Big Bike Magazine

COL DE VARS

LA ROUTE DE TOUR !

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Autre lieu de passage favori du Tour de France, le col de Vars fait lui aussi partie des fameux cols passant au-delà de 2000 m d’altitude.

« À 2109 M D’ALTITUDE, LE COL DE VARS N’EST PAS INFRANCHIS­SABLE MAIS NÉCESSITE QUAND MÊME 1000 M DE D+ DEPUIS BARCELONNE­TTE »

Décrit dans la boucle des « balcons du lac », le col de Vars mérite quand même un décryptage particulie­r puisque c’est le seul lien direct avec les Hautes-alpes en général et le Queyras en particulie­r. Dixième plus haut col routier de l’hexagone avec ses 2108 m, il ouvre la possibilit­é de se connecter au col d’izoard ou Agnel.

Véritable passage obligé pour le Tour de France, il a été programmé à 22 reprises dont 15 fois dans le sens décrit ici, c’est-à-dire côté Ubaye, mais les coureurs ne l’ont escalé que 21 fois seulement, la onzième étape de l’édition de 1957 reliant Briançon à Nice, une bricole de 267 km, ayant dû modifier son parcours, le col de Vars étant alors impraticab­le. Cela n’a aucunement empêché Jacques Anquetil de remporter son second Tour de France, début d’une longue série. La montée débute réellement aux Gleizolles, à la jonction des vallées de l’ubaye et de l’ubayette, où la route s’incline doucement mais sûrement sous le regard bienveilla­nt du fort de Tournoux, sorte de gratte-ciel militaire en partie taillé dans la roche, pour franchemen­t démarrer à Saint-paul-sur-ubaye. Sur 700 m de dénivelé, ce fort dont la partie la plus visible est les baraquemen­ts du fort Moyen, a servi comme camp de prisonnier­s pour officiers allemands durant la première guerre mondiale. Il était accessible par un immense escalier dont on voit les trous d’aération dans la falaise. Malgré son éloignemen­t de la frontière, ses batteries ont tiré 500 obus en 1940, une première et une dernière pour cet édifice devenu après-guerre un simple dépôt de munitions, démantelé en 1987. À la belle saison, on peut le visiter via les Offices de tourisme de la vallée, mais sans vélo, donc pas tout de suite ! À 2109 m d’altitude, le col de Vars n’est pas infranchis­sable mais nécessite quand même 1000 m de D+ depuis Barcelonne­tte, dont 2 km particuliè­rement retors au niveau du hameau du Mélezen. La suite est décrite dans la boucle intitulée « Vars et les balcons du lac ». Depuis Saint-paul-sur-ubaye, comptez 8 km, 14,5 km depuis l’intersecti­on des Gleizolles. En revanche, même s’il ne fait pas partie des cols les plus difficiles, il n’y a que les meilleurs qui l’ont franchi en tête lors du Tour : René Vietto en 1934, Gino Bartali en 1938, Jean Robic en 1947 et 48, Ferdi Kübler en 1949, Louison Bobet en 1950, Fausto Coppi en 1951, Charly Gaul en 1955, Joop Zoetemelk en 1975 ou encore Tim Wellens en 2019, dernier passage en date du Tour sur ce goudron d’altitude. Pour l’anecdote, les cinéphiles amateurs de Pierre Richard remarquero­nt peut-être qu’au sommet, a été tourné la scène finale des « Fugitifs » avec Gérard Depardieu, à moins qu’ils préfèrent écrire la suite à l’aide de leur Go-pro pour une descente, dans les deux sens d’ailleurs, particuliè­rement rapide pour trois bonnes raisons : un revêtement en bon état, peu d’épingles cassant vraiment la vitesse et une route suffisamme­nt large (sans excès non plus !) pour garder de la marge même en roulant bon rythme.

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