L’ab­sence d’ac­ti­vi­té phy­sique est liée à l’ap­pa­ri­tion pré­ma­tu­rée de plus de 40 ma­la­dies ou troubles chro­niques.

Tra­vaux agri­coles, trans­ports ur­bains, champs de ba­taille : il y a en­core un siècle, nous vi­vions en­tou­rés d’équi­dés. Mais le lien mil­lé­naire qui nous unis­sait au che­val a été rom­pu le jour où nous avons vou­lu le ré­duire à un rôle de ma­chine avant de l’éj

Books - - 15 FAITS & IDÉES À GLANER DANS CE NUMÉRO - VERLYN KLINKENBORG. The New York Re­view of Books.

En 1937, la voi­ture trans­por­tant la ro­man­cière et jour­na­liste Re­bec­ca West s’en­fonce dans une congère au som­met d’une col­line en Croa­tie. «Des pay­sans sortent en cou­rant d’une mai­son voi­sine, écrit-elle, en hur­lant de rire parce que la mé­ca­nique s’est cou­verte de ri­di­cule, et ils dé­gagent notre voi­ture avec une in­croyable ra­pi­di­té. Ils étaient sans doute pres­sés de ren­trer chez eux pour al­ler ra­con­ter notre mé­sa­ven­ture à l’un de leurs che­vaux.» C’est presque comme si on

1 voyait la voi­ture rou­gir de honte et qu’on en­ten­dait les pay­sans et le che­val ri­ca­ner dans la lu­mière bla­farde de l’hi­ver. Et, dans ce pas­sage, West met in­ci­dem­ment le doigt sur une ligne de par­tage his­to­rique. Du haut de cette col­line en­nei­gée, on peut ap­pa­rem­ment re­gar­der dans deux di­rec­tions: vers le pas­sé et sa mul­ti­tude de pay­sans et de che­vaux; vers le fu­tur im­mé­diat et sa mul­ti­tude de ma­chines. C’est un pa­no­ra­ma que l’on pou­vait contem­pler un peu par­tout en 1937.

La guerre qui éclate deux ans plus tard est pour­tant, comme la pré­cé­dente, une guerre de che­vaux. On pense sou­vent à la Se­conde Guerre mon­diale comme à un conflit d’hommes et de ma­chines, de blitz­krieg et de bom­bar­de­ments aé­riens. Mais ce fut aus­si, no­tam­ment sur le front de l’Est, une guerre de che­vaux ti­rant de l’ar­me­ment et des vé­hi­cules hors d’usage dans la boue et dans la neige, exac­te­ment comme en 1914-1918. Dans ce conflit, l’ar­mée al­le­mande – pour ne ci­ter qu’elle – avait uti­li­sé 1,8 mil­lion de che­vaux. Près de 1,25 mil­lion pé­rirent.

À la fin de la Se­conde Guerre mon­diale, l’Al­le­magne avait mo­bi­li­sé 2,7mil­lions

de che­vaux et en avait per­du 1,8 mil­lion. Se­lon un his­to­rien, les di­vi­sions d’in­fan­te­rie de la Wehr­macht pos­sé­daient plus de deux fois plus de che­vaux que leurs ho­mo­logues du conflit pré­cé­dent. Pour­quoi au­tant? Parce qu’il y avait beau­coup plus de ma­chines à trac­ter et qu’elles étaient beau­coup plus lourdes. Et parce que l’ar­mée al­le­mande connut très vite ce que l’his­to­rien bri­tan­nique Ri­chard Ove­ry ap­pelle un pro­ces­sus de « dé­mo­der­ni­sa­tion ». En Rus­sie, à par­tir de dé­cembre 1941, les di­vi­sions blin­dées font de nou­veau ap­pel à des che­vaux, écrit-il dans Why the Al­lies Won. La mé­ca­nique se couvre de ri­di­cule, et, cette fois, ce­la n’a rien de co­mique. C’est de nou­veau une tra­gé­die pour les che­vaux, comme toutes les guerres pré­cé­dentes.

Le cer­veau che­va­lin ne s’ac­corde pas aux temps mo­dernes, es­time l’his­to­rienne Ann Hy­land dans Equus, son étude sur le che­val dans la Rome an­tique. Il ap­par­tient plu­tôt à l’éter­nel pré­sent. Ce n’est pas uni­que­ment en rai­son de leur taille im­pres­sion­nante que les che­vaux ont l’air si vul­né­rable sur les pho­to­gra­phies de guerre. C’est aus­si en rai­son de leur im­pas­si­bi­li­té, du re­gard im­per­tur­bable de leurs grands yeux sombres. Ils n’aug­mentent pas la peur des hu­mains qui les en­tourent, ils la re­flètent, ce qui la rend plus ter­rible. Leur peur est « ré­frac­tée vers l’ob­ser­va­teur, le té­moin, l’en­ne­mi», écrit l’es­sayiste al­le­mand Ul­rich Raulff dans un livre aus­si sin­gu­lier que fas­ci­nant, Das letzte Jah­rhun­dert der Pferde. Le rôle du che­val évo­lue au fil des époques, mais ce n’est pas lui qui change, c’est le re­gard que nous por­tons sur lui. À l’is­sue de la Grande Guerre, le che­val comme auxi­liaire des ar­mées n’est plus l’in­car­na­tion d’une «force ter­ri­fiante» comme il a pu l’être du temps de la ca­va­le­rie mon­tée. Il est de­ve­nu une bête de somme, un ou­vrier

