L’HOMME PA­TRI­MOINE

Entre col­lec­tions et mé­cé­nat, le pro­mo­teur im­mo­bi­lier Nor­bert Fra­din des­tine l’es­sen­tiel de ses dis­po­ni­bi­li­tés au pro­fit de l’art, de la cul­ture et du pa­tri­moine his­to­rique et tech­nique. Son der­nier ou­vrage, le Musée Mer Ma­rine (MMM), se penche éga­le­ment

Bordeaux Moments - - Dossier / Focus -

Biar­ritz, Cher­bourg, Dun­kerque, Brest... Quel in­té­rêt pour un musée de la ma­rine ou de la mer de plus ? Océans, monde sous-ma­rin, ports et na­vi­ga­tion, Ma­rine Na­tio­nale..., cha­cun a sa spé­cia­li­té. Avec le Musée Mer Ma­rine (MMM), les am­bi­tions ne sont pas les mêmes. La vo­lon­té est d’of­frir une plu­ra­li­té des re­gards, de par­tir à la ren­contre d’une na­ture le plus sou­vent mé­con­nue, de dé­crire la com­plexi­té des re­la­tions entre l’homme et les océans, et de par­ta­ger les en­jeux de cette im­men­si­té vi­vante qui oc­cupe 70 % de la terre, à la­quelle elle donne sa cou­leur et qui dé­ter­mi­ne­ra son ave­nir. Quels sont les moyens mis en jeu ? Le MMM re­pré­sente un des in­ves­tis­se­ments cultu­rels pri­vés ma­jeurs de la dé­cen­nie, un ou­til de di­men­sion na­tio­nal. Avec plus de 7000m2, les sur­faces d’ex­po­si­tion sont le double de celles de la Fon­da­tion Vuit­ton. Mais c’est avant tout une équipe et de so­lides par­te­na­riats qui ga­ran­tissent la co­hé­rence de notre pro­po­si­tion. Nous tra­vaillons no­tam­ment avec les uni­ver­si­tés de La Ro­chelle et Bor­deaux, un la­bo du CNRS… C’est en­fin un work in pro­gress qui ver­ra les col­lec­tions évo­luer en per­ma­nence, bé­né­fi­ciant de l’ac­cueil fait à la re­cherche scien­ti­fique.

Qu’y ver­ra-t-on ? C’est un lieu pour ra­con­ter des his­toires. Dès le seuil fran­chi, on se­ra en im­mer­sion. L’or­ga­ni­sa­tion est chro­no-thé­ma­tique, de la nais­sance des océans et de la vie à leur pré­ser­va­tion en pas­sant par les pe­tites et grandes épo­pées hu­maines : la pêche, la na­vi­ga­tion, les grandes ex­plo­ra­tions, les mi­gra­tions, la course au large... La mer, c’est aus­si l’his­toire de dan­gers et de rêves, de conquêtes et d’em­pires, de tech­niques et d’in­ven­tions, d’échanges éco­no­miques, de croi­se­ments cultu­rels. Des em­bar­ca­tions sou­vent his­to­riques, de nom­breuses ma­quettes par­fois de plu­sieurs mètres, des ob­jets usuels, des oeuvres d’art, des écrans, des mises en scène illus­tre­ront le pro­pos. Des fo­cus spé­ci­fiques ponc­tue­ront le dé­rou­lé, tel Jules Verne et son Nau­ti­lus in­tro­dui­sant à la mo­der­ni­té.

Cô­té ar­chi­tec­ture ? Je ne suis pas un fervent de l’ar­chi­tec­ture spec­tacle à tout prix. Ce qui m’im­porte est d’abord l’uti­li­té du geste. Si le des­sin d’oli­vier Bro­chet rap­pe­lant une zig­gu­rat peut pa­raître com­pli­qué, la réa­li­té du lieu ne l’est au­cu­ne­ment. La dé­am­bu­la­tion y est très fa­cile, les re­pères évi­dents. Les jar­dins sus­pen­dus offrent un che­mi­ne­ment pé­destre ex­té­rieur qui s’en­roule au­tour des vo­lumes. À l’in­té­rieur, les étages en porte-à-faux sont re­liés par de larges puits de jour et cir­cu­la­tions. Chaque pla­teau est épu­ré et dé­ga­gé of­frant tout leur vo­lume au re­gard en de vastes es­paces ou­verts sur l’ex­té­rieur. Ain­si le pu­blic pour­ra être de­hors de­dans et vice ver­sa, em­bras­ser plu­sieurs étages à la fois, et cons­truire son par­cours comme bon lui semble en to­tale trans­ver­sa­li­té au gré de ses ren­contres et in­ter­pel­la­tions. Cette ar­chi­tec­ture offre une mul­ti­pli­ci­té de ma­nière d’y sé­jour­ner et cir­cu­ler. C’est là sa force.

Quid de l’his­toire ma­ri­time de Bor­deaux ? Ce musée en est une éma­na­tion. His­toire bi-mil­lé­naire, elle se­ra dé­ve­lop­pée au long des es­paces. C’est un des fils conduc­teurs et une des lec­tures trans­ver­sales.

Inau­gu­ra­tion ? Ren­dez- vous le 15 juin pour l’ou­ver­ture des es­paces d’ex­po­si­tion tem­po­raire avec une grande ex­po­si­tion Mo­net en par­te­na­riat avec le Musée Mar­mot­tan Mo­net. Elle réuni­ra 41 oeuvres al­lant du por­trait à la qua­si abs­trac­tion, dont des re­pré­sen­tants des cé­lèbres sé­ries Nym­phéas et Par­le­ment de Londres. Quant aux autres salles, elles ou­vri­ront au fur et à me­sure jus­qu’à la fin de l’an­née, ac­com­pa­gnées d’autres évé­ne­ments, telle la pré­sen­ta­tion du ma­nus­crit ori­gi­nal de 20 000 lieues sous les mers.

