Au dé­but du xxe siècle, on voyait des mois­son­neuses-bat­teuses trac­tées par 40 che­vaux.

Books - - 15 FAITS & IDÉES À GLANER DANS CE NUMÉRO -

Née en 1966, Ju­lia Kis­si­na vit de­puis 1990 à Ber­lin. Dix ans au­pa­ra­vant, elle avait dé­jà quit­té son Kiev na­tal pour s’ins­tal­ler à Mos­cou, où elle s’était re­trou­vée au coeur de la scène ar­tis­tique, no­tam­ment le mou­ve­ment concep­tua­liste. Dans son der­nier ro­man, Ele­phan­ti­na, qui vient de pa­raître en Rus­sie (après avoir été pu­blié en Al­le­magne sous le titre «Les an­nées mos­co­vites d’Ele­phan­ti­na »), elle re­vient sur cette dé­cen­nie très par­ti­cu­lière, les an­nées de la per­es­troï­ka, qui s’est ter­mi­née par l’im­plo­sion de l’Em­pire so­vié­tique. Ele­phan­ti­na, c’est elle. C’est le sur­nom que lui ont don­né ses ca­ma­rades de l’époque, dont cer­tains de­vien­dront de grands noms de la lit­té­ra­ture russe, tels Vla­di­mir So­ro­kine et Vik­tor Ero­feev. C’est un ro­man d’ap­pren­tis­sage et une chro­nique as­sez fi­dèle de ces an­nées, pleines d’éner­gie, d’es­poir et de dé­fonce, où les ami­tiés et les amours se font et se dé­font et où le KGB n’est ja­mais très loin. Mais, à la dif­fé­rence d’autres ro­mans si­tués dans les an­nées 1980, Kis­si­na re­fuse de faire du name drop­ping, note le quo­ti­dien li­bé­ral Kom­mer­sant : tous ses per­son­nages, à l‘ex­cep­tion du cé­lèbre lin­guiste Vik­tor Chk­lovs­ki, portent, comme elle, des sur­noms fan­tasques. Ce qui cor­res­pond bien, fi­na­le­ment, à la to­na­li­té de ce ré­cit qui ne veut bles­ser ni glo­ri­fier per­sonne, se console le cri­tique de Kom­mer­sant, rap­pe­lant qu’il ne s’agit en au­cun cas d’un ro­man à clé.

« Comme s’il avait été écrit par une ado tour­men­tée par un ego im­mense, Ele­phan­ti­na se ré­vèle un livre simple, tou­chant et éton­nam­ment juste .»

Ele­phan­ti­na, de Ju­lia Kis­si­na, Eks­mo, Mos­cou, 2018.

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