SAU­VONS LE ver de terre !

Avantages - - PLANÈTE VERDE -

LA DIS­PA­RI­TION DES LOM­BRICS EST UN PHÉ­NO­MÈNE AUS­SI IN­QUIÉ­TANT QUE LA FONTE DES GLACES, A ALER­TÉ HU­BERT REEVES. ON CREUSE LE SU­JET.

Pour­quoi dis­pa­raît-il ? Il y avait 2 tonnes de vers de terre à l’hec­tare en 1950, il n’en reste que 200 kg au­jourd’hui. La faute aux pes­ti­cides et à la fer­ti­li­sa­tion chi­mique, aux grosses ma­chines type herses ro­ta­tives qui mettent le sol sens des­sus des­sous, mais aus­si à l’ap­pau­vris­se­ment des terres qui se vident de ma­tières vi­vantes à force d’être sol­li­ci­tées.

C’est grave ? Oui, car le ver de terre est un auxi­liaire de l’agri­cul­teur, ga­rant, comme l’abeille, de la bio­di­ver­si­té. En la­bou­rant bio­lo­gi­que­ment et en per­ma­nence la terre et en trans­for­mant les ma­tières or­ga­niques en nour­ri­ture pour les plantes, il amé­liore, ra­jeu­nit et en­ri­chit les sols dont dé­pendent

95 % de notre ali­men­ta­tion.

Je peux faire quoi à mon ni­veau ? On peut agir dans son jar­din. Le ver de terre a beau être in­dis­pen­sable à la sur­vie de l’hu­ma­ni­té, il n’est men­tion­né nulle part, même pas dans la loi 2015 sur la bio­di­ver­si­té. On laisse bien sûr tom­ber les pes­ti­cides, mais aus­si la bouillie bor­de­laise, pour­tant au­to­ri­sée en culture bio, parce qu’elle tue les lom­brics en in­toxi­quant les sols.

On aide les vers de terre à se nour­rir en lais­sant pour­rir sur place les plants de ha­ri­cots verts une fois ré­col­tés. Et on couvre en per­ma­nence le sol avec du mulch (foin, vert de tonte…) qui pré­serve l’hu­mi­di­té dont l’in­ver­té­bré a be­soin et le pro­tège des pré­da­teurs comme le merle. Mer­ci à Ch­ris­tophe Ga­ti­neau, agro­nome et au­teur d’« Eloge du ver de terre », pa­ru chez Flam­ma­rion. http://le­jar­din­vi­vant.fr

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