« Les forces de sé­cu­ri­té ne doivent pas payer deux fois »

Aujourd'hui en France - - OPINIONS -

Par Be­noît Briatte,

PRÉ­SIDENT DE LA MGP,

LA MU­TUELLE DES FORCES DE SÉ­CU­RI­TÉ

Sans ac­tion­naires ni but lu­cra­tif, une mu­tuelle ap­par­tient à l’en­semble de ses adhé­rents, dont chaque voix compte dans les choix de son dé­ve­lop­pe­ment.

Cette gou­ver­nance per­met de main­te­nir une pro­tec­tion so­ciale conforme aux va­leurs mu­tua­listes en fa­vo­ri­sant l’ac­cès pour tous à des soins de qua­li­té.

Ce pré­cieux équi­libre est au­jourd’hui re­mis en cause par la créa­tion d’une « taxe Co­vid » pré­le­vée sur le chiffre d’af­faires des com­plé­men­taires san­té, à hau­teur de 1 mil­liard d’eu­ros en 2021 et de 500 mil­lions en 2022. Nous, la MGP, mu­tuelle des forces de sé­cu­ri­té, contes­tons cette dé­ci­sion. En ef­fet, cette taxe n’im­pac­te­ra pas des ac­tion­naires que nous n’avons pas, mais des adhé­rents qui sont des po­li­ciers, des sur­veillants pé­ni­ten­tiaires ou des doua­niers… à qui on ne pour­ra res­ti­tuer les éco­no­mies qui de­vraient leur re­ve­nir.

En tant que mu­tuelle de fonc­tion­naires, nous sommes fa­vo­rables à l’im­pôt qui as­sure le sa­laire de tous les agents du ser­vice pu­blic, no­tam­ment ceux qui nous pro­tègent au quo­ti­dien, et le fonc­tion­ne­ment de l’etat. Nous sommes, par ailleurs, tout à fait conscients du dé­fi­cit de l’as­su­rance ma­la­die et des consé­quences sans pré­cé­dent de la crise sa­ni­taire sur les équi­libres fi­nan­ciers de la na­tion. Mais ce nou­vel im­pôt est in­dé­nia­ble­ment in­juste, car il consti­tue une double peine pour nos adhé­rents qui sont, en­core au­jourd’hui et comme beau­coup d’autres, chaque jour sur le ter­rain pour lut­ter contre la pan­dé­mie. Nombre d’entre eux ont né­gli­gé leur san­té, ou re­tar­dé des soins pré­ven­tifs pour­tant in­dis­pen­sables, pour être sur le ter­rain au­près des Fran­çais et faire res­pec­ter les gestes bar­rière.

Nous avons certes pu no­ter une baisse des dé­penses de san­té du­rant le con­fi­ne­ment liée à des re­non­ce­ments aux soins. Mais, on le sait, ces soins pour­raient être re­por­tés. De plus, ce re­tard dans la prise en charge des soins pour­ra avoir comme consé­quence l’ap­pa­ri­tion de pa­tho­lo­gies plus lourdes et donc plus coû­teuses à l’ave­nir.

Ce sont alors les mu­tuelles qui se­ront en pre­mière ligne pour as­su­rer le rem­bour­se­ment de ces dé­penses.

Mais, sur­tout, nous avons à coeur de res­ter fi­dèles à notre phi­lo­so­phie mu­tua­liste. Alors nous, MGP, sou­hai­tons re­ver­ser di­rec­te­ment cette taxe ex­cep­tion­nelle à nos adhé­rents. Et, si les éco­no­mies réa­li­sées pen­dant le con­fi­ne­ment dé­passent le mon­tant de cette taxe, nous re­ver­se­rons éga­le­ment l’ex­cé­dent consta­té.

Mon­sieur le mi­nistre des So­li­da­ri­tés et de la San­té, mon­sieur le mi­nistre dé­lé­gué aux Comptes pu­blics, lais­sez le choix aux mu­tuelles qui le sou­haitent de re­ver­ser à leurs adhé­rents la somme que vous en­vi­sa­gez de pré­le­ver.

Il en va de l’es­prit mu­tua­liste et de l’uni­té de la na­tion pour nos forces de sé­cu­ri­té en pre­mière ligne pen­dant cette crise. Réaf­fir­mons notre mo­dèle se­lon les grands prin­cipes de la charte de la mutualité is­sue de la loi du 1er avril 1898 : li­ber­té, so­li­da­ri­té, dé­mo­cra­tie et res­pon­sa­bi­li­té.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.