Le Re­cord du Tour du Mont Blanc

Sa­me­di 14 juillet 2018, Ni­co­las Fi­lip­pi (Cham­pion du Monde VTT Ju­nior 1999) s’est élan­cé à 4h du ma­tin de l’église de Cha­mo­nix pour ten­ter un re­cord du tour du Mont-Blanc en VTT. Les 167 km et 8 000 m de dé­ni­ve­lé po­si­tif, dans des condi­tions dif­fi­ciles, r

Bike (France) - - Sommaire - Texte : Ni­co­las Filli­pi et Da­mien Ros­so. Pho­tos : Da­mien Ros­so / Droz Pho­tos

“Tout a com­men­cé en juin 2016 lorsque j’ai vu Fran­çois D’Haene battre le re­cord du GR20. À ce mo­ment-là je me suis dit : « pour­quoi ne pas faire ça en

VTT ? » Aus­si­tôt, j’en ai par­lé à Da­mien Ros­so (pho­to­graphe pour Fran­çois et Killian Jor­net), et nous nous sommes lan­cés dans le pro­jet. L’idée de faire une pre­mière en VTT sur le GR20 a vite été aban­don­née car in­ac­ces­sible. Du coup, il a fal­lu cher­cher un « vrai » par­cours de VTT de mon­tagne qui par­le­rait à tout le monde, et le tour du Mont-Blanc nous est ap­pa­ru comme une évi­dence.

Le par­cours

Le choix dé­fi­ni­tif du par­cours ain­si que son sens ont été dé­ter­mi­nés après une re­con­nais­sance en août der­nier. Ain­si, nous avons dé­ci­dé de le faire dans le sens ho­raire et en em­prun­tant le tra­cé du TMB. Ce qui donne un dé­part de l’église de Cha­mo­nix, re­mon­tée de la val­lée vers l’Ar­gen­tière par les che­mins, puis Le Tour, Col de Balme, Trient, Col de la For­claz, Bo­vine, Plan de l’Au, Cham­pex, Praz de fort, La Fou­ly, Grand Col Fer­ret, Ar­nu­va, re­fuge Bon­na­ti, re­fuge Ber­tone, Cour­mayeur, Che­crouit, Ar­pette, Lac Com­bal, Col de la Seigne, ville des Gla­ciers, Col de la Croix du Bon­homme, ND de la Gorge, Col de Vo­za, Cha­mo­nix. Le par­cours re­pré­sente au to­tal 160 km et 8 000 m de dé­ni­ve­lé po­si­tif (sur le pa­pier). Une pre­mière ten­ta­tive mi-sep­tembre 2017 a été an­nu­lée à cause de chutes de neige as­sez im­por­tantes... du coup, nous avons re­por­té au 14 juillet 2018. C’était as­sez frus­trant de ne pas avoir pu le faire en sep­tembre car je me sen­tais bien phy­si­que­ment mais, après ré­flexion, c’était sû­re­ment pré­fé­rable car il y avait pas mal de pe­tits dé­tails à ré­gler. Ren­dez-vous a donc été pris le 14 juillet 2018. Il a fal­lu pour­suivre l’en­traî­ne­ment, peau­fi­ner les dé­tails, choi­sir le bon matériel... mais aus­si tra­vailler, s’oc­cu­per de sa fa­mille et bri­co­ler dans notre nou­velle mai­son. Avec l’ex­pé­rience de mes an­nées de cou­reur et de mon mé­tier d’en­traî­neur, je di­rais que j’ai bien su gé­rer mon en­traî­ne­ment pour être prêt le jour J. Mes sen­sa­tions n’ont fait que s’amé­lio­rer le mois pré­cé­dent et j’ai même eu un pic de forme ! Une pe­tite course convi­viale dans le Ven­toux il y a deux mois et le 100 Miles Sud Lo­zère, voi­là les deux tests que je m’étais pro­gram­mé.

