Une fa­mille re­com­po­sée

L’his­toire longue de notre es­pèce res­semble moins à un arbre au tronc unique qu’à un buis­son aux ra­mi­fi­ca­tions com­plexes, re­grou­pant de nom­breuses es­pèces di­ver­se­ment ap­pa­ren­tées. Si l’étude des fos­siles nous aide à mieux nous y orien­ter, il reste bien de

Books - - SOMAIRE - Ri­chard A. For­tey. The Times Li­te­ra­ry Sup­ple­ment.

Si, comme l’a af­fir­mé le poète Alexan­der Pope, le meilleur su­jet d’étude, pour l’hu­ma­ni­té, est l’homme 1, alors il n’est pas de ques­tions plus im­por­tantes que celles re­la­tives à nos an­cêtres. Or Ian Tat­ter­sall met à pro­fit les der­nières dé­cou­vertes scien­ti­fiques pour éclai­rer le pro­blème de nos ori­gines, pré­sen­tant les élé­ments fos­siles et les conjec­tures an­thro­po­lo­giques en un récit convaincan­t et bien ar­gu­men­té. Nous igno­rons tou­jours pré­ci­sé­ment com­ment notre es­pèce est ap­pa­rue, mais nous connais­sons plu­sieurs vé­ri­tés ex­tra­or­di­naires sur notre pas­sé. Nous sa­vons que notre es­pèce est ori­gi­naire d’Afrique et que notre his­toire fut en­suite celle d’une dis­per­sion. Nous sa­vons qu’Ho­mo sa­piens est le seul sur­vi­vant de toute une fa­mille d’ho­mi­ni­dés bi­pèdes étroi­te­ment ap­pa­ren­tés : ce­lui qui a eu de la chance, ou, plus vrai­sem­bla­ble­ment, le plus bru­tal. Il fut un temps où les fos­siles des pre­miers hu­mains au­raient pu, di­sait-on, te­nir dans une malle ; au­jourd’hui, il nous fau­drait un ca­mion de dé­mé­na­ge­ment pour conte­nir tous les crânes, dents et autres ti­bias re­trou­vés. Une fosse de la Sier­ra d’Ata­puer­ca, en Es­pagne, re­gorge de tant de restes hu­mains qu’ils ne sont qu’en par­tie échan­tillon­nés, après des an­nées de tra­vail 2. Les am­bi­guï­tés, les mys­tères et les la­cunes n’ont ce­pen­dant pas fi­ni de ponc­tuer l’arbre de l’évo­lu­tion que des­sinent les fos­siles. Et de nou­velles trou­vailles conti­nuent de bou­le­ver­ser des pans en­tiers de toute cette his­toire. L’une des ver­tus du livre de Tat­ter­sall est de rendre les nom­breux doutes aus­si clairs que les rares cer­ti­tudes.

L’un des pro­blèmes non ré­so­lus reste la di­ver­gence d’at­ti­tude des an­thro­po­logues à l’égard des es­pèces dis­pa­rues. Il ne le dit pas exac­te­ment comme ça, mais Tat­ter­sall est à l’évi­dence un « split­ter ». L’op­po­si­tion entre « lum­pers » (« re­grou­peurs ») et « split­ters » (« di­vi­seurs ») est vieille comme la bio­lo­gie : les lum­pers re­con­naissent un pe­tit nombre d’es­pèces, mais qui connaissen­t en leur sein des va­ria­tions ; les split­ters en iden­ti­fient da­van­tage, mais on trouve en leur sein peu de va­ria­tions. Le pro­blème est sé­rieux quand on s’oc­cupe de fos­siles, parce que les os à eux seuls ne four­nissent pas les élé­ments de preuve bio­lo­gique qu’ils ap­portent dans le cas des ani­maux vi­vants. Et le pro­blème est d’au­tant plus ai­gu que l’échan­tillon est ré­duit, car on dis­pose d’in­dices de va­ria­tion moins nom­breux. D’or­di­naire, les ba­tailles taxo­no­miques entre lum­pers et

split­ters in­té­ressent les spé­cia­listes des puces, des mouches ou des cham­pi­gnons, et pa­raissent vrai­sem­bla­ble­ment by­zan­tines à tout autre, même le scien­ti­fique moyen – pour ne rien dire du pro­fane. Mais quand il s’agit des ori­gines de l’homme, ces dé­bats prennent une en­ver­gure consi­dé­rable et touchent des ques­tions es­sen­tielles : quand et com­ment la conscience au sens mo­derne du terme, ce que Tat­ter­sall ap­pelle la « pen­sée sym­bo­lique », a-t-elle émer­gé ? Et donc, quand sont ap­pa­rus les pre­miers vé­ri­tables êtres hu­mains, avec toutes nos qua­li­tés et toutes nos fai­blesses ?

