Ci­troën C5 Air­cross

Cou­sin du Peu­geot 3008, le pre­mier SUV com­pact aux che­vrons mise sur son look en ron­deur, son ha­bi­ta­bi­li­té, sa mo­du­la­ri­té et son confort pour trou­ver sa voie.

Auto Moto - - Automenu - PAR R. BURGAN, PHO­TOS T. AN­TOINE/ACE TEAM

Pour réus­sir à mon­ter dans un train en marche, il faut re­dou­bler d’adresse. C’est pour­quoi la firme au double che­vron s’est ef­for­cée de peau­fi­ner sa stra­té­gie au mo­ment de lan­cer le C5 Air­cross, son tout pre­mier SUV com­pact. Ce seg­ment en­com­bré consti­tue un pas­sage obli­gé pour un construc­teur gé­né­ra­liste en quête de suc­cès com­mer­cial. Mais s’y aven­tu­rer n’a rien d’une si­né­cure, tant la concur­rence y est rude. Dès lors, plu­tôt que de ci­bler les cri­tères condi­tion­nant l’achat de ce type de vé­hi­cule, Ci­troën a pré­fé­ré ana­ly­ser les do­maines dis­sua­dant les clients po­ten­tiels de fran­chir le pas vers un “C-SUV”. Ce­la concerne es­sen­tiel­le­ment trois as­pects : le manque de confort, le dé­fi­cit d’ha­bi­ta­bi­li­té et un vo­lume de coffre trop faible.

Au sein de la fa­mille PSA, les Che­vrons évitent sur­tout une confron­ta­tion in­utile avec le cou­sin du Lion. Lan­cé en fin d’an­née 2016, le Peu­geot 3008 ca­ra­cole en tête des ventes de SUV en France. Il était donc im­pé­ra­tif que Ci­troën adopte une phi­lo­so­phie dif­fé­rente, de na­ture à cap­ter une clien­tèle en­core in­dé­cise. Les deux vé­hi­cules par­tagent la même pla­te­forme tech­nique (EMP2), mais le C5 Air­cross ca­pi­ta­lise sur un ga­ba­rit su­pé­rieur. Il af­fiche une lon­gueur de 4,50 mètres, soit 5,5 cm de plus que le 3008, un gain di­men­sion­nel ap­pli­qué à l’em­pat­te­ment de 2,73 mètres, au ser­vice de l’es­pace in­té­rieur.

En ma­tière de de­si­gn, Ci­troën s’adresse aux clients po­ten­tiel­le­ment re­froi­dis par les lignes plus agres­sives de cer­tains concur­rents. Le C5 Air­cross adopte donc un look tout en ron­deur, dans la li­gnée des ré­centes créa­tions de la marque, gra­ti­fié d’un re­gard sur deux ni­veaux. Néan­moins, les pro­jec­teurs viennent épou­ser la ca­landre af­fi­née sur la par­tie in­fé­rieure, contri­buant ain­si à ac­cen­tuer l’im­pres­sion de lar­geur. Une ma­nière aus­si de se dé­mar­quer du C3 Air­cross, le frère aî­né aux men­su­ra­tions plus ré­duites. À la ro­bus­tesse de sa sil­houette, notre mo­dèle vê­tu de blanc as­so­cie des élé­ments de per­son­na­li­sa­tion de cou­leur rouge. Pla­cés au bas du bou­clier, sur le pre­mier air­bump et les barres de toit, ils consti­tuent la si­gna­ture sty­lis­tique de Ci­troën.

Dès l’ou­ver­ture de porte, le re­gard se fo­ca­lise sur ces sièges en forme de fau­teuils ma­te­las­sés. Avec un re­vê­te­ment d’ac­cueil de 15 mm, la sen­sa­tion de confort est im­mé­diate. Et elle le de­meure après un long rou­lage, au­tant au ni­veau du fes­sier que du dos et des cer­vi­cales. Le confort dy­na­mique est aus­si gé­né­ré par un par­fait do­sage de l’amor­tis­se­ment, en pro­ve­nance des sus­pen­sions à bu­tées hy­drau­liques pro­gres­sives, inau­gu­rées sur la C4 Cac­tus. À la base, ce concept de double bu­tée hy­drau­lique a été dé­ve­lop­pé en com­pé­ti­tion, no­tam­ment en ral­lye, où les mo­dèles sont sou­mis à des condi­tions ex­trêmes en ma­tière de dé­bat­te­ment de sus­pen­sions – Ci­troën ex­pé­ri­mente le plus haut ni­veau mon­dial avec la C3 WRC. Et en comp­tant sur une bonne in­so­no­ri­sa­tion, le C5 Air­cross prend vrai­ment soin de ses oc­cu­pants.