dans une si­tua­tion déses­pé­rée. Et la ter­reur qu’il éprouve est due à la dé­gra­da­tion de ses condi­tions de tra­vail.

Raulff traite de la dis­pa­ri­tion, entre1815 et 1945, de ce qu’il ap­pelle le « pacte cen­tau­rique », le lien éco­no­mique et cultu­rel qui unis­sait l’homme au che­val. En l’es­pace d’un peu plus d’un siècle, l’éner­gie four­nie par les che­vaux a été presque en­tiè­re­ment rem­pla­cée par celle des ma­chines. Un chan­ge­ment pro­fond et com­plexe, qui s’est ac­com­pa­gné d’une forme d’amné­sie tan­dis que l’as­so­cié pas­sif du pacte était mis en pâ­ture, en­voyé à l’abat­toir ou tout sim­ple­ment en­ter­ré là où il trou­vait la mort. Nous ne nous sou­ve­nons plus des mul­tiples usages qui étaient faits du che­val avant qu’il ne de­vienne, comme il l’est au­jourd’hui dans le monde dé­ve­lop­pé, un ani­mal es­sen­tiel­le­ment des­ti­né aux loi­sirs. Nous avons aus­si du mal à ima­gi­ner ce que ce­la fai­sait de vivre en­tou­ré de che­vaux, comme on l’était en 1900 à Man­hat­tan, où l’on en dé­nom­brait quelque 130 000. Le rôle du

che­val dans l’his­toire de l’hu­ma­ni­té, écrit Raulff, « est comme un conti­nent en­glou­ti […] en at­tente d’être dé­cou­vert».

Il fau­drait pour trai­ter du che­val, af­firme Raulff, une his­toire to­tale. En at­ten­dant, il nous pro­pose une vaste his­toire cultu­relle, plus ka­léi­do­sco­pique que to­tale. Il écrit, nous dit-il, « non pas de­puis l’écu­rie, mais de­puis la tour d’ivoire de la bi­blio­thèque». Et il ad­met en toute fran­chise qu’il s’agit de l’ou­vrage d’un his­to­rien qui n’a «ja­mais vu un che­val mou­rir », d’un livre dans le­quel le che­val de­vient une « mé­ta­phore vi­vante », « l’être par ex­cel­lence que l’on in­ves­tit d’un nou­veau sens ».

Das letzte Jah­rhun­dert der Pferde est un tour­billon qui as­pire qui­conque a ja­mais eu ne se­rait-ce qu’une pen­sée pour l’ani­mal. Jacques La­can, Alan Tu­ring, Lu­cian Freud, Nietzsche et Goethe, ain­si que toute une foule de ca­va­liers

oc­ca­sion­nels ou ima­gi­naires, montrent que ce qui in­té­resse Raulff c’est l’em­preinte in­dé­lé­bile que le che­val laisse chez les hu­mains. La ré­fé­rence de Raulff au cen­taure, si évo­ca­trice qu’elle soit, com­porte une cu­rieuse im­pré­ci­sion. On peut com­prendre que cette créa­ture my­thique – mi-homme, mi-che­val, do­tée d’une per­son­na­li­té propre, tour à tour sage et co­lé­rique – ait pu sem­bler ir­ré­sis­tible à quel­qu’un qui écrit jus­te­ment sur la re­la­tion entre l’hu­main et le che­val. Mais elle n’est pas aus­si ré­vé­la­trice qu’il l’au­rait sou­hai­té, parce qu’elle est es­sen­tiel­le­ment sy­nop­tique, voire trop sym­bo­lique.

Pour ce qui est des cen­taures, ce­la vaut le coup d’écou­ter l’avis de Ch­ry­san­tas dans la Cy­ro­pé­die de Xé­no­phon. Le cen­taure, ob­serve Ch­ry­san­tas, ne cu­mule pas les avan­tages de l’homme et du che­val. Aus­si, il vaut mieux être un cen­taure re­com­po­sé – en d’autres mots un hu­main as­sis sur le dos d’un che­val.