Quit­ter la fo­rêt

À cer­tains égards, l’ap­proche des split­ters contri­bue à une plus grande sim­pli­ci­té, et il n’est pas éton­nant qu’elle sé­duise un théo­ri­cien à l’es­prit clair comme Tat­ter­sall. Le scé­na­rio glo­bal gé­né­ra­le­ment ad­mis sup­pose une pre­mière ra­dia­tion évo­lu­tive à par­tir d’« hommes singes » ha­bi­tuel­le­ment ran­gés dans le genre Aus­tra­lo­pi­the­cus et ses proches, qui se se­rait pro­duite à l’oc­ca­sion de chan­ge­ments dans l’en­vi­ron­ne­ment du conti­nent afri­cain ayant en­traî­né l’aban­don par étapes des com­por­te­ments ar­bo­ri­coles en fa­veur d’un ré­gime ali­men­taire plus di­ver­si­fié. Per­sonne ne nie que ces an­ciens cou­sins ap­par­te­naient à plu­sieurs es­pèces dis­tinctes, même si leur nombre est, comme tou­jours, su­jet à contro­verse. Tat­ter­sall ex­plique briè­ve­ment que nous n’avons pas sou­dai­ne­ment quit­té les arbres pour ga­gner la plaine ; l’ana­to­mie de ces ani­maux vi­vant voi­ci plu­sieurs mil­lions d’an­nées ré­vèle une his­toire beau­coup plus nuan­cée. Comme on le sait, l’ap­pa­ri­tion d’es­pèces ap­par­te­nant à la li­gnée qui mène à l’homme mo­derne – notre genre Ho­mo – s’est ac­com­pa­gnée d’un gros­sis­se­ment du cer­veau et de la fa­bri­ca­tion d’ou­tils com­plexes en même temps que nous quit­tions dé­fi­ni­ti­ve­ment la fo­rêt. Tat­ter­sall es­time que nous man­quons d’in­for­ma­tions sur la vé­ri­table ori­gine de notre genre. Il ac­cepte de voir dans l’un des aus­tra­lo­pi­thèques « gra­ciles » un an­cêtre di­rect, tout en ex­cluant qu’il s’agisse d’Ho­mo ha­bi­lis 3. Mais le « di­vi­seur » en lui se ma­ni­feste quand il sé­pare l’Afri­cain Ho­mo er­gas­ter (ap­pa­ru il y a en­vi­ron 2 mil­lions d’an

4 nées) de l’Asia­tique Ho­mo erec­tus ; en outre, il évoque plu­sieurs autres es­pèces pos­sibles de pre­miers Ho­mo. Même si nous sommes ha­bi­tués à l’idée d’un « buis­son » plu­tôt que d’un simple

arbre évo­lu­tif, cette plé­thore d’es­pèces peut sem­bler dé­rou­tante, et il est dif­fi­cile au non-ini­tié d’éva­luer la si­gni­fi­ca­tion de tel bour­re­let os­seux sus-or­bi­taire ou de tel vi­sage plus ou moins apla­ti. Un lum­per pour­rait se conten­ter de dire qu’il exis­tait da­van­tage de va­ria­tions au sein d’un plus pe­tit nombre d’es­pèces. Et tous les an­thro­po­logues ne ra­content pas la même his­toire. Ch­ris Strin­ger, par exemple, ex­prime des vues as­sez dif­fé­rentes dans son der­nier livre [lire l’ar­ticle de Da­vid Qam­men, p. 30] et de nom­breux scien­ti­fiques sou­haitent « re­grou­per » Ho­mo er­gas­ter et Ho­mo erec­tus.

