pre­mium ou fes­tin : pour des ta­glia­telles à l’encre de seiche et au porc, ou un fi­let mi­gnon, vous paye­rez un sup­plé­ment.

« En gros, dès qu’ils mettent de la viande ou du pois­son, ils fac­turent plus », grince un concur­rent, aga­cé par ce géant co­té en Bourse qui re­fuse de dire quel pour­cen­tage de ses pro­duits vient de France, une par­tie pro­ve­nant de la plate-forme néer­lan­daise d’hel­lo­fresh.

■ Lé­gumes de sai­son pour tous

En fait, com­pa­rer les prix stric­to sen­su n’a que peu de sens, tant les en­ga­ge­ments des uns et des autres dif­fèrent. Tous, peu ou prou, re­ven­diquent des lé­gumes de sai­son. Mais les Com­mis vont plus loin en an­non­çant des pro­duits 100 % fran­çais, et le seul à avoir le la­bel AB (agri­cul­ture bio­lo­gique) est Rutabago. Sans sur­prise, ceux qui pro­posent du boeuf de l’au­brac ou du qui­noa bio d’an­jou fac­turent plus cher, tout est donc ques­tion de prio­ri­té pour le consom­ma­teur.

En­fin, si ces for­mules étaient au­pa­ra­vant ré­ser­vées aux cadres su­pé­rieurs évo­luant en mi­lieu ur­bain, tous ces pe­tits et grands sites pointent une dé­mo­cra­ti­sa­tion de cette nou­velle fa­çon de consom­mer. « Nous pen­sions avoir beau­coup de Pa­ri­siens et, en fait, la répartitio­n géo­gra­phique est très équi­li­brée », confirme Younes El Hajjami, le co­fon­da­teur de Rutabago.

"Nous pen­sions avoir beau­coup de Pa­ri­siens et, en fait, la répartitio­n géo­gra­phique est très équi­li­brée

YOUNES EL HAJJAMI, CO­FON­DA­TEUR DE RUTABAGO.

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