Peu­geot 508 SW vs Vol­vo V60

En Eu­rope, point de sa­lut sans ver­sion break. En mon­tant en gamme, la nou­velle 508 SW gagne en style, au dé­tri­ment du vo­lume de char­ge­ment. Tout comme la Vol­vo V60, sa ri­vale du jour.

Auto Moto - - Automenu - PAR S. LARROUMET, PHO­TOS T. AN­TOINE/ACE TEAM

La mode est l’apa­nage des construc­teurs al­le­mands. Et la concur­rence semble s’y plier. À l’image des breaks d’au­jourd’hui, la nou­velle 508 af­fiche donc un style plus af­fir­mé que la ber­line dont il dé­rive, mais dé­laisse par là-même les as­pects pra­tiques. En termes de de­si­gn, sa ligne dy­na­mique flatte in­con­tes­ta­ble­ment la ré­tine. Et dans ce do­maine, force est de re­con­naître que la V60 sé­duit tout au­tant. Cô­té vo­lume de coffre, donc pra­tique, les deux stars du jour pro­posent des ca­pa­ci­tés iden­tiques. Avec 530 litres sous le cache-ba­gages, les deux malles se si­tuent dans la moyenne eu­ro­péenne “chic” de la ca­té­go­rie, lais­sant ain­si aux VW Pas­sat break, Re­nault Ta­lis­man Es­tate et Sko­da Su­perb Com­bi le soin d’en­dos­ser le rôle de dé­mé­na­geuse. Pour dé­par­ta­ger Peu­geot 508 et Vol­vo V60, il faut s’ins­tal­ler der­rière le vo­lant. Comme at­ten­du, l’agré­ment de conduite de­meure le point fort de la fran­çaise. Plus longue de 4 cm, en grande par­tie sur le porte-à-faux ar­rière, et re­ven­di­quant 35 kg de plus que la ber­line dont elle dé­rive, la nouveauté so­cha­lienne peut se pré­va­loir d’une avance co­los­sale sur l’en­semble de ses ri­vales, Vol­vo V60 com­prise, en ma­tière de com­por­te­ment rou­tier. Vo­lant en mains, dif­fi­cile de per­ce­voir une quel­conque dif­fé­rence entre la ber­line quatre portes et le break. Avec un plai­sir non dis­si­mu­lé, on re­trouve un train avant im­pos­sible à prendre en dé­faut et bien ai­dé par une di­rec­tion à la pré­ci­sion dia­bo­lique. Une agi­li­té avec la­quelle la V60 a du mal à ri­va­li­ser. Plus pa­taude, do­tée d’un train avant moins mor­dant et d’une di­rec­tion

moins in­for­ma­tive, la sué­doise montre plus ra­pi­de­ment ses pre­miers signes de fai­blesse lorsque le rythme s’ac­cé­lère. Même si, avec 150 kg de plus sur la ba­lance et une monte pneu­ma­tique Pi­rel­li aux pres­ta­tions in­fé­rieures à celles des Mi­che­lin Pi­lot Sport 4 de la fran­çaise, elle ne s’en sort fi­na­le­ment pas si mal. Avec son amor­tis­se­ment (pi­lo­té en op­tion à 1 000 €) par­fai­te­ment ca­li­bré, et mé­na­geant un confort lé­gè­re­ment plus onc­tueux que ce­lui de la Vol­vo sur les pe­tites ir­ré­gu­la­ri­tés de la chaus­sée, la 508 rafle la mise. À plus haute vi­tesse ce­pen­dant, nos deux mo­dèles font jeu égal, grâce à des sus­pen­sions idéa­le­ment taillées pour les grands tra­jets rou­tiers et au­to­rou­tiers. C’est avec son mo­teur que la Peu­geot re­prend l’avan­tage. Si les cy­lin­drées sont iden­tiques, le 2.0 litres PSA offre 10 ch, et sur­tout, 80 Nm sup­plé­men­taires, qui, ajou­tés à une masse moindre, per­mettent des per­for­mances net­te­ment plus flat­teuses. Ja­mais à la traîne, la 508 2.0 BlueHDi 160 nous ap­pa­raît comme la meilleure ver­sion de la gamme die­sel. Rond et dis­po­nible, ce bloc sans bou­gie sur­prend même en grim­pant à plus de 4 200 tr/mn lors­qu’on est pied au plan­cher. S’es­souf­flant plus vite, ce­lui de la V60 peine da­van­tage. D’au­tant que la ges­tion de la boîte au­to­ma­tique à huit rap­ports, is­sue du même four­nis­seur ja­po­nais Ai­sin que chez PSA, semble moins bien gé­rée, en­traî­nant des pas­sages de rap­ports plus fré­quents et une cer­taine mol­lesse au dé­col­lage. À la lec­ture des ta­rifs, la fran­çaise conserve, là aus­si, un avan­tage. Af­fi­chée 3 500 € moins cher que la sué­doise, elle tra­duit l’en­trée pru­dente de Peu­geot sur le seg­ment du pre­mium, qui lui in­ter­dit des prix d’achats trop éle­vés. En re­vanche, bonne nou­velle pour la fran­çaise : se­lon notre par­te­naire BF Fo­re­cast, la va­leur ré­si­duelle de la 508 se ré­vèle iden­tique à celle d’une V60, dont la marque s’af­fiche, depuis des an­nées dé­jà, comme une très bonne al­ter­na­tive aux sem­pi­ter­nelles al­le­mandes.… ●

