Aujourd'hui en France

Les hu­mo­ristes pré­fèrent en rire

- Paris · Emmanuel Macron

AU BAR­BÈS Co­me­dy Club, mai­son du stand-up à Pa­ris (XVIIIE) qui res­te­ra ou­verte sept jours sur sept, les ar­tistes n’ont pas man­qué de re­bon­dir sur la si­tua­tion sa­ni­taire en gé­né­ral et sur le couvre-feu en par­ti­cu­lier.

« Mais… on par­lait de quoi avant », se marre l’un des ar­tistes sur scène. Im­pos­sible de faire l’im­passe sur le su­jet. S’ils ont aus­si par­lé théo­rie du com­plot, ra­cisme ou voyage sur la Lune, les quatre hu­mo­ristes pré­sents hier à la séance de 20 h 15 du Bar­bès Co­me­dy Club — la der­nière jus­qu’à nou­vel ordre à cette heure — ont tous évo­qué la crise sa­ni­taire en gé­né­ral, et le cou­vre­feu en par­ti­cu­lier. Pe­tite salle à l’amé­ri­caine où les meilleurs jeunes hu­mo­ristes adeptes de stand-up testent leurs nou­velles vannes, le Bar­bès Co­me­dy Club a été créé il y a un an pile. « Un su­per bu­si­ness plan : de­puis l’ou­ver­ture, on a eu les grèves, la pan­dé­mie mon­diale, et main­te­nant le couvre-feu et les chan­ge­ments d’ho­raires », ré­sume en ri­go­lant sur scène l’hu­mo­riste Shir­ley Soua­gnon, la pa­tronne des lieux. A tour de rôle, après des pas­sages de dix bonnes mi­nutes, chaque stand-up­per se passe le té­moin. Mais, Co­vid oblige, leur pre­mier geste est le même : un coup de lin­gette sur le mi­cro. Les vannes sur le confi­ne­ment, les masques ou les gestes bar­rière fusent. « Je suis cé­li­ba­taire et je ne vous cache pas qu’une bise de temps en temps, ça fait plai­sir, lâche Louis Chap­pey. Mais main­te­nant, quand je fais la bise à un pote, j’ai l’im­pres­sion de faire l’amour sans ca­pote. » « Vous avez écou­té Ma­cron mer­cre­di ? re­bon­dit quelques mi­nutes plus tard son col­lègue Ré­mi Boyes. Il nous a dit : je ne vous in­fan­ti­lise pas mais… soyez tous à la mai­son à 21 heures, hein ! »

« Bouf­fée d’oxy­gène »

La salle, bien rem­plie, ré­agit au quart de tour. Si­hem et As­sia, deux co­pines ve­nues du Vald’oise et des Hauts-de-seine, avaient ini­tia­le­ment pré­vu uni­que­ment un res­to. « Mais avec le couvre-feu, on s’est dit qu’on al­lait aus­si se faire un spec­tacle parce qu’à par­tir de la se­maine pro­chaine, ça va être bien plus com­pli­qué. » Fa­nas de sor­tie, les deux jeunes femmes re­grettent dé­jà leur « bouf­fée d’oxy­gène du jeu­di ou du ven­dre­di soir ». « On a com­men­cé à se ren­sei­gner

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