L’équipe de sui­veurs

Le choix de l’équipe a été pour moi très im­por­tant. Il me fal­lait des per­sonnes dont j’étais sûr du ni­veau phy­sique/tech­nique, sur les­quelles je pou­vais comp­ter pour me sou­te­nir et m’en­cou­ra­ger, mais aus­si et sur­tout avec les­quelles par­ta­ger un ex­cellent mo­ment

de ride dans le mas­sif du Mont-Blanc. J’ai donc réuni Alexandre Mu­noz, un ami et an­cien cou­reur avec qui j’ai com­men­cé le XC en ca­det, ain­si que mon pe­tit frère Yoann Ba­rel­li, es­sen­tiel dans l’aven­ture car je te­nais vrai­ment à ce qu’il soit pré­sent. En­suite, Guillaume Tau­pe­nas, un trai­ler spé­cia­li­sé dans les ul­tra-trails que je coache, pou­vait m’ap­por­ter toute son ex­pé­rience, de même que Ké­vin Mi­quel, un autre ath­lète que j’en­traîne de­puis très long­temps. En­fin, bien évi­dem­ment Da­mien Ros­so s’est im­po­sé pour les pho­tos mais aus­si pour ap­por­ter son ex­pé­rience avec Fran­çois D’Haene sur les trails et ses re­cords. Le re­cord Je suis ar­ri­vé à Cha­mo­nix le jeu­di 12 juillet, soit deux jours avant, his­toire de prendre pos­ses­sion du cha­let qui nous a été gra­cieu­se­ment prê­té pour le week-end, s’im­pré­gner de la force de ces ma­gni­fiques mon­tagnes et se re­po­ser un peu au frais ! Ce­la m’a per­mis aus­si de re­pé­rer un peu le dé­part de Cha­mo­nix que je ne connais­sais pas trop, la pre­mière mon­tée et le dé­part de la pre­mière des­cente. Ven­dre­di après- mi­di, toute l’équipe est au com­plet et se met au tra­vail, Yo vient d’ar­ri­ver de Whist­ler et même avec son vé­lo ! On pré­pare les sacs (phar­ma­cie, patte de dé­railleur, ou­til, barres, eau...), on pré­pare aus­si la nour­ri­ture (sa­lade de pâtes, sand­wichs, soupe, eau, co­ca...), et les vé­los bien sûr. On ne di­rait pas comme ça, mais c’est une sa­crée or­ga­ni­sa­tion, sur­tout pour une pre­mière. Au pe­tit brie­fing, le mot d’ordre est d’al­ler au bout, peu im­porte le temps né­ces­saire : tout le monde est dé­ten­du, joyeux mais aus­si un peu ex­ci­té. Moi j’es­saie de ne pas trop en faire et de res­ter calme. À 22 heures, tout le monde va au lit car la nuit s’an­nonce courte. Per­son­nel­le­ment je n’ai pas trop bien dor­mi... mé­lange d’ex­ci­ta­tion et de stress il faut le dire.

À 3h du ma­tin, tout le monde est de­bout pour un pe­tit-dé­jeu­ner com­po­sé de cé­réales, de lait d’amandes, de jus de fruits frais et d’une ba­nane. 3h45, nous quit­tons le cha­let à vé­lo pour re­joindre l’église de Cha­mo­nix. Il fait bon, peut-être 15° C, et le ciel est par­tiel­le­ment cou­vert. Dé­part à la fron­tale, à l’heure où les jeunes sortent de boîtes de nuit. À 4h pré­cises, le dé­part de l’église de Cha­mo­nix est don­né. Ac­com­pa­gnés d’Alex, nous nous élan­çons à la lueur de nos éclai­rages dans les rues de Cha­mo­nix au mi­lieu des jeunes qui dé­am­bulent. Les deux pre­miers ki­lo­mètres se font sur la route avant de re­joindre le GR qui met di­rec­te­ment dans le bain avec un bon pé­tard de quelques cen­taines de mètres mais qui ré­veille ! Le sen­tier re­monte la val­lée et c’est un en­chaî­ne­ment de mon­tées/des­centes qui nous at­tend jus­qu’à Ar­gen­tière. Il faut faire attention de ne pas rou­ler trop fort sur ce genre de che­min car on a vite fait de trop en faire... À Ar­gen­tière, en­core un peu de route jus­qu’à la sta­tion du Tour (1400 m). Ar­ri­vés au Tour, on at­taque le vif du su­jet avec une mon­tée sur piste à 18% de moyenne sur 2 km ! On monte sur un rythme le plus rai­son­nable pos­sible (j’es­saye de ne pas dé­pas­ser 80% de FC Max), Alex me tape la cau­sette, lorsque sou­dain deux énormes chiens nous aboient des­sus ! Même s’ils n’étaient pas trop vi­ru­lents, ça ré­veille quand même (au cas où on ne l’était pas...). À mi-mon­tée, le jour se lève et on peut éteindre les lu­mières. Nous ar­ri­vons au Col de Balme avec 15 mn d’avance sur le ti­ming pré­vi­sion­nel et dé­jà 1 200 m de D+ ava­lés. On prend le soin de man­ger une barre, en­fi­ler une veste et on at­taque la des­cente cô­té suisse. Elle est as­sez cas­sante, j’as­sure et me concentre au maxi­mum pour évi­ter tout pro­blème. La fin de la des­cente est moins cas­sante mais il y a un en­chaî­ne­ment d’épingles as­sez sym­pa où on se fait bien plai­sir ! Le so­leil se lève Nous ar­ri­vons à Trient et nous re­mon­tons vers le col de La For­claz. Là, pe­tit ra­vi­to ex­press avec un mi­ni- sand­wich, un peu d’eau et on re­part dans la mon­tée vers Bo­vine. Nous as­sis­tons à un très jo­li le­ver de so­leil sur ce pe­tit sen­tier al­ter­nant pé­da­lage, pous­sage, por­tage et pi­lo­tage. Les 600 m de D+ passent ra­pi­de­ment. La des­cente de Bo­vine est un peu si­mi­laire à la pré­cé­dente, cas­sante et un poil plus tech­nique sur la fin. Nous croi­sons les pre­miers mar­cheurs (pas for­cé­ment très sym­pa­thiques...). Le lac de Cham­pex se pré­sente de­vant nous pour un pre­mier « vrai » ra­vi­to. Je prends le temps de man­ger et de m’hydrater avant de re­par­tir vers La Fou­ly avec un en­chaî­ne­ment de singles tracks, tout d’abord en des­cente, puis en re­mon­tant la val­lée le long du tor­rent et au pied des cas­cades et des gla­ciers. Cette par­tie est vrai­ment à cou­per le souffle.