Ce­la a-t-il une im­por­tance ? Eh bien oui, car ces di­verses in­ter­pré­ta­tions peuvent se tra­duire par des di­zaines, voire des cen­taines, de mil­liers d’an­nées de dif­fé­rence dans l’ap­pa­ri­tion de la li­gnée hu­maine, avec des consé­quences sur la date de la pre­mière des mul­tiples (ou non) sor­ties d’Afrique de nos loin­tains an­cêtres. Là en­core, il semble qu’il existe un consen­sus sur l’ap­pa­ri­tion, puis la dis­per­sion d’Ho­mo hei­del­ber­gen­sis voi­ci en­vi­ron 600 000 ans, es­pèce en la­quelle la plu­part des cher­cheurs voient l’an­cêtre com­mun d’Ho­mo sa­piens et des néan­der­ta­liens. Cet « hu­main » avait un cer­veau plus pe­tit, mais était dé­jà ca­pable de pro­duire des ou­tils plus so­phis­ti­qués qu’Ho­mo erec­tus. Tat­ter­sall s’ef­force avec suc­cès d’en­trer dans l’es­prit de ces loin­tains pa­rents : loin de consti­tuer des êtres in­ache­vés sur le che­min de la per­fec­tion que nous re­pré­sen­tons, in­siste-t-il, c’étaient des créa­tures plei­ne­ment fonc­tion­nelles, ca­pables de s’adap­ter aux mu­ta­tions de leur en­vi­ron­ne­ment 5. Pru­dent, il ne voit au­cun moyen de com­prendre pré­ci­sé­ment com­ment ils per­ce­vaient le monde – les ob­jets ne sont qu’un faible re­flet de l’es­prit [lire « 3,5 mil­lions d’an­nées d’évo­lu­tion », p. 26]. Mais il est tout à fait clair pour lui que les néan­der­ta­liens étaient une es­pèce dis­tincte de la nôtre, mal­gré une ca­pa­ci­té crâ­nienne com­pa­rable. Ici en­core, la mince fron­tière des es­pèces si­gni­fie que les dif­fé­rences du sque­lette la dé­fi­nissent bien, et Tat­ter­sall émet l’hy­po­thèse que les néan­der­ta­liens n’étaient doués ni de « pen­sée sym­bo­lique » ni de pa­role [lire « Cos­tauds et roux », p. 28]. Ce qui oblige à mi­ni­mi­ser pas­sa­ble­ment les preuves ré­centes de croi­se­ment gé­né­tique entre Ho­mo nean­der­tha­len­sis et Ho­mo sa­piens et à avan­cer d’autres ex­pli­ca­tions aux com­por­te­ments « com­pas­sion­nels » que l’on prête aux com­mu­nau­tés néan­der­ta­liennes, comme l’en­ter­re­ment des morts [lire ci-contre « Nean­der­tal en­ter­rait bien ses morts »] .

Mais ce point de vue est par­fai­te­ment conforme aux ca­té­go­ries tran­chées qu’af­fec­tionnent les split­ters. Les néan­der­ta­liens étaient sim­ple­ment d’ha­biles fa­bri­cants d’ou­tils. Cer­tains vont sans

doute se ca­brer en li­sant que « les néan­der­ta­liens avaient une connais­sance ins­tinc­tive de la pierre, tout comme un ébé­niste mo­derne a une connais­sance ins­tinc­tive du bois ». Les ar­ti­sans que je connais consacrent des an­nées à l’ap­pren­tis­sage sous la tu­telle d’un maître, ce qui im­plique pro­ba­ble­ment da­van­tage d’ef­fort conscient (sym­bo­lique ou non) que ce­lui d’une grive ap­pre­nant à cas­ser la co­quille d’un es­car­got.

