Aujourd'hui en France

Une mise en exa­men qui fait mal

Ni­co­las Sar­ko­zy est pour­sui­vi pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs » dans le cadre de l’en­quête sur les soup­çons de fi­nan­ce­ment libyen, peu avant l’ou­ver­ture de son pro­cès dans l’af­faire des écoutes.

- PAR QUEN­TIN LAURENT Corruption · Politics · Crime · The Republicans · Nicolas Sarkozy

QUI IMA­GINE un an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique mis en exa­men pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs » ? Avant hier, pro­ba­ble­ment per­sonne. Une pre­mière. Ni­co­las Sar­ko­zy était dé­jà mis en cause de­puis 2018 pour « cor­rup­tion », « re­cel de dé­tour­ne­ments de fonds pu­blics » et « fi­nan­ce­ment illi­cite de cam­pagne élec­to­rale » dans le cadre de l’en­quête sur des soup­çons de fi­nan­ce­ment libyen de la pré­si­den­tielle de 2007.

L’in­té­res­sé n’a pas tar­dé à ré­agir, après l’an­nonce du Par­quet na­tio­nal fi­nan­cier, confir­mant une in­for­ma­tion de Me­dia­part. « J’ai ap­pris cette nou­velle mise en exa­men avec la plus grande stu­pé­fac­tion », a ré­agi Sar­ko­zy dans un com­mu­ni­qué pu­blié sur les ré­seaux so­ciaux. « Après quatre jour­nées d’in­ter­ro­ga­toire, au cours des­quelles j’ai ré­pon­du à toutes les ques­tions qui m’ont été po­sées sans ja­mais être mis en dif­fi­cul­té, mon in­no­cence est à nou­veau ba­fouée par une dé­ci­sion qui ne rap­porte pas la moindre preuve d’un quel­conque fi­nan­ce­ment illi­cite », pour­suit l’an­cien chef de l’etat.

Quelques coups de fil à ses proches pour re­cueillir leur sen­ti­ment sur cette an­nonce se soldent par des ap­pels dans le vide ou des tex­tos sans ré­ponse, sou­vent. « Je ne ré­agis pas. Ap­pe­lez Mo­ra­no ! », nous en­voie très po­li­ment paître un fi­dèle. In­con­di­tion­nel sou­tien, la dé­pu­tée eu­ro­péenne a en ef­fet été une des pre­mières à ré­agir avec sa verve ha­bi­tuelle. « Ni­co­las Sar­ko­zy dé­mon­tre­ra en­core et en­core une nou­velle fois son in­no­cence… Mais que d’épreuves… A croire qu’il s’agit d’une ten­ta­tive per­ma­nente d’as­sas­si­nat po­li­tique », a com­men­té l’ex­mi­nistre. « L’his­toire re­tien­dra l’achar­ne­ment ju­di­ciaire et po­li­tique sans pré­cé­dent qui frappe un an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique », a abon­dé le dé­pu­té (LR) Eric Ciot­ti.

Une de plus, une de moins…

Si rien ne pré­juge de la culpa­bi­li­té de l’an­cien pré­sident, le chef de mise en exa­men est en lui-même un fait po­li­tique. Avec des consé­quences ? « Il reste une fi­gure tu­té­laire de la droite, c’est dom­ma­geable pour nous », ré­pond so­bre­ment un dé­pu­té LR. Ré­cem­ment en­core, cer­tains fi­dèles en­tre­te­naient une pe­tite mu­sique sur son retour en po­li­tique en cas de crise grave. Quand bien même l’in­té­res­sé s’est à nou­veau dé­fen­du pu­bli­que­ment d’y re­plon­ger.

« Les mises en exa­men de Ni­co­las Sar­ko­zy n’ont plus d’im­pact sur l’opi­nion », nous ré­pond par tex­to un haut cadre des Ré­pu­bli­cains. Une de plus, une de moins… « Cette mise en exa­men est gros­sière… et s’il est prou­vé que tout ce­la est in­fon­dé, ça peut même ré­ha­bi­li­ter Ni­co­las Sar­ko­zy », es­time de son cô­té un an­cien proche. Com­prendre : lui mettre du vent dans les voiles si ja­mais il sou­hai­tait à nou­veau re­des­cendre dans l’arène. Lui est da­van­tage at­ten­tif au dossier Byg­ma­lion (Sar­ko­zy se­ra ju­gé en mars pour « fi­nan­ce­ment illé­gal de cam­pagne » en 2012) où, con­trai­re­ment au dossier libyen se­lon lui, « là, il y a quelque chose ».

Avant ce­la, l’ex-pré­sident se­ra aus­si ju­gé pour « cor­rup­tion » dans le cadre de l’af­faire dite des « écoutes té­lé­pho­niques », à par­tir du 23 no­vembre. En at­ten­dant le pro­cès Byg­ma­lion en mars 2021. Un retour dé­ci­dé­ment moins po­li­tique que ju­di­ciaire.

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« J’ai ap­pris cette nou­velle mise en exa­men avec la plus grande stu­pé­fac­tion », a ré­agi Ni­co­las Sar­ko­zy sur les ré­seaux so­ciaux après l’an­nonce du Par­quet na­tio­nal fi­nan­cier.
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Fin 2007, Ni­co­las Sar­ko­zy re­ce­vait Mouam­mar Kadha­fi à l’ely­sée.

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