Plus confor­table que le 3008, il évo­lue un cran en-des­sous en ma­tière d’agré­ment de conduite. Alors que le mo­dèle au lion brille par la pré­ci­sion de son tou­cher de route et sa meilleure ins­crip­tion en courbe, son cou­sin aux che­vrons gé­nère un com­por­te­ment par­fois flou sur des chan­ge­ments de di­rec­tion bru­taux. Comme sur le C3 Air­cross, l’ab­sence de trans­mis­sion in­té­grale est en par­tie com­pen­sée par le sys­tème de mo­tri­ci­té ren­for­cée, dé­nom­mé “Grip Con­trol”. En par­tie seule­ment, car les trois modes (neige, boue, sable) n’égalent en rien les pres­ta­tions de quatre roues mo­trices. Notre mo­dèle em­barque l’offre la plus puis­sante en es­sence, le Pu­reTech 180, as­so­cié à la boîte EAT8, va­leur sûre au sein du groupe PSA. Même si le qua­tre­cy­lindres tur­bo fonc­tionne bien avec cette trans­mis­sion au­to­ma­tique à huit rap­ports, la consom­ma­tion construc­teur an­non­cée à 5,7 litres s’est ré­vé­lée net­te­ment in­fé­rieure à celle de notre ga­lop d’es­sai, conclu à 11,6 litres.

Le C5 Air­cross re­groupe une ving­taine de tech­no­lo­gies d’aides à la conduite, dont un dis­po­si­tif de conduite au­to­nome de ni­veau 2, bap­ti­sé “High­way Dri­ver As­sist”. Sur la fi­ni­tion haut de gamme, la do­ta­tion de sé­rie com­prend l’ins­tru­men­ta­tion en­tiè­re­ment nu­mé­rique, ap­po­sée sur une dalle de 12,3 pouces. Un se­cond écran de 8 pouces trône sur la console cen­trale, dans un en­vi­ron­ne­ment moins so­phis­ti­qué que ce­lui du 3008. De sur­croît, le nou­veau SUV de Ci­troën ré­vèle une er­go­no­mie

en re­trait, illus­trée par ce bou­ton “Eco” to­ta­le­ment mas­qué à l’usage par la com­mande de boîte. En re­vanche, il sur­passe cer­tains de ses concur­rents par la grande ca­pa­ci­té de ses es­paces de ran­ge­ment, no­tam­ment ce­lui im­plan­té sous le coude, à dis­po­si­tion de tous les oc­cu­pants.

Aux places ar­rière, le C5 Air­cross as­sène un up­per­cut à ses ri­vaux do­tés d’une place cen­trale étri­quée. Le pas­sa­ger as­sis sur le siège du mi­lieu n’est en au­cun cas pu­ni, les trois fau­teuils étant de même taille. Autre bonne sur­prise, le confort d’as­sise, si­mi­laire à ce­lui des places avant. Et en plus d’être iden­tiques, les trois sièges du deuxième rang sont in­dé­pen­dants, cou­lis­sants sur 15 cm, es­ca­mo­tables et do­tés d’un dossier in­cli­nable sur 7°. Cette pres­ta­tion d’en­semble, de pre­mier choix, ren­ferme tout de même un bé­mol : l’ab­sence de com­mande depuis le coffre pour ra­battre les dos­siers. Se­lon la po­si­tion de chaque siège, le vo­lume de coffre os­cille entre 580 et 720 litres, soit la ré­fé­rence de la ca­té­go­rie. La ca­pa­ci­té de char­ge­ment at­teint même 1 630 litres lorsque les dos­siers sont ra­bat­tus, don­nant lieu à un plan­cher plat.

En cette fin d’an­née 2018, le C5 Air­cross pose ses roues sur le Vieux Conti­nent, dix-huit mois après son ar­ri­vée en Chine, où la ber­line C5 a été conser­vée. La pro­duc­tion de cette der­nière a ces­sé en Eu­rope et l’ar­ri­vée d’un SUV com­pact do­té d’une garde au sol de 23 cm ne

su ra peut-être pas à conso­ler le pa­nel de ci­troë­nistes fans de ber­lines dis­pa­rues. Néan­moins, le C5 Air­cross est do­té d’un ni­veau de confort en me­sure de lui ac­cor­der les fa­veurs de clients crai­gnant d’être se­coués à bord de cer­tains concur­rents.

En es­sence comme en die­sel, il donne le choix entre deux ni­veaux de puis­sance, 130 et 180 ch. En qua­li­té de mo­dèle d’ac­cès, le Pu­reTech 130 Start en boîte ma­nuelle à six rap­ports pro­fite d’un ta­rif com­pé­ti­tif, à 24 700 €. Le haut de gamme es­sence se si­tue à 36 250 €, quand les prix du die­sel va­rient de 28 900 à 39 150 €. Dé­but 2020, le C5 Air­cross au­ra le pri­vi­lège de de­ve­nir le pre­mier vé­hi­cule Ci­troën à en­re­gis­trer l’ap­port d’une ver­sion hy­bride re­char­geable, do­tée de deux roues mo­trices et 225 ch. His­toire de mon­ter, sans trop tar­der, dans le wa­gon des mo­to­ri­sa­tions al­ter­na­tives. ●

1 Ins­tru­men­ta­tion nu­mé­rique, écran tac­tile, aides à la conduite, le C5 Air­cross joue la carte tech­no. 2 Le vo­lume de coffre os­cille de 580 à 720 litres, ré­fé­rence de la ca­té­go­rie, voire 1 630 l, dos­siers ra­bat­tus. 3 Aux places ar­rière, y com­pris celle du centre, les trois fau­teuils, in­dé­pen­dants et cou­lis­sants, pro­curent un ex­cellent confort.

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