La ré­vo­lu­tion du lan­gage

Pour ce qui est de la date où notre es­pèce est ap­pa­rue, « les hu­mains ana­to­mi­que­ment mo­dernes » sont connus de­puis près de 200 000 ans 6. Ils avaient d’aus­si gros cer­veaux que nous, mais ils n’étaient pas en­core nous, même si cer­tains avaient fait des pro­grès en ma­tière d’ou­tillage. Tat­ter­sall pense que la ré­vo­lu­tion du lan­gage s’est pro­duite au cours d’une pé­riode d’in­no­va­tion cultu­relle ra­pide, voi­ci en­vi­ron 60 000 ans – c’est-à-dire chez une es­pèce qui avait dé­jà connu l’évo­lu­tion phy­sio­lo­gique né­ces­saire du sys­tème vo­cal, mais n’avait pas été in­ci­tée à l’ex­ploi­ter (cu­rieu­se­ment, l’au­teur a dé­jà re­le­vé plus tôt dans son livre des « dé­ca­lages tem­po­rels » si­mi­laires concer­nant des tech­no­lo­gies de la pierre an­té­rieures). Les preuves de notre pen­sée sym­bo­lique – pour l’es­sen­tiel, l’art plu­tôt que l’ar­ti­sa­nat – ap­pa­raissent à peu près à la même époque [lire « L’en­fance de l’art ? », p. 29]. Éton­nam­ment, Tat­ter­sall par­vient à émettre une hy­po­thèse sur l’invention du lan­gage sans même uti­li­ser les mots « sé­lec­tion na­tu­relle ». Dès lors, les néan­der­ta­liens étaient condam­nés à la dis­pa­ri­tion – même si celle-ci n’in­ter­vint que 30 000 ans plus tard. La plu­part des au­teurs pensent que le « maître de la pla­nète » est im­pli­qué dans leur ex­tinc­tion. Notre fa­cul­té de ba­var­der entre nous pen­dant que d’autres dis­pa­raissent n’a guère ces­sé de­puis.

Si l’ad­mi­rable pru­dence dont fait preuve Tat­ter­sall en in­ter­pré­tant l’état d’es­prit de nos an­cêtres est bien­ve­nue, il semble que nous ne puis­sions vrai­ment par­ler d’« hu­mains pen­sants » avant leur ap­pa­ri­tion il y a 60 000 ans. C’est une idée ex­tra­or­di­naire, qui im­pose la lec­ture de son livre aux phi­lo­sophes aus­si bien qu’aux bio­lo­gistes et aux an­thro­po­logues. Il est de­ve­nu ba­nal de « ti­rer des le­çons » sur nos mo­ti­va­tions pro­fondes en étu­diant les com­por­te­ments de notre plus proche cou­sin vi­vant, le chim­pan­zé [lire « Nous sommes tous des pri­mates ! », Books, mai-juin 2010]. Or le li­gnage des

ho­mi­ni­dés s’est sé­pa­ré de ce­lui condui­sant aux grands singes il y a six mil­lions d’an­nées. Nous n’au­rions donc été « plei­ne­ment » hu­mains que pen­dant 1 % de ce temps. Comme nous ne pou­vons, semble-t-il, à peu près rien sa­voir en dé­tail des ca­pa­ci­tés cog­ni­tives de nos an­cêtres à par­tir des don­nées fos­siles pré­sen­tées dans ce livre, il nous faut sans nul doute être aus­si pru­dents que Tat­ter­sall lorsque nous at­tri­buons tel ou tel as­pect de notre psy­chisme ac­tuel au legs de l’« âge de la pierre ».

Une forme d’es­prit mo­derne

Le noeud du pro­blème n’est pas, fait évident, qu’une énorme pro­por­tion de notre hé­ri­tage phy­lo­gé­né­tique re­monte à ce li­gnage aus­tra­lo­pi­thèque. C’est que nous en sa­chions si peu sur la psy­cho­lo­gie de nos an­cêtres tout au long de cette im­mense pé­riode. Nous pou­vons en faire ce que nous vou­lons, sous les vagues aus­pices de la psy­cho­lo­gie évo­lu­tion­niste. Je prends un exemple, choi­si de fa­çon ar­bi­traire. Tat­ter­sall fait état d’un nombre in­quié­tant de cas sup­po­sés de can­ni­ba­lisme chez nos pré­cur­seurs. Nous pour­rions être ten­tés d’éta­blir un lien avec les cas connus de pra­tiques de ce genre chez les chim­pan­zés. Peut-être le ta­bou bien éta­bli que nous en­tre­te­nons à l’égard de cette forme d’ali­men­ta­tion, si ef­fi­ca­ce­ment ex­ploi­té par Jo­na­than Swift dans sa Mo­deste pro­po­si­tion 7, est-il la source de notre réac­tion pro­fonde contre une en­vie ir­ré­pres­sible plus in­son­dable ? Se pour­rait-il même que les néan­der­ta­liens se soient man­gés les uns les autres jus­qu’au der­nier ? Après tout, nous sa­vons qu’une va­riante mor­telle de la ma­la­die de Creutz­feldt-Ja­kob se trans­met par le can­ni­ba­lisme hu­main (même si l’hy­po­thèse n’a pas en­core été for­mu­lée pour les néan­der­ta­liens). D’un autre cô­té, l es os fos­si­li­sés té­moignent d’un dé­pe­çage soi­gné. Ce­la n’in­dique-t-il pas un ri­tuel (comme il y en eut en­core ré­cem­ment en Nou­vel­leGui­née 8) et donc une « pen­sée sym­bo­lique » ? En ce cas, n’est-il pas lé­gi­time de pen­ser que des hu­mains aus­si éloi­gnés que Ho­mo hei­del­ber­gen­sis de­vaient avoir une forme d’es­prit mo­derne ? Les faits per­met­tant d’étayer les sup­po­si­tions de ce genre sont bien sûr des plus té­nus, mais chaque hy­po­thèse peut être sou­te­nue.