Mais la chi­mère que Raulff a en tête lors­qu’il parle du « pacte cen­tau­rique» est en fait une autre créa­ture pour la­quelle nous n’avons pas en­core de nom: un hy­bride de che­val et de ma­chine. À par­tir des an­nées 1840, «l’ex­ploi­ta­tion des che­vaux connaît une phase d’ex­pan­sion », due pour une bonne part à des in­no­va­tions agri­coles telles que les mois­son­neuses hip­po­trac­tées. Les ma­chines ga­gnant en di­men­sions et en ca­pa­ci­té, il fal­lait des at­te­lages tou­jours plus nom­breux pour les faire avan­cer. Si bien qu’au dé­but du siècle der­nier on pou­vait voir jus­qu’à 40 che­vaux trac­ter les mois­son­neuses-bat­teuses dans les champs de blé des États-Unis.

On pen­sait que les che­vaux al­laient res­ter en­chaî­nés aux ma­chines pour tou­jours. C’était par­ti­cu­liè­re­ment vrai dans les villes, conges­tion­nées par des vé­hi­cules hip­po­mo­biles de toute sorte qui pro­dui­saient ce bruit très par­ti­cu­lier (et dé­sor­mais ou­blié) de fers à che­val et de roues sur les pa­vés, un va­carme ac­cen­tué par le cla­que­ment des fouets des co­chers qui in­sup­por­tait tant Scho­pen­hauer. Raulff évoque au pas­sage le «bref âge d’or des trans­ports pu­blics hip­po­mo­biles », mais la note nos­tal­gique conte­nue dans cette phrase est un peu dis­cor­dante. Ce n’était de toute évi­dence pas un âge d’or pour les at­te­lages qui trac­taient les om­ni­bus et pour les villes qui en fai­saient usage. Si le xixe siècle était une bio­cé­nose – une com­mu­nau­té d’êtres vi­vants – do­mi­née par ces deux es­pèces, il était aus­si un lieu où « la vie d’une es­pèce si­gni­fiait la mort de l’autre ». Les che­vaux de trait ur­bains mou­raient d’épui­se­ment au bout de quelques an­nées, et leur pré­sence était un dan­ger pour les hu­mains qui vi­vaient par­mi eux. « En 1867, les vé­hi­cules hip­po­mo­biles des rues de New York fai­saient en moyenne 4 morts et 40 bles­sés par se­maine », rap­pelle Raulff.

Au­jourd’hui, nous trou­vons tou­jours un cô­té ar­chaïque au che­val. La pre­mière image qui nous vient à l’es­prit est celle du ca­va­lier seul – le cow-boy, le chas­seur, le jo­ckey sur la piste–, une image qui nous vient tout droit de l’An­ti­qui­té. Nous ou­blions que, le che­val, à la fin du xviiie et au dé­but du xixe siècle, a été un « re­mar­quable fac­teur de mo­der­ni­sa­tion ». Ha­bi­tués à la vi­tesse d’au­jourd’hui, nous avons du mal à ima­gi­ner com­bien les

ca­lèches, di­li­gences et car­rioles du pas­sé sem­blaient ra­pides à leurs usa­gers. C’était ce be­soin de vi­tesse et de force qui est à l’ori­gine du boom équestre du xixe siècle, une ex­pan­sion qui a ra­pi­de­ment pris fin dans les villes avec l’ar­ri­vée des pre­miers vé­hi­cules mo­to­ri­sés au dé­but du xxe siècle. Un pro­blème en­vi­ron­ne­men­tal dis­pa­rais­sait dans la fou­lée – plus de 230 tonnes de crot­tin par jour à New York – au pro­fit d’un autre.

Ce chan­ge­ment prit plus de temps dans les cam­pagnes mais ne fut pas moins ra­di­cal. Aux États-Unis, le nombre de che­vaux dans les ranchs et dans les fermes at­teint le chiffre re­cord de 19 mil­lions entre 1910 et 1920. En 1940, leur nombre a chu­té de moi­tié et des­cend sous la barre des 3 mil­lions en 1954, soit un peu moins qu’en 1850. Dans l’agri­cul­ture, les che­vaux ont rem­pla­cé les hommes, puis les ma­chines ont rem­pla­cé les che­vaux. Ce que per­sonne n’avait pré­vu, c’est la ra­pi­di­té avec la­quelle la dis­pa­ri­tion des pay­sans al­lait suivre celle des che­vaux de trait.

Il y a beau­coup de rai­sons pour que Raulff n’écrive pas son livre « de­puis l’écu­rie», mais la prin­ci­pale, à mon avis, est que tout le monde connaît le che­val. Il est glo­ba­le­ment res­té le même de­puis les écrits de Xé­no­phon. « Le che­val, mal­gré

toutes les su­bli­ma­tions et les pro­jec­tions aux­quelles il donne lieu, reste une réa­li­té avec ses hen­nis­se­ments, ses mar­tè­le­ments de sa­bots, ses ho­che­ments de cri­nière, sa cha­leur odo­rante », as­sure l’au­teur. Mais la réa­li­té du ca­rac­tère de l’ani­mal est à peine ef­fleu­rée dans le livre.

