ROME, VILLE OU­VERTE

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Du Ru­bi­con ne sub­siste au­jourd’hui guère plus que le nom. On n’est pas par­ve­nu à le lo­ca­li­ser avec cer­ti­tude, du fait no­tam­ment que, de­puis l’An­ti­qui­té et l’épi­sode qui l’a ren­du cé­lèbre, son lit a sans doute été mo­di­fié. C’était tout au plus un gros tor­rent. Mais il mar­quait une fron­tière es­sen­tielle : celle qu’au­cun gé­né­ral ro­main n’était au­to­ri­sé à fran­chir avec une ar­mée. Qu’est-ce qui, le 11 jan­vier 49 avant notre ère, pous­sa Cé­sar à en­freindre cette loi et à dé­clen­cher une guerre ci­vile qui de­vait du­rer quatre ans ? L’ou­vrage de Lu­ca Fez­zi em­prunte son titre au mot, peut-être apo­cryphe, que le conqué­rant des Gaules eut à cette oc­ca­sion : « Alea jac­ta est » (« le sort en est je­té »).

Et il dis­sèque tous les te­nants et abou­tis­sants de cet épi­sode dé­ci­sif. Son ori­gi­na­li­té est de se fo­ca­li­ser moins sur l’avan­cée ir­ré­sis­tible de Cé­sar en Ita­lie que sur une autre dé­ci­sion, prise en réaction, et dont l’im­por­tance a sou­vent été sous-es­ti­mée: l’ordre don­né par Pom­pée, l’ad­ver­saire de Cé­sar, à tous les sé­na­teurs de quit­ter Rome avec lui. «Un choix sans pré­cé­dent», rap­pelle Car­lo Fran­co dans le quo­ti­dien Il Ma­ni­fes­to, puisque Rome jus­qu’ici avait tou­jours été dé­fen­due.

Alea jac­ta est. Pour­quoi Cé­sar a-t-il fran­chi le Ru­bi­con ?, de Lu­ca Fez­zi, tra­duit de l’ita­lien par Ge­ne­viève Bouf­far­tigue, Be­lin, 368 p., 26 €.

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