Re­nault Mé­gane RS

Golf GTi, Ci­vic Type R, 308 GTi, Leon Cu­pra R… trem­blez ! La troi­sième mou­ture de Re­nault Mé­gane R.S. entre dans la danse, avec ses quatre roues di­rec­trices.

Auto Moto - - Contents - PAR L. PI­NEL, PHO­TOS T. AN­TOINE/ACE TEAM

Je ne se­rais pas aus­si élo­gieux que Laurent. Pour avoir par­cou­ru les routes bos­se­lées de l’Au­vergne en long, en large et pas mal en tra­vers au vo­lant de cette Mé­gane si­gnée Re­nault Sport (voir Au­to Mo­to n°271), je ne trouve pas ses ré­ac­tions aus­si na­tu­relles que celles de ses de­van­cières, moins so­phis­ti­quées. Je tro­que­rais vo­lon­tiers les roues ar­rière di­rec­trices contre un dif­fé­ren­tiel au­to­blo­quant de sé­rie.

“Dom­mage que les quatre roues di­rec­trices soient in­ter­dites en For­mule 1.” C’est à Ni­co Hül­ken­berg que l’on doit cette re­marque. Le pi­lote, âgé de 30 ans, am­bas­sa­deur de la nou­velle spor­tive bad­gée Re­nault Sport, vante les mé­rites du 4Con­trol, dont la Mé­gane R.S. pro­fite pour la pre­mière fois. Dé­jà ren­con­tré sur la ver­sion GT, ce sys­tème per­met de bra­quer lé­gè­re­ment les roues ar­rière pour amé­lio­rer le com­por­te­ment rou­tier.

La nou­velle Re­nault est la pre­mière du seg­ment des com­pactes hautes per­for­mances à s’of­frir ce luxe. Ou, plu­tôt, un tel atout : en tour­nant les roues ar­rière en op­po­si­tion des roues avant (jus­qu’à 2,7°) sous 60 km/h, le 4Con­trol semble faire pi­vo­ter la Mé­gane et la rendre plus ré­ac­tive, aus­si bien lors­qu’il s’agit de chan­ger de voie en ville que dans un vi­rage ser­ré en mon­tagne. Au-de­là de ce seuil (fixé à 100 km/h en mode Race), l’es­sieu ar­rière tourne (1° maxi­mum) dans le même axe que les roues mo­trices, pour aug­men­ter la sta­bi­li­té à haute vi­tesse. Au­tant dire que ce­la fonc­tionne par­fai­te­ment…

À l’image des pré­cé­dentes Mé­gane R.S., la nou­velle montre des qua­li­tés rou­tières au-des­sus de la moyenne. Pré­cise, in­ci­sive, par­fai­te­ment équi­li­brée et ré­jouis­sante à me­ner, cette spor­tive fait hon­neur à son bla­son, tant res­pec­té par les ama­teurs de cir­cuit. Elle le doit à son châs­sis ri­gide (dont l’amor­tis­se­ment est raf­fer­mi de 10 % en Cup, à 1 500 €) et à son train avant à pi­vots in­dé­pen­dants. Même mal­me­née, la fran­çaise brille par sa sta­bi­li­té et son ef­fi­ca­ci­té, sans ver­ser dans l’en­nui. On re­gret­te­ra tou­te­fois une di­rec­tion ayant ten­dance à co­pier la route, no­tam­ment sur mau­vais re­vê­te­ment, et sur­tout, une pé­dale de frein man­quant cruel­le­ment de consis­tance. Si les dis­tances d’ar­rêt ras­surent, le do­sage est dé­li­cat : il faut ap­puyer fort, même pour un pe­tit frei­nage.

Ani­mée par un 1.8 tur­bo par­ta­gé avec l’Al­pine (voir p. 4), mais à la cu­lasse spé­ci­fique, la com­pacte dé­ve­loppe 280 ch. Ses ac­cé­lé­ra­tions im­pres­sionnent jus­qu’à 6 800 tr/min, avec un 1 000 mètres dé­part ar­rê­té ava­lé en 25 se­condes, et ses re­prises pro­fitent d’un couple consé­quent (390 Nm). Mais le meilleur est ailleurs : dans l’émo­tion

que sus­cite la ligne d’échap­pe­ment. Pour les pas­sants, le sou e si ca­rac­té­ris­tique des pré­cé­dentes Mé­gane R.S. a été pré­ser­vé. Pour le pi­lote, la so­no­ri­té a été bo­ni­fiée, no­tam­ment à la dé­cé­lé­ra­tion, dans les modes de conduite Sport ou Race, lorsque la sor­tie cen­trale pé­ta­rade.

Pour par­faire le tout, avec la trans­mis­sion ro­bo­ti­sée à double em­brayage EDC, les chan­ge­ments de rap­ports, très ra­pides, sont ponc­tués d’une dé­fla­gra­tion com­mu­ni­ca­tive. Tou­te­fois, à y re­gar­der de plus près, une par­tie de cette bande so­nore pro­vient des haut-par­leurs. Aïe ! Mais qu’im­porte, fi­na­le­ment : le ré­sul­tat de­meure très plai­sant et in­fi­ni­ment plus cré­dible qu’à bord d’une Peu­geot 308 GTi…

La Mé­gane sait éga­le­ment faire preuve de dis­cré­tion. En mode Confort ou Neutre, elle se ré­vèle plus si­len­cieuse et plu­tôt douce. Et grâce à ses nou­veaux amor­tis­seurs Kaya­ba à bu­tée hy­drau­lique, elle gagne énor­mé­ment en confort par rap­port à sa de­van­cière. Mais ça, il est peu pro­bable qu’Hül­ken­berg le sache…. ●

1 En mode Confort ou Neutre, la Mé­gane R.S. sait se faire si­len­cieuse… 2 3 Mais en Sport ou Race, la spor­tive au lo­sange fait hon­neur à son bla­son, dans un confort net­te­ment amé­lio­ré.4 De­puis le lan­ce­ment de la pre­mière gé­né­ra­tion, la Mé­gane R.S. s’est écou­lée à 53 000 exem­plaires.

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