Raulff fait aus­si l’im­passe sur la vaste lit­té­ra­ture consa­crée au dres­sage et à l’éle­vage de che­vaux, no­tam­ment des ou­vrages re­mar­quables du xixe siècle. Se­lon mon ex­pé­rience, les idées que l’on se fait du che­val, si éla­bo­rées soient-elles, ont ten­dance à dis­pa­raître lors­qu’on est face à l’ani­mal que l’on s’ap­prête à dres­ser ou à mon­ter. De même que les idées que l’on se fait de soi-même quand on est en selle. Il n’y a plus que le fos­sé muet entre es­pèces que les deux êtres doivent ten­ter de fran­chir en pui­sant dans ce que cha­cun d’eux a de meilleur. Comme l’écri-

vait William Ca­ven­dish, pre­mier duc de New­castle, en 1658, « il faut tou­jours qu’il y ait un homme et un ani­mal, et non deux ani­maux ». Lorsque quelque chose tour­nait mal entre le ca­va­lier et son che­val – une ruade ou un saut-de-mou­ton su­bits –, Ray Hunt, le cé­lèbre dres­seur de che­vaux de wes­tern, se de­man­dait : « Que s’est-il pas­sé pour que ce qui s’est pas­sé se soit pas­sé?» C’était sa fa­çon de dire que les hu­mains com­prennent sou­vent moins vite que les che­vaux. Pour être un bon ca­va­lier, il ne suf­fit pas d’avoir une bonne as­sise et une main sûre. Il faut aus­si avoir un bon men­tal, être aus­si at­ten­tif et vi­gi­lant que le che­val. Pour la plu­part d’entre nous, ce n’est pas évident. Et on doit être à la hau­teur des che­vaux avec les­quels on tra­vaille.

C’est bien là la tra­gé­die du che­val­ma­chine du xixe siècle. On n’avait que faire de la com­pré­hen­sion de l’ani­mal, de ses ins­tincts, de sa sen­si­bi­li­té. Tout ce qu’on vou­lait c’était son éner­gie, sa puis­sance mus­cu­laire. C’est pour ce­la que l’on met des oeillères aux che­vaux de trait: pour res­treindre leur champ d’at­ten­tion. C’est comme si les hu­mains vou­laient pour leurs tra­vaux mé­ca­niques un être de moindre en­ver­gure, un genre de boeuf, mais en plus ra­pide. Et, dans un sens, c’est ce­la que le dur la­beur a créé : un ani­mal aus­si proche de la ma­chine que puisse l’être un être vi­vant. Plu­tôt que de nous his­ser à la hau­teur du che­val, nous avons pré­fé­ré le ra­bais­ser à notre ni­veau d’in­at­ten­tion, qui peut être pro­pre­ment pro­di­gieux. Le phi­lo­sophe Je­re­my Ben­tham pose par­fai­te­ment le pro­blème en 1789 quand il écrit: «La ques­tion n’est pas: “Peuvent-ils rai­son­ner?” ni “Peuvent-ils par­ler ?”, mais : “Peuvent-ils souf­frir ?”»

Ce noble pro­pos, qui reste d’ac­tua­li­té comme le note Raulff, ne suf­fit pour­tant pas. Nul be­soin d’être Gul­li­ver de re­tour de chez les Houyhnhnm pour ad­mi­rer les che­vaux pour leur es­prit aus­si bien que pour leur corps. «Ils sont do­ciles et tout-puis­sants», di­sait d’eux Emi­ly Di­ckin­son. Mais uni­que­ment lorsque nous les abor­dons en toute fra­ter­ni­té, en don­nant le meilleur de nous-mêmes.

LE LIVREDas letzte Jah­rhun­dert der Pferde: Ges­chichte ei­ner Tren­nung (« Le der­nier siècle des che­vaux : his­toire d’une sé­pa­ra­tion »), C. H. Beck, 2016, 461 p.L’AU­TEURUl­rich Raulff di­rige les Ar­chives lit­té­raires al­le­mandes de Mar­bach. Jour­na­liste et his­to­rien de la cul­ture, il est l’au­teur no­tam­ment de Marc Bloch. Un his­to­rien auxxe siècle (Mai­son des sciences de l’homme, 2005). Son livre consa­cré aux re­la­tions entre l’homme et le che­val a été un best-sel­ler en Al­le­magne puis dans les pays an­glo­phones.

La Se­conde Guerre mon­diale fut, sur­tout sur le front russe, une guerre de che­vaux ti­rant de l’ar­me­ment et des vé­hi­cules hors d’usage dans la boue et la neige.

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