DÉVASTATION ÉMO­TION­NELLE

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Nous avions quit­té Ele­na au mo­ment où elle pla­quait tout – son très res­pec­table ma­ri, ses deux filles, sa vie ran­gée et confor­table – pour son amour de jeu­nesse, le vo­lage Ni­no. C’était la fin du troi­sième vo­lume de L’Amie pro­di­gieuse.

Au mo­ment où com­mence le qua­trième, L’En­fant per­due,

nous sen­tons bien que cette pas­sion ne pour­ra pas être du­ra­ble­ment heu­reuse. Best­sel­ler mon­dial, la té­tra­lo­gie d’Ele­na Fer­rante se clôt avec cet ou­vrage où l’on re­trouve toute la ga­laxie de per­son­nages des opus pré­cé­dents et no­tam­ment l’astre noir de cette constel­la­tion : Li­la, l’« amie pro­di­gieuse » du titre, l’une des fi­gures lit­té­raires les plus fas­ci­nantes et am­bi­guës de ces der­nières an­nées.

« Comme Alice Mun­ro et Do­ris Les­sing, Fer­rante sai­sit la tex­ture des exis­tences fé­mi­nines », juge Mi­chi­ko Ka­ku­ta­ni dans The New York Times.

Ele­na est ti­raillée entre ses de­voirs d’amante, de mère et d’écri­vaine. « La dévastation émo­tion­nelle est si bien ren­due qu’à cer­tains mo­ments, pen­dant que je li­sais, je n’ar­ri­vais plus à res­pi­rer. J’étais prise au piège de la souf­france in­évi­table en­gen­drée par les cir­cons­tances de sa des­ti­née so­ciale et bio­lo­gique », té­moigne l’écri­vaine Su­zanne Join­son dans The In­de­pendent.

L’En­fant per­due, d’Ele­na Fer­rante, tra­duit de l’ita­lien par El­sa Da­mien, Gal­li­mard, 560 p., 23,50 €.

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