Jean-Claude Gi­rot, Com­mis­saire gé­né­ral du Mon­dial de Pa­ris

JEAN-CLAUDE GI­ROT Com­mis­saire gé­né­ral du Mon­dial de l’Au­to­mo­bile

Auto Moto - - Auto Menu - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR O. BON­NET

Le com­mis­saire gé­né­ral du Mon­dial re­vient sur la nou­velle for­mule du Sa­lon, l’avè­ne­ment des som­mets construc­teurs et l’avenir des grands ren­dez-vous au­tour de la mo­bi­li­té.

Vous avez an­non­cé un Mon­dial 2018 très dif­fé­rent des pré­cé­dents. Votre mo­dèle est-il un sa­lon “tech”, à l’image du CES de Las Ve­gas, ou un sa­lon “pro” comme ce­lui de Ge­nève ?

Nous fê­tons l’an­née une du re­nou­veau. Nous avons créé, en 2018, un nou­veau mo­dèle de Sa­lon puisque nous al­lons, en même temps, ini­tier un ren­dez-vous qui ras­semble dé­sor­mais trois évé­ne­ments, aux­quels les vi­si­teurs pour­ront ac­cé­der avec un seul et même billet. À ce­la, s’ajoutent un Mon­dial ré­ser­vé au pro­fes­sion­nel, le Mon­dial Tech, et notre centre d’es­sais sur la place de la Con­corde, à Pa­ris. C’est un mix entre un sa­lon pro­fes­sion­nel et un évé­ne­ment grand pu­blic BtoC. Nous sommes donc à la pointe de ce chan­ge­ment et de la mo­der­ni­té.

Peut-on at­ti­rer le grand pu­blic avec un évé­ne­ment plus orien­té “mo­bi­li­té” que pro­duit ?

Nous de­vons conti­nuer d’or­ga­ni­ser un Sa­lon de l’au­to et de la moto, car les vi­si­teurs veulent tou­jours rê­ver, as­sou­vir leur pas­sion ou com­man­der leur fu­tur vé­hi­cule. Mais il faut dé­pas­ser ce “simple sa­lon de l’au­to” en y agré­geant d’autres évé­ne­ments re­la­tifs à la connec­ti­vi­té, aux éner­gies al­ter­na­tives et à l’en­semble de la tech­no­lo­gie en­tou­rant les vé­hi­cules. Il faut mon­trer à nos vi­si­teurs les nom­breux construc­teurs, équi­pe­men­tiers et start-up qui tra­vaillent sur la voi­ture d’au­jourd’hui et de de­main.

À com­bien de vi­si­teurs sup­plé­men­taires chif­frez-vous l’in­clu­sion de la moto dans l’évé­ne­ment ?

J’ai­me­rais bien le sa­voir ! Nous avons ga­gné un mil­lion de vi­si­teurs sup­plé­men­taires lors du Mon­dial 2016. Soit le plus grand Sa­lon du monde, en termes de fré­quen­ta­tion. À la de­mande des ex­po­sants, nous avons ré­duit la du­rée de la ma­ni­fes­ta­tion, en en­le­vant un week-end. Le der­nier Sa­lon de la moto avait réuni plus de 160 000 vi­si­teurs. On peut y ajou­ter tous ceux qui se ren­dront place de la Con­corde, pour es­sayer des vé­hi­cules propres. Il est donc dif­fi­cile, au­jourd’hui, de vous donner une es­ti­ma­tion glo­bale. Ren­dez-vous le 14 oc­tobre, pour les chiffres dé­fi­ni­tifs !

Les construc­teurs pré­fèrent dé­sor­mais or­ga­ni­ser leur “sum­mit” pour ré­vé­ler leurs nouveautés. Comment les convaincre de re­pas­ser par les Sa­lons ?

C’est vrai, cer­taines marques re­con­naissent pré­fé­rer or­ga­ni­ser leur propre ma­ni­fes­ta­tion. Mais tou­che­ront-elles plus d’un mil­lion de vi­si­teurs et plus de dix mille jour­na­listes ? À nous de leur dé­mon­trer que notre nou­velle for­mule s’ac­com­pagne de nom­breuses re­tom­bées presse, que ce type d’évé­ne­ment per­met aux construc­teurs de main­te­nir le lien avec les vi­si­teurs, de pro­mou­voir leur ré­seau et de ne pas se cou­per d’une clien­tèle po­ten­tielle.

Les nou­veaux par­cours di­gi­taux pour ache­ter un vé­hi­cule ont-ils dé­tour­né les ache­teurs des Sa­lons au­to­mo­biles ?

Ils sont évi­dem­ment utiles à la pros­pec­tion et per­mettent à l’ache­teur de mieux orien­ter son choix. Mais ce­la ne doit pas l’em­pê­cher de se rendre aux Sa­lons pour ob­ser­ver, de vi­su, les mo­dèles pré­sen­tés. Nos pré­cé­dentes édi­tions en ont tou­jours té­moi­gné : les vi­si­teurs font la queue pour mon­ter à bord d’un vé­hi­cule, ré­gler le siège, me­su­rer le vo­lume du coffre… On a tous be­soin de tou­cher, de voir “en vrai”.

À quoi res­sem­ble­ra le Mon­dial de l’Au­to­mo­bile dans vingt ans ?

Il va sû­re­ment évo­luer, en­core. Nous inau­gu­rons, cette an­née, une nou­velle for­mule, qui fe­ra peut-être des émules. Il nous fau­dra alors nous ré­in­ven­ter, ap­prendre des autres, in­no­ver et se mo­bi­li­ser pour res­ter lea­der. La mo­bi­li­té de­vien­dra sans doute un cri­tère dé­ter­mi­nant. Mais même si les au­to­mo­bi­listes cessent de conduire dans vingt ans, ils se­ront tou­jours en quête de confort et d’ha­bi­ta­bi­li­té. ●

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