Chan­ge­ment de sui­veur À la Fou­ly, j’ai une de­mi-heure d’avance, Alex a ter­mi­né son re­lais (55 km et 2 800 m de +) et c’est Yo qui prend la suite. En route vers le Grand Col Fer­ret (2 537 m). La mon­tée est d’abord rou­lante, sur une large piste mais as­sez pen­tue où je connais un pe­tit coup de mou. Ar­ri­vés à la Peule, nous re­joi­gnons le single qui monte qua­si­ment à vé­lo jus­qu’au som­met. Ce col est vrai­ment somp­tueux et on fran­chi­ra les pre­miers né­vés en­core pré­sents en al­ti­tude. Je me sens mieux et on en­chaîne dans la des­cente vers Ar­nou­va. Dans la des­cente, des pierres ont été pla­cées verticalement pour li­mi­ter l’éro­sion en cas de pluie, je me manque sur l’une d’elles en sor­tie de vi­rage et fais une pe­tite chute sans gra­vi­té. Nous ar­ri­vons ra­pi­de­ment en bas et at­ta­quons la pe­tite re­mon­tée vers le re­fuge Bo­nat­ti. Comme je le fai­sais avec Alex, nous conti­nuons de dis­cu­ter Yo et moi, ça per­met de ne pas voir le temps pas­ser mais aus­si de ré­gu­ler mon ef­fort. De Ar­nou­va jus­qu’au re­fuge Bo­nat­ti, puis re­fuge Ber­tone puis Cour­mayeur, c’est près de 2 heures de sin­gle­tracks de toute beau­té au pied des Grandes Jo­rasses, de la Dent du Géant et du Mont-Blanc. Même si on reste entre 1 950 m et 2 050 m d’al­ti­tude, ce single est vrai­ment casse-pattes avec une suc­ces­sion in­fi­nie de coups de cul ! Le gros mor­ceau du tour Après dé­jà plus de 9h d’ef­fort, nous ar­ri­vons dans Cour­mayeur, il fait chaud et lourd, et nous re­joi­gnons le reste de l’équipe pour une bonne pause. La fa­tigue se fait sen­tir et je n’ar­rive pas trop à man­ger, mais j’es­saye tant bien que mal. Après 20 mn d’ar­rêt, je re­pars avec Guillaume équi­pé d’un sac bien plus lourd – 3,5 l d’eau et de nour­ri­ture – pour af­fron­ter le gros mor­ceau de ce tour du Mont-Blanc, qui com­prend la mon­tée de l’Ar­pette (2 410 m), le col de la Seigne ( 2 516 m) et le Col de la Croix du Bon­homme (2 412 m). On tra­verse le vieux Cour­mayeur et la mon­tée com­mence. La pente est raide, il fait chaud et j’ai gros coup de mou. Plus de force, plus d’éner­gie ! Je des­cends de vé­lo pour pous­ser car la pente est trop « forte ». Chaque pas est énorme. J’ai l’im­pres­sion d’avoir des poids aux pieds. De plus la mon­tée sur cette piste est hor­rible. Pen­dant notre as­cen­sion, on peut voir le temps se gâ­ter sé­rieu­se­ment et un vent de pluie com­mence à souf­fler. Ce­la me ra­fraî­chit, mais la mé­téo m’in­quiète. Quand nous ar­ri­vons à Che­crouit, il com­mence à pleu­voir. La pente est tou­jours aus­si raide, et j’al­terne pé­da­lage et marche. Au mo­ment de quit­ter la piste et d’en­trer dans le single, Guillaume casse un rayon et ce­lui-ci perce le fond de jante. Comme je ne suis pas au mieux et que ça monte en­core un mo­ment, je dis à Guillaume de ré­pa­rer seul pen­dant que j’avance... quelques mi­nutes plus tard, j’aper­çois Da­mien Ros­so et il m’an­nonce que Guillaume n’ar­rive pas à ré­pa­rer. À ce mo­ment-là, dans ma tête tout s’ef­fondre ! J’ai un pas­sage à vide, le temps est mau­vais et mon sui­veur a un en­nui mé­ca­nique. Je com­mence à me dire que je n’irai pas plus loin, que ce n’est pas en­vi­sa­geable de par­tir seul, bien en­ta­mé, sur cette por­tion

