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- DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL DA­VID CHARPENTIE­R À BRIS­TOL(ROYAUME-UNI) Sports · Soccer · Bristol · Camp Nou · Spain · Daniel Carter · France · La Rochelle · Porto · England · Paris Saint-Germain FC · Rafinha · Racing 92 · Saracens F.C.

Après deux fi­nales per­dues en 2016 et 2018, le club fran­ci­lien a la pos­si­bi­li­té de rem­por­ter un titre eu­ro­péen, au bout d’une longue quête.

EXE­TER RA­CING 92

CE­LA POUR­RAIT res­sem­bler à une comp­tine en­fan­tine : « Tu l’au­ras au bout de trois ». Mais la quête d’un pre­mier titre eu­ro­péen pour le Ra­cing 92 a des al­lures, pour le mo­ment, d’un ro­man in­ache­vé dont l’épi­logue — heu­reux ou mal­heu­reux — va s’écrire au­jourd’hui du cô­té de Bris­tol où les joueurs Ciel et Blanc dé­fient le club an­glais d’exe­ter. La terre an­glaise n’a ja­mais été très pro­pice aux vic­toires fran­çaises, mais le huis clos im­po­sé au Ash­ton Gate du fait des contrainte­s sa­ni­taires pour­rait com­pen­ser l’im­pres­sion bien réelle de se trou­ver en ter­rain hos­tile.

Après deux fi­nales per­dues et au­tant d’er­reurs re­mâ­chées, d’abord face aux Sa­ra­cens en 2016 (9-21) puis deux ans plus tard face à la pro­vince ir­lan­daise du Leins­ter (1215), où le Ra­cing avait presque en­tre­vu la pre­mière étoile, voi­là de nou­veau les joueurs fran­ci­liens en passe d’être sa­crés. Le centre Hen­ry Cha­van­cy, l’en­fant du club qui a gra­vi tous les éche­lons un à un au point d’en de­ve­nir le ca­pi­taine em­blé­ma­tique, a eu des mots forts pour dire ce que re­pré­sen­te­rait à ses yeux un pre­mier sacre conti­nen­tal : « Il y a douze ou treize ans, nous étions en­core en 2e di­vi­sion. Pour moi, rem­por­ter le titre en Pro D 2 et en Coupe d’eu­rope avec le même club, ça au­rait vrai­ment une sa­veur spé­ciale. »

Après le bou­clier de Bren­nus dé­cro­ché en 2016 dans le contexte unique d’une fi­nale dé­lo­ca­li­sée au Camp Nou de Bar­ce­lone de­vant 100 000 spec­ta­teurs, le Ra­cing, pro­prié­té de Ja­cky Lo­ren­zet­ti, a fait d’un sacre eu­ro­péen une vé­ri­table quête ob­ses­sion­nelle, une quête ul­time. « Ce se­rait la concré­ti­sa­tion de qua­torze ans d’ef­forts », a conve­nu l’homme d’af­faires. Entre la fièvre et la fer­veur ca­ta­lanes et le huis clos ven­teux et hu­mide an­glais, c’est un peu le choc des ex­trêmes. « On n’a ja­mais connu ça. Dans les têtes, on se­ra prêts pour faire face à ce contexte par­ti­cu­lier qui se­ra unique, ras­sure le de­mi de mê­lée Maxime Ma­che­naud. On a connu une fi­nale de Top 14 unique en Es­pagne. On connaî­tra quelque chose de com­plè­te­ment dif­fé­rent mais d’unique aus­si (à Bris­tol). »

La star, c’est l’équipe

Les re­crues stars, comme le Néo-zé­lan­dais Dan Car­ter, n’ont pas suf­fi à exau­cer le voeu de sacre eu­ro­péen. Et c’est fi­na­le­ment l’an­née où la force des Ciel et Blanc re­pose avant tout sur un col­lec­tif sans faille, avec tout de même quelques so­listes de gé­nie — l’ecos­sais Finn Rus­sell, les in­ter­na­tio­naux du XV de France Vi­ri­mi Va­ka­ta­wa et Ted­dy Iri­ba­ren —, que les hommes du ma­na­geur Laurent Tra­vers pour­raient être la pre­mière équipe fran­çaise de­puis Tou­lon en 2015 à s’ins­tal­ler sur le toit de l’eu­rope.