Rome ne s’est pas faite en un jour. La ré­pu­ta­tion de Vol­vo non plus. Long­temps consi­dé­rées comme de grosses voi­tures, in­des­truc­tibles, très sûres, mais peu va­lo­ri­santes, elles font dé­sor­mais jeu égal, en termes de per­cep­tion en tout cas, avec des marques aus­si ré­pu­tées qu’Au­di, BMW ou Mer­cedes. Face à la Peu­geot, la V60 se hisse ain­si un ton au-des­sus. Au-de­là d’un lo­go, pour l’heure plus va­lo­ri­sant, la sué­doise se dis­tingue par une qua­li­té de construc­tion en­core plus sé­rieuse, mal­gré les ef­forts no­tables de la 508 dans ce do­maine. Le tou­cher de cer­tains ma­té­riaux et la mi­nu­tie des as­sem­blages se ré­vèlent plus soi­gnés. L’am­biance à bord, plus cha­leu­reuse et sé­dui­sante, donne le sen­ti­ment de pé­né­trer dans un co­con ras­su­rant et confor­table. Très bien des­si­nés, les sièges en­ve­loppent da­van­tage le corps que ceux de la 508. Mieux, la po­si­tion de conduite se trouve plus ai­sé­ment. L’am­pli­tude des ré­glages y est plus éten­due, et le poste de pi­lo­tage “tra­di­tion­nel” sé­dui­ra da­van­tage les ré­frac­taires au pe­tit vo­lant et à l’ins­tru­men­ta­tion dite tête-haute, qui a tout de même conquis 5 mil­lions de conduc­teurs dans le monde depuis 2011 et l’ar­ri­vée de la 208. Dans son en­semble, l’er­go­no­mie semble plus abou­tie sur la sué­doise, à l’image de la ca­mé­ra de re­cul, qui offre une ré­so­lu­tion net­te­ment su­pé­rieure à celle de la Peu­geot, de mé­diocre qua­li­té. En termes d’équi­pe­ments, nos deux pro­ta­go­nistes pro­posent peu ou prou

une do­ta­tion iden­tique. La V60 se dé­marque néan­moins avec sa sel­le­rie cuir d’ex­cel­lente fac­ture en sé­rie, et sur­tout, un très ef­fi­cace ré­gu­la­teur de vi­tesse adap­ta­tif, li­vré sans sup­plé­ment sur la fi­ni­tion Bu­si­ness Exe­cu­tive des­ti­née aux en­tre­prises, ver­sion choi­sie pour cet es­sai, Vol­vo ven­dant 87 % de ses V60 à des so­cié­tés, contre 80 % de 508 SW, se­lon les pro­jec­tions de Peu­geot.

Pour les tra­jets en fa­mille, grâce à un em­pat­te­ment plus long (2,87 m contre 2,79 m), la V60 re­ven­dique un es­pace à bord plus gé­né­reux, no­tam­ment pour les jambes, où la fran­çaise ac­cuse 3 cm de moins. Idem en lar­geur aux coudes, où la 508 s’incline de peu. En mi­sant sur un break ra­cé, le plus bas de la ca­té­go­rie (1,42 m), Peu­geot a ain­si quelque peu sa­cri­fé le bien-être à bord. Les pe­tites sur­faces vi­trées gé­né­rant un sen­ti­ment de confi­ne­ment désa­gréable et la ban­quette ar­rière, au dossier trop raide, n’in­vitent pas au voyage au long cours. Idem pour les en­fants en bas âge, pri­vés de pay­sages, en rai­son d’une cein­ture de caisse très haute. Bref, pour la vie à bord, la Vol­vo fait mieux que la 508.

Aux adeptes de la fibre éco­lo­gique, la V60 pro­pose dé­jà une mo­to­ri­sa­tion hy­bride re­char­geable es­sence + élec­trique, alors qu’il fau­dra pa­tien­ter jus­qu’à l’au­tomne 2019 pour bé­né­fi­cier d’un sys­tème si­mi­laire sur la 508.

A contra­rio, les mo­teurs es­sence (180 et 225 ch) s’ins­crivent dé­jà au ca­ta­logue Peu­geot, alors que le T4 de 190 ch n’ar­ri­ve­ra qu’en avril pro­chain sous le ca­pot de la V60. En­fin, si la 508 s’ins­crit comme le porte-éten­dard du construc­teur fran­çais, la sué­doise peut comp­ter sur ses grands frères et soeurs S90, V90 et XC90 pour sé­duire une clien­tèle en­core plus ai­sée. Une offre haut de gamme plus éten­due, qui as­soit da­van­tage Vol­vo dans le pre­mium. ●

PEU­GEOT 508 SW ➜ 160 ch, 42 500 €

1 Plus dy­na­mique que ce­lui de la ber­line, le de­si­gn de la SW se ré­vèle par­ti­cu­liè­re­ment sé­dui­sant.2 3 Cô­té vo­lume de coffre (530 litres à 5 pas­sa­gers), dans la moyenne “chic” de la ca­té­go­rie, les deux ri­vales du jour font jeu égal. 4 Points forts de la fran­çaise : un agré­ment de conduite ex­cep­tion­nel, un com­por­te­ment rou­tier exem­plaire et des per­for­mances net­te­ment plus flat­teuses que celles de la V60.

1 Ré­pu­tées sûres et ro­bustes, les Vol­vo le sont aus­si, au­jourd’hui, pour leur élé­gance.2 Iden­tique à ce­lui de la 508 en 5 places, le vo­lume de coffre de la V60 se ré­vèle net­te­ment in­fé­rieur à 2 (1 364 contre1 780 l). 3 4 Face à la fran­çaise, la sué­doise af­fiche un es­pace à bord, une qua­li­té de pré­sen­ta­tion et d’as­sem­blages su­pé­rieurs. 5 La V60 existe dé­jà en ver­sion hy­bride re­char­geable es­sence + élec­trique, mais pas en­core en es­sence T4 de 190 ch.

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