2 ques­tions à… Fré­dé­ric Le­noir

Avantages - - Société -

Il est l’au­teur de Lettre ou­verte aux ani­maux et à ceux qui les aiment (Fayard) et a fon­dé l’as­so­cia­tion « En­semble pour les ani­maux » (en­sem­ble­pour­le­sa­ni­maux.org)

Avan­tages. Notre re­gard sur la condi­tion ani­male a chan­gé. Que ré­vèle cet éveil des consciences ?

Fré­dé­ric Le­noir. Il tra­duit nos évo­lu­tions scien­ti­fique et mo­rale. L’homme s’est très tôt consi­dé­ré comme su­pé­rieur aux ani­maux. En les « cho­si­fiant », il s’est oc­troyé le droit de les tuer et de les ex­ploi­ter. Mais grâce à l’étho­lo­gie (étude du com­por­te­ment des ani­maux), on connaît mieux leur in­tel­li­gence in­tui­tive, leurs formes de lan­gage, leurs émo­tions... Et notre conscience mo­rale gran­dit. Cons­truit au­tour d’étapes dé­ci­sives comme la Dé­cla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’homme, l’abo­li­tion de l’es­cla­vage, de la sé­gré­ga­tion, ou en­core l’éga­li­té homme-femme, l’hu­ma­nisme at­teint un nou­veau stade éthique, qui s’étend dé­sor­mais à tous les êtres vi­vants, sen­sibles.

Avan­tages. Com­ment amé­lio­rer con­crè­te­ment la condi­tion des ani­maux ?

Fré­dé­ric Le­noir. J’ai mi­li­té pour qu’ils ne soient plus consi­dé­rés comme des « biens meubles ». De­puis 2015, le code ci­vil les re­con­naît comme des êtres vi­vants sen­sibles, mais on doit en­core pro­gres­ser, en leur don­nant un sta­tut in­ter­mé­diaire d’in­di­vi­dus qu’on n’a pas le droit de faire souf­frir. Autres ur­gences : créer un la­bel éthique du bien-être ani­mal pour une tra­ça­bi­li­té sur les condi­tions d’éle­vage et d’abat­tage, et fa­vo­ri­ser une consom­ma­tion res­pon­sable, in­ter­dire l’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male lors­qu’il existe des so­lu­tions al­ter­na­tives.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.