Le Ra­cing a d’abord dû se jouer des élé­ments ex­té­rieurs et du Co­vid-19 qui s’est pro­pa­gé il y a deux se­maines par­mi les co­équi­piers de Hen­ry Cha­van­cy, au point de pro­vo­quer l’iso­le­ment de neuf d’entre eux et le re­port du match de Top 14 contre La Ro­chelle. C’est en Corse, à Por­to-vec­chio (Corse-du­sud), que l’ef­fec­tif s’est ras­sem­blé dans une bulle afin de pré­pa­rer sa fi­nale. Les en­traî­ne­ments avec contact n’ont re­pris col­lec­ti­ve­ment que jeu­di ; et tous les tests PCR sont re­ve­nus né­ga­tifs. La re­traite corse suf­fi­ra-t-elle au mo­ment d’af­fron­ter le club d’exe­ter, vé­ri­table bi­zut à ce stade de la com­pé­ti­tion mais au­then­tique va­leur sûre en Angleterre ?

des es­poirs bri­vistes. « Le rugby, que j’ai com­men­cé à 5 ans, coule dans mes veines de­puis tout le temps. Je me suis vrai­ment épa­noui dans le sec­teur ban­caire mais ma pas­sion a pris le des­sus, et j’ai sau­té le pas, sa­chant que j’avais toujours eu cette convic­tion de vou­loir en­traî­ner. J’avais d’ailleurs pas­sé mes di­plômes quand j’étais joueur », ex­plique ce­lui qui va ra­pi­de­ment connaître ses heures de gloire.

Après Cler­mont (20012003), il forme un bi­nôme ga­gnant avec Laurent La­bit à Mon­tau­ban (cham­pion de Pro D 2 en 2006), Castres (cham­pion de Top 14 en 2013) puis au Ra­cing en dé­cro­chant le bou­clier de Bren­nus en 2016, trois ans après son ar­ri­vée. Au­jourd’hui, Laurent Tra­vers, seul aux com­mandes des Ciel et Blanc après le dé­part au goût amer de son aco­lyte La­bit pour le XV de France en 2019, pour­rait de­ve­nir le pre­mier Fran­çais à rem­por­ter la Coupe d’eu­rope en tant que joueur et en­traî­neur.

« Le plus im­por­tant est que le club puisse être cham­pion d’eu­rope, coupe-t-il. Quand on ob­tient quelque chose, ce n’est ja­mais seul. Ma réus­site n’est pas la mienne uni­que­ment mais celle de tous ceux qui m’ont toujours sou­te­nu : mes amis, ma fa­mille, mon épouse qui a toujours été pré­sente, même dans les mo­ments dif­fi­ciles. Elle a fait le choix d’ar­rê­ter de tra­vailler pour pou­voir m’ac­com­pa­gner dans ma car­rière. »

Ma­rié après 25 ans de vie com­mune

Mais pour Ch­ris­telle, 51 ans, sa­la­riée d’une com­pa­gnie d’as­su­rances jus­qu’en 2009, c’est de l’his­toire an­cienne. « Je m’y suis très bien ac­com­mo­dée, c’était un confort pour toute la fa­mille », sou­rit celle qui s’est ma­riée avec Laurent en 2016, après… vingt­neur cinq ans de vie com­mune. « On trou­vait que c’était bien que nos en­fants (NDLR : Car­la et Max, 24 et 21 ans au­jourd’hui) nous ap­portent les al­liances, qu’ils puissent vivre cette union », pré­cise Laurent Tra­vers, qui érige le par­tage comme prin­cipe fon­da­men­tal. « C’est quel­qu’un de gé­né­reux, fé­dé­ra­teur, exi­geant mais, en toute sin­cé­ri­té, il au­rait ten­dance à s’em­por­ter as­sez vite mais re­grette aus­si­tôt, pour­suit Ch­ris­telle. De­puis le dé­but, il ne pen­sait pas réa­li­ser tout ce che­min, il s’en émer­veille en­core… »

« Laurent tra­vaille du ma­tin au soir, il est ca­pable de re­gar­der plu­sieurs matchs chez lui, même de Pro D 2, glisse Di­dier Ca­sa­déi. C’est aus­si l’hu­mi­li­té, la re­mise en ques­tion, l’am­bi­tion… Et je vous parle avec la plus grande hon­nê­te­té. Il n’a ja­mais mar­ché sur per­sonne non plus, il s’est fait à la force du poi­gnet ! »

Mi-temps : 0-1. Spec­ta­teurs : 5 000. Ar­bitre : M. Tur­pin.

Buts : Mbap­pé (32e, 83e), Flo­ren­zi (78e), Sa­ra­bia (88e).

Aver­tis­se­ments. Nîmes :

Deaux (7e) ; PSG : Ra­fin­ha (18e), Gueye (20e).

Ex­pul­sion. Nîmes : Landre (13e).

Rey­net - Bur­ner, Landre, Mi­guel, Pa­quiez Fom­ba (Ah­lin­vi, 85e), Cu­bas (Mar­ti­nez, 55e), Deaux - Ri­part (cap.) (Ko­né, 85e), Roux (Ari­bi, 68e), Elias­son (Ma­jou­ga, 85e).

En­tr. : Ar­pi­non.

Na­vas - Flo­ren­zi (Ruiz, 85e), Dial­lo, Kim­pembe (cap.), Bak­ker - Sa­ra­bia, Pa­redes (Her­re­ra, 12e), Gueye, Ra­fin­ha (Dag­ba, 58e) - Mbap­pé (Je­sé, 85e), Kean. En­tr. : Tu­chel.

Nîmes :

PSG :

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