« Il n’y en a pas un, dans toute l’école de 1830, qui plante un pay­sage comme lui. Et puis l’eau! Il est le Ra­phaël de l’eau. Il la connaît dans ses mou­ve­ments, dans toutes ses pro­fon­deurs, à toutes ses heures ». Ces pro­pos d’édouard Ma­net sou­lignent l’in­fluence ori­gi­nelle et la pri­mau­té per­ma­nente de l’eau dans l’oeuvre de Mo­net. Quand elle n’est pas l’élé­ment prin­ci­pal, à com­men­cer par « Im­pres­sion so­leil le­vant » -ta­bleau qui don­na son nom au mou­ve­ment im­pres­sion­nisme tel un point de dé­part « of­fi­ciel » de la mo­der­ni­té en art- sou­vent l’eau s’im­misce ou forme le contre­point, comme dans « Les nym­phéas ». Cette in­fluence prend nais­sance au Havre où Mo­net a gran­di. C’est la mer qui se­ra son pre­mier grand spec­tacle, ce­lui qui im­pres­sionne les sens, ce­lui qui touche au plus pro­fond du sen­ti­ment et sert d’éta­lon aux sui­vants. Un spec­tacle d’ailleurs tou­jours re­nou­ve­lé, se­lon les ma­rées, la mé­téo, la lu­mière. C’est ce que sou­li­gne­ra Cour­bet ré­pon­dant à Dau­bi­gny à pro­pos d’une de ses études : « ce n’est pas une étude de mer, c’est une heure ». Mo­net pra­ti­que­ra as­si­dû­ment cette dis­tinc­tion les trente-cinq der­nières an­nées de sa vie, dé­cli­nant des sé­ries d’un même su­jet en des cen­taines d’oeuvres dif­fé­rentes, cha­cune son jour et son ins­tant : « Les meules », « Les peu­pliers », « La ca­thé­drale de Rouen », « Le par­le­ment de Londres, et tou­jours « Les nym­phéas ». Ce n’est donc pas for­tuit si ce « Ra­phaël de l’eau » a été choi­si pour l’ex­po­si­tion inau­gu­rale du Musée Mer Ma­rine. 41 toiles et 13 des­sins se­ront pré­sen­tés par le musée pa­ri­sien Mar­mot­tan Mo­net, dé­ten­teur de la plus grande col­lec­tion au monde du peintre. Mo­net, élève d’eu­gène Bou­din, Mo­net, père de l’im­pres­sion­nisme, Mo­net « na­tu­ra­liste » peintre de la mo­der­ni­té, Mo­net « ta­chiste » en marche vers l’abs­trac­tion..., il va sans dire, un ren­dez-vous ex­cep­tion­nel. Mo­net, chefs-d’oeuvre du Musée Mar­mot­tan Mo­net Du 15 juin au 26 août 2018. Ou­vert 7/7j Musée Mer Ma­rine 89 rue des Étran­gers 33 300 Bor­deaux www.mu­see­de­la­mer­bor­deaux.fr

The ety­mo­lo­gi­cal ori­gins of its first re­cor­ded names aren't clear; it could be Cel­tic, Pro­to- Basque, La­tin, an­cient Ber­ber, or a mix of all of them. In the Ro­man era the set­tle­ment was known as Bur­di­ga­la, then Bor­dèu in Gas­con. The French nor­ma­li­sa­tion into ' be­side- wa­ters', or ” Bord- eaux” made per­fect sense. Re­gard­less, it was most cer­tain­ly the ri­vers and its clo­se­ness to the sea that led men and wo­men here to create a tra­ding place which then be­came one of the lar­gest ci­ties in France. It all star­ted with the Bi­tu­riges Vi­vis­ci, a Cel­tic tribe that guar­ded the tin- tra­ding sea route bet­ween Wales and Spain. With the Ro­mans came the first port. The Cel­tic boats sha­red the docks with their Greek, Bre­ton and Ibe­rian coun­ter­parts. The ci­ty pros­pe­red, rea­ching over 20,000 in­ha­bi­tants and ous­ting Saintes as the ad­mi­nis­tra­tive ca­pi­tal of Ro­man Aqui­taine. It wasn’t un­til the Middle Ages- more par­ti­cu­lar­ly du­ring the 12th cen­tu­ry un­der the Plan­ta­ge­net Kings of En­gland and Dukes of Aqui­taine- that the ship­ping trade took up again, chie­fly with the ex­por­ta­tion of “cla­ret” ( see page 42).

The se­cond most ac­tive port in the world Bor­deaux’s re­turn to the French King­dom saw its trade fall un­til the de­ve­lop­ment of co­lo­nial trade in the 18th cen­tu­ry, in­clu­ding the slave trade. Bor­deaux sup­plied a large part of Eu­rope with cof­fee, co­coa, su­gar, cot­ton and in­di­go, be­co­ming the se­cond bu­siest port in the world be­hind Lon­don. The ci­ty’s 18th cen­tu­ry ar­chi­tec­ture de­mons­trates this eco­no­mic po­wer, as sym­bo­li­sed by the re­mar­kable Pa­lais de la Bourse, home to the Cham­ber of Com­merce and com­merce tri­bu­nal, plus

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