Nos 10 coups de coeur de l'été

Avantages - - Enviedelire - co­or­di­na­tion FRAN­ÇOISE FEUILLET, avec ISA­BELLE BOUR­GEOIS, EVE-MA­RIE BRIOLAT et NATHALIE SIX

À SA PLACE

He­len tou­jours di­rige, plus in­tel­li­gente, plus sage, sa soeur n’a qu’à se te­nir à car­reau. Pauvre El­lie qui a du mal à suivre, mal­adroite et tou­jours en quête d’at­ten­tions. Jus­qu’à ce jour d’été où He­len ima­gine un jeu… Elles vont se faire pas­ser l’une pour l’autre, car El­lie et He­len sont ju­melles.

Et le jeu fonc­tionne, au-de­là de toute li­mite, car He­len re­fuse de re­de­ve­nir El­lie. L’en­fant a beau se dé­battre, le men­songe tient, per­dure et change leur vie à tout ja­mais. Ecrit comme un sus­pense ten­du entre l’en­fance et l’âge adulte, ce ro­man tient sa pro­messe jus­qu’à la der­nière page. F. F.

❤❤❤ Par Ann Mor­gan, éd. Presses de la Ci­té, 416 p., 21,50 €.

L’ÉTÉ DER­NIER À SY­RA­CUSE

Liz­zie et Finn sont amis de longue date, ils ont été amants, puis se sont ma­riés, cha­cun de leur cô­té. 13 ans plus tard, c’est en­semble qu’ils partent en va­cances, mais cette se­maine en Ita­lie va exa­cer­ber les fra­gi­li­tés de leurs couples et faire ex­plo­ser la fa­çade po­li­cée de leurs vies. Ro­man cho­ral comme seuls savent les réus­sir les Amé­ri­cains, cet été à Sy­ra­cuse convoque deux couples plus ou moins amis, une en­fant, for­cé­ment pré­coce, des né­vroses en pa­gaille. On les re­garde se dé­battre en se di­sant : ouf, rien à voir avec nous. F. F. ❤❤❤ Par De­lia Ephron, éd. Mi­chel La­fon, 352 p., 19,95 €.

TOUT UN ÉTÉ SANS FA­CE­BOOK

Quand on s’ap­pelle Aga­tha Cris­pies, fille de flic et flic soi-même, ado­rant les donuts au cho­co­lat et fé­rue de lit­té­ra­ture, se re­trou­ver pla­car­di­sée à New York, Co­lo­ra­do, est un genre de pur­ga­toire. Au­cun crime, au­cune dis­trac­tion et même pas de ré­seau pour sur­fer sur In­ter­net et in­ven­ter sa vie. Alors, quand se pro­duit un meurtre, Aga­tha est prête à tout, y com­pris à vo­ler l’af­faire au shé­rif d’à cô­té, d’au­tant qu’il a un nom de ham­bur­ger. Un ro­man po­li­cier to­ta­le­ment lou­foque, me­né de main de maître par un Ro­main Puér­to­las, tou­jours aus­si heu­reux de cas­ser les codes. F. F.

❤❤❤ Par Ro­main Puér­to­las, éd. Le Di­let­tante, 384 p., 22 €.

EMBRUNS

Les Mo­reau ont tout pour eux. Sé­dui­sants, amou­reux après

20 ans de ma­riage, do­tés de deux grands en­fants, beaux, spor­tifs et épa­nouis. La jo­lie fa­mille pa­ri­sienne part pas­ser un week-end sur une pe­tite île bre­tonne. Les lo­caux, bien que ju­gés un peu ploucs, se montrent af­fables. Pour­tant, quand Ma­rion, la ben­ja­mine, dis­pa­raît, l’île et ses ha­bi­tants prennent une al­lure hos­tile. On pense à Dé­li­vrance au pays du chou­chen. Mais ce se­rait trop simple. Louise Mey nous avait épa­tés avec son pre­mier ro­man, c’est avec un grand fris­son de plai­sir qu’on la laisse nous ba­la­der tout au long de cette in­trigue. E.-M. B.

❤❤❤ Par Louise Mey, éd. Fleuve Noir, 334 p., 18,90 €.

VALET DE PIQUE

Quel en­nui que le suc­cès ! Pour se di­ver­tir, An­drew J. Rush, sur­nom­mé « le Ste­phen King du gent­le­man », dé­cide d’écrire des ro­mans trash. Per­sonne ne doit sa­voir, pas même son épouse ni son édi­teur. Jus­qu’au jour où une ac­cu­sa­tion de pla­giat est le grain de sable qui fait tout dé­railler. Bles­sé dans son amour-propre, le ro­man­cier sort de ses gonds et laisse peu à peu son double, le Valet de pique, me­ner la danse… Joyce Ca­rol Oates s’adonne de­puis long­temps à l’écri­ture sous pseu­do. Vé­ri­table as de la su­per­che­rie, elle mène un jeu de dupes ab­so­lu­ment dé­li­cieux. N. S.

❤❤❤ Par Joyce Ca­rol Oates, éd. Phi­lippe Rey, 218 p., 17 €.