Nous, in­gé­nieux hu­mains, pou­vons étof­fer notre his­toire loin­taine de théo­ries qui rendent un hom­mage bien na­tu­rel à notre « pen­sée sym­bo­lique », mais qui res­te­ront sans doute hors de por­tée de la vé­ri­fi­ca­tion scien­ti­fique. Ces hy­po­thèses ne rentrent que trop fa­ci­le­ment dans la ca­té­go­rie de la « mé­ta­phy­sique », telle que la dé­fi­nit Karl Pop­per : des construc­tions du cer­veau dont on ne peut ja­mais prou­ver le ca­rac­tère er­ro­né, main­te­nues à flot par la convic­tion de ceux qui les pro­posent.

Dans le cas de l’op­po­si­tion entre lum­pers et split­ters, la théo­rie re­pose au moins sur des os bien réels plu­tôt que sur des conjec­tures. Tat­ter­sall montre la quan­ti­té de nou­velles dé­cou­vertes de fos­siles faites au cours des deux der­nières dé­cen­nies, et bien d’autres sont à ve­nir. Un consen­sus fi­ni­ra peut-être par émer­ger sur la foi des spé­ci­mens. Au cours de ma vie, j’ai vu les néan­der­ta­liens pas­ser du sta­tut de race à ce­lui de sous-es­pèce, puis d’es­pèce à part en­tière, et main­te­nant cer­tains an­thro­po­logues re­font le che­min en sens in­verse (ce n’est cer­tai­ne­ment pas le cas de Tat­ter­sall).

Les fos­siles d’Ho­mo erec­tus sont de­ve­nus beau­coup plus cou­rants – mais cer­tains d’entre eux ont été ré­af­fec­tés à Ho­mo er­gas­ter, et d’autres noms en­core at­tendent en cou­lisses. Les fa­cul­tés in­tel­lec­tuelles de cet an­cien hu­main ont été ma­gni­fiées par cer­tains, ra­bais­sées par d’autres. Nous sem­blons en­core loin du consen­sus qui règne à propos de la théo­rie « Out of Afri­ca ». Ce se­rait évi­dem­ment mer­veilleux de sa­voir exac­te­ment quand nous sommes de­ve­nus ce que nous sommes, mais je ne me fais pas trop d’illu­sions.

© Mark Thies­sen/Na­tio­nal Geo­gra­phic/Cor­bis

Re­cons­ti­tu­tion d’une femme de Nean­der­tal. Aus­si ha­biles ar­ti­sans que chas­seurs, les néan­der­ta­liens avaient mis au point une tech­nique in­gé­nieuse pour fixer la pointe de leurs ja­ve­lots. 6| Il s’agit d’Ho­mo sa­piens en­core as­sez « ro­bustes »....

© JOHN READER/SPL/ COS­MOS

À gauche, un crâne de néan­der­ta­lien da­té de - 70 000 ans, re­con­nais­sable à son ren­fle­ment os­seux sus-or­bi­taire. À droite, un crâne d’Ho­mo sa­piens da­té de - 30 000 ans

© Fine Art Images/He­ri­tage Images/ Getty

Da­tée de - 40 000 ans se­lon les der­nières es­ti­ma­tions, cette sculp­ture en ivoire de mam­mouth re­trou­vée en Al­le­magne, l’« homme-lion », est le plus an­cien ob­jet d’art at­tri­bué à Ho­mo sa­piens.

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