en­core bien longue... Bref, je conti­nue d’avan­cer, j’ar­rive au som­met de l’Ar­pette un peu déso­rien­té, et je vois Guillaume au loin ar­ri­ver. Ouf ! Mais du coup, je ne sais plus quoi faire. Après quelques ins­tants de doute, un peu de lu­ci­di­té me dit de des­cendre au moins vers le Lac Com­bal car il fe­ra moins froid. Au Lac Com­bal, j’at­tends Guillaume, je mange un peu, puis d’un coup je me dis « al­ler, on y va et on fi­nit ». En une frac­tion de se­conde mon cer­veau, mon men­tal, mon corps sont pas­sés en pi­lo­tage au­to­ma­tique. Je re­pars sur un gros rythme (un rythme d’après 13h de vé­lo), j’avance bien et on s’ar­rête prendre un peu d’eau dans un re­fuge/mu­sée juste en des­sous du col de la Seigne. On nous pro­pose gen­ti­ment du thé qu’on ne peut re­fu­ser. Il me fe­ra tel­le­ment de bien. Nous re­par­tons sans trop tar­der. La des­cente de la Seigne est ra­pide et nous la fai­sons qua­si­ment à bloc. C’est drôle, je me sens su­per lu­cide, pas trop fa­ti­gué et je n’ai même pas mal aux jambes. Au bas de la des­cente, Guillaume me dit qu’il est dé­jà 18h pas­sées ! Je réa­lise que mon coup de mou m’a coû­té au moins une heure, voire deux !!!

Por­tage et pous­sage

Nous at­ta­quons le der­nier gros mor­ceau, le col de la Croix du Bon­homme avec près de 1 000 m de D+ ! Les 300 pre­miers mètres de dé­ni­ve­lé se passent sur le vé­lo, puis les 700 der­niers en pous­sage et por­tage. J’avance pas mal, mal­gré quelques mi­ni-pauses pour re­prendre des forces. Nous pas­sons le col vers 20h et je peux en­fin me dire que le plus dur est fait. Nous at­ta­quons le che­min, si on peut ap­pe­ler ça un che­min tel­le­ment il y a de ro­chers, vers le col du Bon­homme. De là, la des­cente com­mence réel­le­ment et, après une por­tion bien en­ga­gée, nous ar­ri­vons sur un im­mense né­vé qui fait au moins 200 m de long. Du coup, pas­sage à vé­lo obli­ga­toire hi­ha ! La des­cente est ra­pide mal­gré quelques en­droits un peu chauds... Nous ar­ri­vons à Notre-Dame de la Gorge pour le der­nier pas­sage de re­lais avec Ké­vin. Les gars ont ache­té quelques bonnes choses – pou­let, fro­mage de pays... – et je réa­lise que j’ai vrai­ment faim ! Je mange un peu mais je ne veux pas m’at­tar­der car la nuit tombe. On re­part ra­pi­de­ment, et le fond de val­lée vers les Con­ta­mines se fait bon train. Quelques gouttes se font sen­tir et on ne tarde pas à com­prendre que l’on va se faire rin­cer. En ef­fet, quelques ins­tants plus tard, un vé­ri­table dé­luge s’abat sur nous pen­dant au moins une de­mi-heure. Nous avan­çons à la lueur de nos lampes sur un che­min qui res­semble par en­droits à un tor­rent. L’am­biance est aus­si très élec­trique avec de beaux éclairs qui dé­chirent la nuit et éclairent la fo­rêt. En ar­ri­vant à Bion­nas­say, la pluie cesse en­fin et nous en­ta­mons le der­nier col, le col de Voz­za, pas très long mais à nou­veau avec une grosse pente qui m’oblige à des­cendre du vé­lo.

