BMW Z4 M40i

Après s’être quelque peu em­bour­geoi­sé, le road­ster de la marque à l’hé­lice re­vient aux ra­cines du genre, et donc, à celles du plai­sir au­to­mo­bile.

Auto Moto - - Automenu - PAR R. VAN­NIER, PHO­TOS DR

Dé­bri­der la puis­sance d’une spor­tive n’est pas le seul moyen d’amé­lio­rer ses prouesses chro­no­mé­triques. Dans le cas d’un road­ster comme le Z4 de BMW, le choix du couvre-chef re­vêt une im­por­tance en­core plus grande. La preuve, cette troi­sième gé­né­ra­tion, mu­nie d’une ca­pote souple, ri­di­cu­lise sa de­van­cière à toit ri­gide es­ca­mo­table en ma­tière de per­for­mance : le dé­ca­po­tage ne né­ces­site plus que dix pe­tites se­condes, alors qu’il en ré­cla­mait le double pré­cé­dem­ment… La ma­noeuvre s’ac­com­plit, en prime, jus­qu’à 50 km/h.

Plus sé­rieu­se­ment, ce re­tour à la toile n’est que la par­tie émer­gée de l’ice­berg ; il s’ac­com­pagne plus gé­né­ra­le­ment d’un sup­plé­ment de spor­ti­vi­té. Le style, plus tran­chant, voire cli­vant, met la puce à l’oreille en s’éloi­gnant de la ron­deur du pré­cé­dent opus.

À l’in­verse, le ga­ba­rit sug­gère un cer­tain lais­ser-al­ler. La lon­gueur de cette stricte deux places s’étire de plus de 8 cm, sa lar­geur de plus de 7 cm. Pire, le poids, lui, stagne aux alen­tours des 1 600 kg mal­gré l’adop­tion d’une nou­velle struc­ture 60 kg plus lé­gère, sur la­quelle s’ap­puie­ra éga­le­ment le cou­pé Su­pra de Toyo­ta.

Mais à la réa­li­té des chiffres s’op­pose celle, plus en­thou­sias­mante, des sen­sa­tions éprou­vées au vo­lant. À se faire dé­coif­fer, au propre comme au fi­gu­ré, sur la su­blime route cô­tière de Setú­bal, non loin de Lis­bonne, dif­fi­cile d’ac­cor­der un quel­conque cré­dit à ces va­leurs de mau­vaise au­gure.

Les 340 ch et les 500 Nm de couple, dis­po­nibles dès 1 600 tr/min, s’avèrent en re­vanche plus que vrai­sem­blables dans la pra­tique. Voire sous-éva­lués par la fiche tech­nique de cette ver­sion M40i. Cos­taud, le mé­lo­dieux 6-cy­lindres en ligne tur­bo, qui fait éga­le­ment les beaux

jours de la M140i, entre autres, s’en­vole vers le rup­teur cam­pé à 7 000 tr/min, avec un en­train ré­jouis­sant et une poigne gri­sante. Quels que soient l’al­lure ou le rap­port sé­lec­tion­né par la vive boîte au­to­ma­tique à 8 rap­ports d’ori­gine ZF, le 3.0 semble dé­ployer sa force sans ef­fort. L’égrè­ne­ment des notes à l’échap­pe­ment, des plus graves aux plus ai­guës, ra­joute au spec­ta­cu­laire de l’ac­cé­lé­ra­tion. Les ama­teurs de ses­sions acous­tiques se pas­se­raient néan­moins de leur am­pli­fi­ca­tion par le biais de la so­no en mode Sport et Sport+.

Cha­ris­ma­tique, la mé­ca­nique n’est pour­tant pas ce qui dis­tingue le plus ce Z4, par ailleurs do­té d’un 4-cy­lindres sous le ca­pot des ver­sions 20i et 30i de son pré­dé­ces­seur. Les pro­grès consen­tis par le châs­sis s’avèrent bien plus fla­grants.

À l’oc­ca­sion tra­hi par quelques per­cus­sions, l’amor­tis­se­ment, ici pi­lo­té en sé­rie, re­trouve une plus grande ri­gueur. La sus­pen­sion freine mieux les mou­ve­ments de caisse, sans pour au­tant s’af­fo­ler et se mettre à tré­pi­der lorsque le re­vê­te­ment se dé­grade. Avec le con­cours d’une di­rec­tion à dé­mul­ti­pli­ca­tion va­riable, pré­sente sur toute la gamme, l’em­pat­te­ment, rac­cour­ci de 26 mm, ac­cen­tue la ré­ac­ti­vi­té aux chan­ge­ments de cap. Dif­fi­cile à prendre en dé­faut, le train avant s’ac­com­mode de l’aug­men­ta­tion du rythme sans élar­gir la tra­jec­toire. L’ar­rière de cette pure pro­pul­sion, mu­nie d’un au­to­blo­quant élec­tro­nique, l’aide éven­tuel­le­ment à tour­ner en amor­çant la dé­rive. Com­plice lors de ce genre de fi­gure de style, le cou­pleux 6-cy­lindres per­met de se sai­sir de la moindre op­por­tu­ni­té pour cha­hu­ter

les larges Mi­che­lin Pi­lot Su­per Sport à la re­mise des gaz. La dé­con­nexion par­tielle de l’ESP o rant un par­fait com­pro­mis entre laxisme et sé­cu­ri­té, s’ini­tier à la glisse de­vient vite un jeu. Même les freins, ré­gu­liè­re­ment cri­ti­qués sur les spor­tives de la marque, ré­sistent à une uti­li­sa­tion sans mé­na­ge­ment. En tout cas, sur route ou­verte.

Ce­la dit, plus spor­tif et ga­rant d’un es­prit plus au­then­tique, ce “Z” ne se des­tine pas spé­cia­le­ment au cir­cuit, mais in­cite da­van­tage aux longues ba­lades. Le ni­veau de confort gé­né­ral pro­fite no­tam­ment, sur cette dé­cli­nai­son M40i, d’une do­ta­tion sans la­cune. Le re­cours aux op­tions reste, pour une fois, fa­cul­ta­tif. Et c’est as­sez rare chez BMW pour être sou­li­gné.

Cette ap­pa­rente gé­né­ro­si­té se ré­per­cute sur le prix, qui s’élève au-de­là des 67 000 €, pour dé­pas­ser ce­lui d’une Porsche 718 Boxs­ter “de base”, d’en­vi­ron 6 000 €. Oui, mais à ce ta­rif, la ri­vale de Stutt­gart, certes plus spor­tive en­core, compte deux cy­lindres de moins… ●

1 2 Le ni­veau de confort et la do­ta­tion sans la­cune in­citent aux longues ba­lades. Mais le Z4 ne re­chigne pas pour au­tant à quelques dé­mons­tra­tions de force, dé­coif­fantes. 3 4 La ca­pote souple se dé­ploie en 10 pe­tites se­condes seule­ment, soit deux fois plus vite que pré­cé­dem­ment, et sur­tout, en rou­lant jus­qu’à 50 km/h.

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