VIL­LA KÉRYLOS

Bâ­tie en 1902, la Vil­la Kérylos est l’in­car­na­tion du rêve grec de Théo­dore Rei­nach, ar­chéo­logue et hel­lé­niste éru­dit. Le lieu, su­blime ode à l’An­ti­qui­té, a ins­pi­ré l’his­to­rien d’art Adrien Goetz. Il ima­gine le re­tour au ber­cail d’Achille, fils d’une cui­si­nière du vil­lage et pro­té­gé des frères Rei­nach. En par­cou­rant la mai­son, il en me­sure l’uto­pie. Ses maîtres, pé­tris d’hu­ma­nisme, n’ont pour­tant pas échap­pé à la fo­lie meur­trière du XXe siècle. Ariane, son pre­mier amour, s’est éva­po­rée. Cette vi­site mê­lant His­toire et fic­tion confirme le ta­lent de l’au­teur de La Dor­meuse de Naples. N. S.

❤❤❤ Par Adrien Goetz, éd. Gras­set, 350 p., 20 €.

LES DIEUX DU TAN­GO

La veille de son dé­part en Ar­gen­tine, en 1913, Le­da, 17 ans, re­çoit de son père un vio­lon qui au­rait ap­par­te­nu au roi de Naples. Il est pour l’homme qu’elle vient d’épou­ser par pro­cu­ra­tion. Seule­ment l’Ita­lienne, lors­qu'elle dé­barque à Bue­nos Aires, est dé­jà veuve. La rai­son vou­drait qu’elle re­parte… mais l’ins­tru­ment de mu­sique de­vient l’ou­til de son éman­ci­pa­tion. Ca­ro­li­na De Ro­ber­tis nous donne la fièvre avec cette fresque à la sen­sua­li­té lan­gou­reuse. Elle signe éga­le­ment un texte féministe qui tra­duit par­fai­te­ment l’im­passe ré­ser­vée aux femmes seules dans la so­cié­té du XXe siècle nais­sant. N. S.

❤❤❤ Par Ca­ro­li­na De Ro­ber­tis, éd. Cherche Mi­di, 545 p., 22 €.

LE VER­TIGE DES FALAISES

Mar­nie n’a pas froid aux yeux. A bien­tôt 15 ans, elle a un pré­ten­dant qu’elle mar­ty­rise, sa mère, Rose, ne quitte pas sa chambre et sa grand­mère, Oli­via, mène son monde à la ba­guette en ca­chant une fê­lure se­crète. Mor­te­mer, son île aux se­crets, est leur royaume. Chez l’au­teur de l’Au­to­bio­gra­phie d’une cour­gette,

l’en­fance ca­bos­sée est un ter­rain de pré­di­lec­tion. Et pour cause, Gilles Pa­ris écrit comme si nous avions en­core 15 ans. Ré­sul­tat, c’est tou­chant, fan­tasque, poé­tique et non dé­nué de sus­pense. Bel hom­mage à deux de ses au­teurs fé­tiches : Daph­né du Mau­rier et Al­fred Hit­ch­cock. I. B. ❤❤❤ Par Gilles Pa­ris, éd. Plon, 256 p., 16,90 €.

LES JOURS ENFUIS

Il est édi­teur, elle dis­tri­bue des re­pas dans une as­so­cia­tion ca­ri­ta­tive. Ils ha­bitent avec leurs ju­meaux de 11 ans un loft à So­ho. Cor­rine et Rus­sell Cal­lo­way forment un des couples les plus so­lides de la haute so­cié­té new-yor­kaise. Sauf qu’ils sont fau­chés et ont du mal à né­go­cier le vi­rage de la cin­quan­taine. Cor­rine re­noue avec un an­cien amant, Rus­sel s’en­lise dans des coups d’édi­tion ha­sar­deux. Leh­man Bro­thers ne va pas tar­der à s’ef­fon­drer… En­fant ter­rible de la lit­té­ra­ture amé­ri­caine dans les an­nées 80, Jay McI­ner­ney a adou­ci sa par­ti­tion. Plus tendre, plus me­su­rée... Tou­jours aus­si ta­len­tueuse. I. B. ❤❤❤ Par Jay McI­ner­ney, éd de l’Oli­vier, 496 p., 22,50 €.

LES FILLES AU LION

Londres 1967. Odelle, ve­nue des Ca­raïbes et di­plô­mée de lit­té­ra­ture, dé­croche un poste de dac­ty­lo dans une ga­le­rie d’art. Pas une fin en soi – elle rêve de de­ve­nir écri­vain –, mais une prouesse pour qui est confron­té(e) au ra­cisme or­di­naire. An­da­lou­sie 1936. Olive, 19 ans, ul­tra-douée, se cache dans le gre­nier pour peindre. Son père, marchand d’art, ne re­con­naît pas le moindre ta­lent aux femmes. Deux des­tins de femmes en quête d’éman­ci­pa­tion, liées par un mys­té­rieux ta­bleau. Tout est for­mi­dable : l’énigme, le rythme, les per­son­nages se­con­daires, la mi­nu­tie des des­crip­tions…

Du – très – grand ro­man. I. B.

❤❤❤ Par Jes­sie Bur­ton, éd. Gal­li­mard, 484 p., 22,50 €.

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