Vue sur Cha­mo­nix de nuit

Ké­vin m’en­cou­rage et nous pas­sons le col dans le brouillard, on cherche un peu le che­min... et la des­cente avec la vue sur la ville de Cha­mo­nix tout éclai­rée s’offre à nous. Les Houches, puis di­rec­tion Cha­mo­nix pour en­fin at­teindre l’église, 19 heures 19 mi­nutes et 40 se­condes

C’était pour moi un ob­jec­tif de voir où mon men­tal pou­vait m’em­me­ner

après mon dé­part ce ma­tin même. Quelle joie et quelle dé­li­vrance ! Je serre dans mes bras mes quatre com­pa­gnons et on se met à rire de cette sa­crée jour­née où nous avons tout connu, sauf la neige. Nous avons ter­mi­né la soi­rée tran­quille­ment au cha­let, en man­geant quelques piz­zas et en bu­vant une bonne bière avant de se mettre au lit. Guillaume m’avait pré­ve­nu, j’ai ef­fec­ti­ve­ment très très mal dor­mi ! C’était pour moi un ob­jec­tif im­mense d’y par­ve­nir et de voir où mon men­tal pour­rait m’em­me­ner. Car avant d’être un eff ort phy­sique hors du com­mun, il faut sa­voir que votre men­tal vous fe­ra al­ler où vous vou­lez. Au­jourd’hui, à 36 ans, après des an­nées de XC à haut ni­veau, j’ai en­fin com­pris ce­la. Cette ex­pé­rience était ex­tra­or­di­naire et je re­mer­cie toutes les per­sonnes qui y ont contri­bué, à com­men­cer par ma femme Estelle, mes en­fants qui étaient dans mon coeur et dans mes jambes à chaque se­conde, mes sui­veurs Alex, Yo, Gui­gui et Kév, Da­mien, Billy ain­si que toute l’équipe de Spe­cia­li­zed France, ou en­core USWE, Suun­to, Per­kier Foods et Koo­ka­bar­ra, sans ou­blier Joss pour le prêt de der­nière mi­nute du cha­let.

La por­tion entre Cour­mayer et le Lac Com­bal a été par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile pour Ni­co­las, aus­si bien phy­si­que­ment que mo­ra­le­ment.

Juste avant le dé­part, Ni­co­las trinque avec ses potes, qui se­ront ses ac­com­pa­gna­teurs.

La veille du dé­part, Ni­co­las pré­pare soi­gneu­se­ment les bois­sons.

Pre­mière par­tie de ce tour, de nuit et sur les hau­teurs de Cha­mo­nix.

Bien ac­com­pa­gné, Ni­co­las at­taque la mon­tée au col Che­crouit.

Top dé­part, le chro­no est à zé­ro.

Su­perbe pay­sage al­pin, dans la par­tie suisse du tour du Mont-Blanc.

Les gla­ciers du mas­sif du Mont-Blanc ac­com­pa­gne­ront cette ten­ta­tive de re­cord.

Cette ten­ta­tive du tour ne se fe­ra pas sans quelques longues por­tions de pous­sage et de por­tage.

La fin se rap­proche, mais Ni­co­las tra­verse en­core quelques mo­ments de doute.

L’ar­ri­vée à Cha­mo­nix, avec une belle sa­tis­fac­tion pour l’aven­ture com­mune vé­cue.

Ni­co­las stoppe le chro­no. Il lui au­ra fal­lu 19 heures 19 mi­nutes et 40 se­condes pour ef­fec­tuer ce tour du Mont-Blanc. Res­pect.

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