APRÈS MERKEL

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Dans le der­nier ro­man de Ju­li Zeh, An­ge­la Merkel es­suie une larme. Elle vient d’an­non­cer son re­trait après des élec­tions per­dues contre un mou­ve­ment po­pu­liste. « Leere Her­zen peut se lire comme une ré­ponse à Sou­mis­sion, de Michel Houel­le­becq, note Jac­que­line Thör dans Die Zeit. À cette dif­fé­rence près que, dans la ver­sion de Zeh, ce ne sont pas les is­la­mistes mais les na­tio­na­listes qui s’em­parent du pou­voir. » Huit ans plus tard, la dé­mo­cra­tie telle que nous la connais­sons a été abo­lie, l’Union eu­ro­péenne est en passe d’être dis­soute, l’ONU n’existe plus. Mais les ci­toyens, ces « coeurs vides » que dé­nonce le titre, ne s’en in­quiètent guère. Car les af­faires conti­nuent, celle de l’hé­roïne Brit­ta no­tam­ment, par­faite re­pré­sen­tante de ce nou­veau ni­hi­lisme. Sa pe­tite en­tre­prise, nom­mée Die Brücke (« le pont »), ai­guille les can­di­dats au sui­cide vers les or­ga­ni­sa­tions ter­ro­ristes et leur per­met ain­si de don­ner un sens à leur mort. Par­mi ses clients : l’État is­la­mique mais aus­si l’or­ga­ni­sa­tion éco­lo­giste Green Po­wer, pour qui la pla­nète se por­te­rait mieux sans hu­mains. Grâce à ce sys­tème, le ter­ro­risme est ca­na­li­sé… jus­qu’au jour où un at­ten­tat qu’on n’a pas pu pré­voir a lieu mal­gré tout.

Leere Her­zen (« Coeurs vides »), de Ju­li Zeh, Luch­te­rhand Ver­lag, 2017.

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