VIO­LETTE, 16 ANS ET DE­MI, LY­CÉENNE EN 1RE ES

AC­TIVE DE­PUIS AOÛT AU LO­GIS SAINT JEAN, LIEU QUI OFFRE UNE PAUSE AUX MI­GRANTS À NANTES.

Avantages - - TÉMOIGNAGES -

Sur­tout n’al­lez pas dire de Vio­lette qu’elle fait du bé­né­vo­lat. C’est « juste un coup de main » le mer­cre­di après-mi­di quand elle peut, entre ses de­voirs et son cours d’équi­ta­tion. Mais sur place, cette per­fec­tion­niste se donne à fond. De 13 h 30, pour pré­pa­rer la salle, jus­qu’à 17 h, après avoir tout net­toyé. Entre-temps, l’ado­les­cente toute me­nue dis­tri­bue, au pas de course, brioches, ca­fé et sucre. « 250 mi­grants en­vi­ron passent, du coup on n’a pas vrai­ment le temps de dis­cu­ter. » Elle re­grette de ne pas pou­voir échan­ger avec ces hommes ve­nus prin­ci­pa­le­ment du Sou­dan et d’Éry­thrée. Alors elle se rac­croche aux « bon­jour » et « bon ap­pé­tit » qu’elle leur lance – « c’est dé­jà un pe­tit contact ». Vio­lette aime se sen­tir utile. Un sou­ve­nir mar­quant ? La fois où elle les a aver­tis qu’une as­so­cia­tion pro­po­sait des cours de fran­çais. Le mer­cre­di sui­vant, cer­tains lui ont mon­tré fiè­re­ment leur ca­hier d’écri­ture. C’est une de ses amies, Alice, qui lui a

Ils avaient des vies comme nous avant. Si je peux les ré­con­for­ter avec des choses simples, alors tant mieux

par­lé du Lo­gis Saint Jean. Elle res­sent alors le be­soin d’agir aus­si, d’« ai­der ces gens en dé­tresse ». Cette grande sen­sible, « sur­tout à la souf­france des autres », ne peut pas s’em­pê­cher d’ima­gi­ner tout ce que ces hommes

ont en­du­ré. « Ils avaient des vies comme nous avant. Si je peux les ré­con­for­ter un peu avec des choses simples, alors tant mieux. » Et quand elle tombe sur un gar­çon qui semble avoir son âge, elle lui donne le double de brioche. Rendre ser­vice, être à l’écoute de l’autre sont des va­leurs qu’elle a dé­jà éprou­vées avec l’au­mô­ne­rie de son école, en oeu­vrant pour la Banque Ali­men­taire no­tam­ment, mais éga­le­ment aux scouts. « Bien­tôt, on va ai­der les Pe­tits Frères des pauvres. » Elle se consi­dère comme une ado nor­male, joyeuse et « juste im­pli­quée » : elle aime dé­jeu­ner « en ville » avec ses amies, écou­ter du rap comme de la pop et voya­ger. Les 3 mois pas­sés en Ir­lande en fin de se­conde lui ont don­né le goût du contact et de l’in­con­nu. Sans doute l’étape qui lui a per­mis d’abor­der avec beau­coup de na­tu­rel sa pre­mière fois au Lo­gis. De­puis, elle se sent da­van­tage concer­née par la

ques­tion des mi­grants. « Ce que je li­sais va­gue­ment dans les jour­naux, je le vois dé­sor­mais pour de vrai. » Elle signe et par­tage des pé­ti­tions pour amé­lio­rer leurs condi­tions d’ac­cueil. Et, avec Alice, elles s’en­voient des ar­ticles sur le su­jet. Ses pa­rents, profs tous les deux au ly­cée, « trouvent su­per » son en­ga­ge­ment. Après le bac, elle en­vi­sage d’in­té­grer Sciences Po Pa­ris ou de faire ses études à l’étran­ger. Mais aus­si de l’hu­ma­ni­taire. le­lo­gis­saint­jean.fr

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