Sur le ra­deau de la Mé­duse, on com­men­ça à man­ger de la chair hu­maine dès le troi­sième jour.

Books - - 15 FAITS & IDÉES À GLANER DANS CE NUMÉRO -

À quoi re­con­naît-on un vrai poète ? C’est ce­lui qui conti­nue à écrire des poèmes après ses 16 ans. W.B. Yeats en a écrit jus­qu’à sa mort, en 1939, et le plus sur­pre­nant est que ces poèmes de vieillesse comptent par­mi ses plus beaux. Bien que ma­lade, il ne connut pas un «lent dé­clin» mais un «re­nou­vel­le­ment ex­tra­or­di­naire de son gé­nie créa­teur», es­time Phi­lippe Gi­rau­don dans son avant-pro­pos aux Lettres sur la poé­sie. Écrites par le poète ir­lan­dais à la fu­ture du­chesse de Wel­ling­ton, Do­ro­thy Wel­les­ley, celles-ci étaient res­tées jus­qu’ici in­édites en fran­çais. Yeats y parle de son tra­vail et de sa san­té dé­cli­nante, y dis­pense conseils et en­cou­ra­ge­ments (Wel­les­ley est aus­si poète) et se froisse des cri­tiques qu’elle peut lui adres­ser. Comme le sou­ligne Kath­leen Raine dans la pré­face, «le but de Yeats dans les der­nières an­nées de sa vie fut d’in­car­ner la pen­sée la plus haute dans la forme la plus simple pos­sible». Ce qui ne l’em­pê­cha pas d’igno­rer toute sa vie l’or­tho­graphe et la ponc­tua­tion. «Les lettres qu’il adres­sait aux jour­naux de­vaient être cor­ri­gées avant d’être im­pri­mées», rap­pelle le cri­tique ir­lan­dais De­nis Do­nog­hue dans The New York Re­view of Books.

Lettres sur la poé­sie. Cor­res­pon­dance avec Do­ro­thy Wel­les­ley, de W. B. Yeats, tra­duit de l’an­glais par Li­vane Pi­net-Thé­lot en col­la­bo­ra­tion avec Jean-Yves Mas­son, La Coo­pé­ra­tive, 334 p., 22 €.

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