BMW R 1200 RS

Un road­ster, une spor­tive ou une GT ? La R 1200 RS est un peu les trois à la fois, et c’est bien là sa force.

Auto Moto - - Contents - PAR R. VAN­NIER, PHO­TOS DR

Choi­sir, c’est re­non­cer. La BMW R 1200 RS ne se ré­clame donc d’au­cune ca­té­go­rie clai­re­ment iden­ti­fiée, pour ne s’in­ter­dire au­cune am­bi­tion. Quitte à vi­ser plu­sieurs ob­jec­tifs à la fois… et cou­rir le risque de n’en at­teindre fi­na­le­ment au­cun.

Au pre­mier abord, sa plas­tique laisse jus­te­ment craindre un cruel manque de par­ti-pris. Pas aus­si exo­tique qu’un mus­cu­leux road­ster, ni aus­si sul­fu­reuse qu’une vé­ri­table spor­tive, la ba­va­roise fait néan­moins ou­blier ce manque de re­lief dès la mise en route. Pour peu que l’échap­pe­ment Akra­po­vic ait été co­ché en op­tion (977 €), le bi­cy­lindre à plat à re­froi­dis­se­ment li­quide, re­pris à la R 1200 R dont cette RS dé­rive, s’éveille en jap­pant joyeu­se­ment comme un jeune chien.

Puis, l’ex­trême dou­ceur des com­mandes, de l’em­brayage comme de la boîte à 6 rap­ports, convainc dé­fi­ni­ti­ve­ment qu’il eut été dom­mage de s’en te­nir uni­que­ment aux ap­pa­rences. Sans de­voir consen­tir le moindre e ort, en dé­pit d’une po­si­tion de conduite lé­gè­re­ment avan­cée, l’équi­libre est at­teint aux tout pre­miers tours de roues et ins­pire une confiance im­mé­diate. Le “flat” re­prend en sou­plesse dès le ra­len­ti, sans ho­que­ter, ni co­gner, pour ra­pi­de­ment faire dé­col­ler l’ai­guille du comp­teur vers des vi­tesses ré­pré­hen­sibles en mi­lieu ur­bain. Il est temps de fuir la ré­gion pa­ri­sienne.

L’en­tame de notre pé­riple sur les routes rec­ti­lignes de l’Aube donne d’ailleurs l’oc­ca­sion de lâ­cher la bride aux 125 ch du boxer. Mal­gré son ar­chi­tec­ture et sa cy­lin­drée gé­né­reuse, ce 1 170 cm3 dé­voile au­tant d’en­train vers la zone rouge que de sou­plesse au bas du compte-tours.

Le rythme aug­mente et, au gré de l’al­lure, la tête de fourche et sa bulle ré­glable ma­nuel­le­ment dé­montrent leur e ca­ci­té. Le haut du corps se trouve su sam­ment sou­la­gé des tur­bu­lences aé­ro­dy­na­miques pour ali­gner les ki­lo­mètres sans les comp­ter. En contre­par­tie, les bruits d’air de­meurent as­sez pré­sents. Rien ne semble, si­non, s’op­po­ser à notre pro­gres­sion à bon train. L’amor­tis­se­ment pi­lo­té ESA, lui aus­si fac­tu­ré en sup­plé­ment (750 €), pré­serve des mou­ve­ments pa­ra­sites, au prix d’un confort un brin ferme. Si le mode Dy­na­mic per­met d’ap­pré­cier la sta­bi­li­té dans les grandes courbes au­to­rou­tières au re­vê­te­ment im­pec­cable, ce­lui bap­ti­sé Road, plus pré­ve­nant, ap­pa­raît d’ailleurs le mieux in­di­qué, no­tam­ment après avoir re­joint les routes bos­se­lées du Mor­van.

Bien plus si­nueux qu’en dé­but de jour­née, le pro­fil de la route met alors en exergue une fa­cette plus spor­tive de la “R 12 RS”. Le ca­rac­tère pé­tillant du mo­teur s’as­sor­tit à une par­tie cycle tout aus­si ré­ac­tive. La prise d’angle ne re­quiert au­cune pré­cau­tion par­ti­cu­lière, si ce n’est celle de bien cas­ser la vi­tesse de ces 236 kg avant d’en­trer en courbe à l’aide de freins puis­sants et fa­ci­le­ment do­sables. L’ABS brille, au pas­sage, par sa re­la­tive dis­cré­tion. Après une poi­gnée de vi­rages, dif­fi­cile de ne pas se prendre pour un pi­lote en spé­ciale, en dé­han­chant à l’amorce du vi­rage, puis en en­chaî­nant les rap­ports à la vo­lée en sor­tie, sans dé­brayer, ni cou­per les gaz, grâce au shif­ter op­tion­nel (430 €). Bref, di cile de dé­ni­cher une GT aus­si spor­tive, et in­ver­se­ment.

Voya­geuse ré­créa­tive qu’il est pos­sible d’équi­per d’une paire de pra­tiques va­lises (32 litres cha­cune), la R 1200 RS fait, au fi­nal, d’au­tant plus re­gret­ter son manque d’au­to­no­mie, obli­geant à ré­gu­liè­re­ment mettre pied à terre. Non que la con­som­ma­tion soit en cause ; la moyenne de la jour­née n’au­ra pas dé­pas­sé les 5,5 l/100 km, mal­gré notre conduite en­thou­siaste. Mais les 18 litres du ré­ser­voir ne laissent guère es­pé­rer plus de 300 km de ri­go­lade après un plein. Ne dit-on pas que toutes les bonnes choses ont une fin ? ●

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