Adrian von Hooy­donk, pa­tron du de­si­gn BMW Group

Pa­tron du de­si­gn BMW Group

Auto Moto - - Auto Menu - PRO­POS RECUEILLIS PAR N. BRIOUZE

«En­tré chez BMW en 1992, Adrian Van Hooy­donk rem­place Ch­ris Bangle à la tête du de­si­gn de­puis 2009. Son pre­mier fait d’arme : la Sé­rie 5 “F10” de 2010. Vous avez com­men­cé chez BMW avec Ch­ris Bangle ; quels sou­ve­nirs conser­vez-vous de cette époque ?

De très bons. Ch­ris Bangle est quel­qu’un de très sym­pa, qui nous lais­sait beau­coup de li­ber­tés. Il a ren­for­cé l’équipe et in­ter­na­tio­na­li­sé le de­si­gn BMW. C’est d’ailleurs l’époque où BMW a ra­che­té Rolls-Royce et Mi­ni, ce qui a ren­du notre tra­vail d’au­tant plus in­té­res­sant. J’ai eu l’op­por­tu­ni­té d’al­ler tra­vailler dans notre stu­dio de de­si­gn de Ca­li­for­nie, c’était vrai­ment “fun”.

Cer­tains re­prochent à BMW un de­si­gn trop sage, à l’in­verse de ce­lui, par­fois contro­ver­sé, de Ch­ris Bangle (Sé­rie 7 “E65” et Sé­rie 5 “E60”, en par­ti­cu­lier).

Nous avons en ef­fet des formes plus douces, mais conser­vons des lignes tran­chantes, ten­dues. Nous al­lons sim­pli­fier, “net­toyer” notre de­si­gn, tout en pré­ser­vant des lignes

ten­dues, sa­chant que le se­cret consiste à évi­ter les sur­faces planes, qui ne sus­citent pas d’émo­tions. Un nou­veau cha­pitre dé­bute, avec la nou­velle Sé­rie 8, et va se pour­suivre avec cinq autres mo­dèles.

La tâche est d’au­tant moins fa­cile que votre gamme com­prend des ber­lines, des SUV, des mo­no­spaces…

En ma­tière de de­si­gn, tout est af­faire de pro­por­tions. Même s’il est beau­coup plus fa­cile de des­si­ner un mo­dèle large et bas, comme la i8, qu’un gros, et haut, de type SUV, comme le X5. Sur cha­cun de nos seg­ments, nous es­sayons d’at­teindre les pro­por­tions les plus justes avec, tou­jours, un em­pat­te­ment long. Pour of­frir un de­si­gn spor­tif, il faut don­ner une im­pres­sion de mou­ve­ment, y com­pris à l’ar­rêt.

Le de­si­gn du X2 est net­te­ment plus sé­dui­sant que ce­lui du X1 !

C’est vrai, le X2 res­semble plus à un cou­pé. Mais le X1 se vend très bien ! (c’est le mo­dèle BMW le plus ven­du dans le monde et le SUV le plus dif­fu­sé de son seg­ment, ndlr). Nous avons pris pas mal de li­ber­té pour des­si­ner le X2, no­tam­ment en mo­di­fiant la ca­landre, en ren­dant les op­tiques et les bou­cliers plus dy­na­miques, sans ou­blier la re­prise du lo­go sur les cus­todes. C’est un clin d’oeil au pas­sé (comme sur les cou­pés CS & CSL des an­nées 1960-1970, ndlr). Ces chan­ge­ments vont se pour­suivre sur nos six pro­chains mo­dèles.

Le nou­veau Z4 a-t-il été plus dif­fi­cile à des­si­ner, dans la me­sure où il s’agit d’un mo­dèle conçu en col­la­bo­ra­tion avec Toyo­ta (Su­pra) ?

Pas du tout ! Là en­core, c’est sur les pro­por­tions que nous avons dû nous mettre d’ac­cord avec Toyo­ta qui, comme nous, ap­pré­cie les de­si­gns spor­tifs. Il n’y a donc eu au­cun conflit. Je n’ai eu be­soin de ren­con­trer la di­rec­tion du de­si­gn que deux fois et nous sommes tom­bés im­mé­dia­te­ment d’ac­cord sur les grandes lignes, avec un ca­pot et un em­pat­te­ment longs. Si les deux mo­dèles par­tagent les mêmes pro­por­tions, ils ne se res­semblent pas.

En 2016, vous aviez dé­voi­lé votre vi­sion du fu­tur, avec les concepts “Vi­sion next 100”. Quels en sont les ré­per­cus­sions ?

Il est un peu tôt pour le dé­voi­ler, mais ce­la nous a beau­coup in­fluen­cés. Ici en­core, les pro­por­tions, l’élé­gance et la spor­ti­vi­té du de­si­gn de­meurent pré­do­mi­nantes. Dans le fu­tur, les BMW se­ront élec­tri­fiées et ca­pables d’être au­to­nomes. Mais nous vou­lons nous as­su­rer que le conduc­teur en conser­ve­ra le contrôle. La voi­ture fe­ra de vous un meilleur conduc­teur, c’est l’idée, même s’il faut en­core at­tendre dix ou quinze ans avant d’en ar­ri­ver là !

Et la gamme Mi­ni ? Le de­si­gn évo­lue peu et les mo­dèles sont de plus en plus gros…

Mi­ni va beau­coup chan­ger avec, dès l’an­née pro­chaine, une ver­sion élec­trique. Nous avons prou­vé qu’une pe­tite au­to pou­vait être amu­sante à conduire et luxueuse, et al­lons conti­nuer les pe­tits mo­dèles. Main­te­nant que Mi­ni est de­ve­nue une gamme à part en­tière, nous al­lons pou­voir faire évo­luer le de­si­gn plus pro­fon­dé­ment.

Quelle est votre BMW fa­vo­rite en termes de de­si­gn ? Et votre voi­ture pré­fé­rée ?

La 3.0 CSL ! J’aime aus­si beau­coup la M1, bien sûr. J’adore, par ailleurs, le tra­vail de Gan­di­ni. Il y a aus­si la Lan­cia Stra­tos “zé­ro concept” (un concept-car dé­voi­lé au sa­lon de Tu­rin 1970, né sous le crayon de Nuc­cio Ber­tone, ndlr), ou en­core, l’Al­fa Ro­meo 33 Stra­dale.

Quels sont vos pro­jets ?

J’ai­me­rais, un jour, écrire un livre sur la Sé­rie 7. C’est une longue his­toire. À l’époque, avant le ra­chat de Rolls, BMW vou­lait en faire un mo­dèle en­core plus gros qu’une Rolls ! ●

BMW M1Lan­cia Stra­tos “zé­ro concept”

Al­fa Ro­meo 33 Stra­dale

BMW 3.0 CSL

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