Aujourd'hui en France

Le monde po­li­tique sous le choc

- PAR CHARLES DE SAINT SAUVEUR Terrorism · Politics · Paris · France · Marine Le Pen · National Rally · Richard Ferrand · Unsubmissive France · Laurent Wauquiez · Francois Fillon

IL ÉTAIT 20 HEURES à l’as­sem­blée na­tio­nale quand le pré­sident de séance, Hugues Ren­son, a pris la pa­role, la voix nouée par l’émo­tion. « Nous avons ap­pris avec ef­froi l’abo­mi­nable at­ten­tat qui s’est pro­duit. Au nom de la re­pré­sen­ta­tion na­tio­nale, je tiens à sa­luer la mé­moire de la vic­time », a lan­cé l’élu LREM de Pa­ris avant de dé­non­cer un « abo­mi­nable at­ten­tat ». Dans l’hé­mi­cycle clair­se­mé, les dé­pu­tés se sont tous le­vés dans un si­lence qui en dit long sur la si­dé­ra­tion de la classe po­li­tique, après la dé­ca­pi­ta­tion du pro­fes­seur d’his­toire à Con­flans-sainte-ho­no­rine, dans les Yve­lines.

Dans l’ava­lanche de ré­ac­tions sur les ré­seaux so­ciaux, les mots « horreur », « bar­ba­rie », « nau­sée » ont dé­fer­lé… « C’est un at­ten­tat contre la li­ber­té d’ex­pres­sion et les va­leurs de la Ré­pu­blique. S’at­ta­quer à un pro­fes­seur, c’est at­ta­quer tous les ci­toyens fran­çais », a ré­agi le pré­sident (LREM) de l’as­sem­blée na­tio­nale, Ri­chard Fer­rand. La co­lère de Jean-luc Mé­len­chon était aus­si pal­pable face à « l’ignoble crime » : « En fait, l’as­sas­sin se prend pour le dieu dont il se ré­clame. Il sa­lit sa re­li­gion. Et il nous in­flige à tous l’en­fer de de­voir vivre avec les meur­triers de son es­pèce », a dé­plo­ré le lea­der de la France in­sou­mise.

« Uni­té et fer­me­té »

Au-de­là de l’émo­tion et de l’in­di­gna­tion, de nom­breux élus ont as­su­ré que la Ré­pu­blique ne « cé­de­ra pas », à l’ins­tar du mi­nistre de l’edu­ca­tion, Jean-mi­chel Blan­quer : « Notre uni­té et notre fer­me­té sont les seules ré­ponses face à la mons­truo­si­té du ter­ro­risme is­la­miste. Nous fe­rons face. » Xa­vier Ber­trand, le pa­tron (ex-lr) des Hauts-def­rance, a em­ployé le même ton : « Ces ter­ro­ristes veulent nous faire taire, nous mettre à ge­noux. Qu’ils sachent que nous ne plie­rons pas. »

Mais à droite, les mots se font en­core plus durs dans les ré­ac­tions de cer­tains élus. Laurent Wau­quiez, le pré­sident de la ré­gion Au­vergne - Rhône-alpes, a dé­non­cé ain­si « cinq ans de sou­mis­sion à l’is­la­misme, cinq ans de rou­tine ma­cabre » après les at­ten­tats de 2015, avant de conclure : « Quand notre pays va-t-il ré­agir ? Les grands dis­cours doivent cé­der la place aux grandes dé­ci­sions contre le ter­ro­risme », a ren­ché­ri Ch­ris­tian Ja­cob, pa­tron des Ré­pu­bli­cains.

Même Fran­çois Fillon est sor­ti de sa ré­serve, dans la­quelle il se mure de­puis 2017, pour de­man­der lui aus­si une ré­ponse im­pla­cable : « La bar­ba­rie au coin de la rue. Voi­là où mène le to­ta­li­ta­risme is­la­mique, que j’ai maintes fois dé­non­cé. Plus d’aveu­gle­ment, plus de re­cul. Il faut tous en­semble agir puis­sam­ment », a twee­té l’an­cien Pre­mier mi­nistre. A l’ex­trême droite, Ma­rine Le Pen, cheffe du Ras­sem­ble­ment na­tio­nal, en a ap­pe­lé à la « force » : « L’is­la­misme nous mène une guerre : c’est par la force que nous de­vons le chas­ser de notre pays. »

 ??  ?? As­sem­blée na­tio­nale (Pa­ris VIIE), hier. Les dé­pu­tés se sont tous le­vés et ont ob­ser­vé un long mo­ment de si­lence.
As­sem­blée na­tio­nale (Pa­ris VIIE), hier. Les dé­pu­tés se sont tous le­vés et ont ob­ser­vé un long mo­ment de si­lence.

Newspapers in French

Newspapers from France